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Génération Y et Z: au boulot!

Numérisation et robotisation obligent, de nouvelles professions se créent, tandis que de nombreux métiers disparaissent. Comment accompagner cette profonde mutation du monde du travail? À l'heure où le concept de «stabilité» est devenu un idéal quasi inaccessible pour les jeunes employés, sociologues, enseignants, économistes et politiciens ont esquissé à Vevey le portait type du travailleur du futur, de la génération Y et Z, né de 1980 à 2015. Mais aussi et surtout du monde économique dans lequel ce dernier évoluera. Loin de tout fatalisme, ce colloque bisannuel organisé par Insertion Vaud a permis de tordre le cou aux clichés sur ces jeunes. De prétendument narcissiques, difficiles à diriger et éternellement insatisfaits, ils s'avèrent au contraire recherchés pour leur capacité à gérer l'incertitude et à surmonter rapidement les difficultés, tant émotionnelles qu'académiques. Eclairage.
Date:14.09.2017
Parution: 868

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Opinion

C'est embêtant

Notre belle civilisation est entrée dans l'ère d'une modernité extrême. Nous sommes maintenant dans cette phase confortable où l'humain est arrivé à conquérir une partie de l'univers et à inventer des machines si intelligentes qu'elles font une grande partie du travail à notre place. A force de pièces de rechange, l'homme peut prétendre à une longévité à laquelle personne n'aurait rêvé autrefois. Même les cerveaux se font domestiquer afin de positionner chacun dans les meilleures postures possibles pour son bien-être. Tout semble en place pour le bonheur. Pas encore parfait, on est bien d'accord car, tant qu'il subsistera des disparités, la nature humaine sera contrariée. Mais c'est déjà pas mal. Surtout dans notre belle et proprette petite Suisse, modèle du vivre ensemble malgré ses langues et mentalités si différentes.

La recette, bien que secrète, ou plutôt non dite, est simple. Elle est appliquée depuis si longtemps qu'elle fait partie de l'ADN des Suisses. Vous la connaissez. C'est le fameux: «Ici, tout ce qui n'est pas spécifiquement autorisé est interdit». Fort de cet adage, le bon Suisse avance, lentement mais sûrement, dans une vie pas trop pénible, sans aspérité, toute propre en ordre.

Evidemment, la tolérance fait un peu défaut. Les sentiers sont bien balisés. Alors on se laisse perturber par des broutilles. Que des Suisses osent toucher leur retraite à l'étranger... voilà une traitrise qui dérange. Que des Suisses de l'étranger aient le culot de vouloir un compte bancaire dans leur pays, ça fait chenit. Que des frontaliers viennent travailler certes, mais bouffer le pain des Suisses indispose. Quant à l'économie collaborative, ohlàlà, c'est à vomir. Par contre, il est des sujets bien moins dérangeants. Que la Suisse soit une plaque tournante du commerce d'armement, de la drogue ou d'un islam extrémiste, comme le dénonce Saida Keller-Messahli, n'inquiète quasi personne. C'est embêtant.

Nina Brissot