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Plans climat des communes:
Quel impact?

Face aux dangers climatiques mondiaux, à quoi servent les petites mesures communales? S'il est évidemment plus efficace d'agir sur le système financier et au niveau fédéral, il faut intervenir à tous les niveaux, répondent les spécialistes. Preuve de l'efficacité des actions municipales: Montreux a diminué ses rejets de CO2 de plus d'un tiers depuis l'an 2000 et Lausanne de 20% depuis 2005. Insuffisant, jugent les Verts, qui annoncent une salve d'interventions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans plusieurs localités du canton. Notamment Pully, Blonay, Saint-Légier ou La Tour-de-Peilz. A Vevey et Villeneuve, les écologistes demanderont même l'élaboration d'un «plan climat» et davantage de moyens financiers pour lutter contre le réchauffement. Lausanne est quant à elle priée de déclarer l'urgence climatique. Philosophe spécialiste du climat, le professeur de l'Université de Lausanne préconise la décroissance.
Date:28.02.2019
Parution: 938

Au sommaire cette semaine

Editorial

L'écologie ou la barbarie

C’est notre affaire à tous. La crise climatique. Car chaque geste pour l’environnement revêt une portée systémique. Trier ses déchets conduit à réfléchir à ses achats. Manger moins de viande oblige à repenser son alimentation. Lâcher la voiture amène à la mobilité douce. De même, les plans climat des communes permettent clairement de réduire leurs émissions de CO2, comme le montre notre dossier (lire pages 2 et 3)

Mais il ne faut pas se leurrer, la vraie révolution écologique ne passera que par un changement de notre modèle économique, ce capitalisme globalisé et ultralibéral fondé sur la croissance, le productivisme et l’hyperconsommation. Et par la régulation des industries et de la finance mondiale, polluantes et prédatrices comme jamais. En tenant compte des investissements à l’étranger de sa place financière et de ses caisses de pension, la pourtant si petite Suisse pèse, selon notre enquête, 2,6% des émissions mondiales de CO2. Et les 25 plus grandes multinationales sont à elles seules responsables, avec leurs filiales, de plus de 70% des gaz à effet de serre émis depuis 1988. C’est ici, avant tout, que doit s’appliquer le principe du pollueur payeur.

Le scandale, c’est que politiciens et gouvernements sont à leur botte. Plus prompts à défendre les intérêts de ces lobbies que la planète, ils n’osent pas prendre les mesures radicales qui s’imposent. Et leurs vertes promesses liées aux élections fédérales de cet automne n’y changeront rien. Mais les citoyens l’ont compris et la colère monte. Entre pétitions, manifestations, désobéissance civile et actions en justice. L’affaire du siècle.

Reste la réalité: en dépit de toutes nos bonnes intentions, le climat promet de devenir incontrôlable. Les scientifiques annoncent un emballement. Une fois que l’humanité se sera saoulée jusqu’à la dernière goutte de pétrole, la planète pourrait devenir en partie inhabitable. Avec un possible effondrement de notre civilisation thermo industrielle. Nous sommes en train d’installer l’enfer sur terre.

L’urgence est désormais de limiter les dégâts et de préparer l’après. Organiser la résilience de nos sociétés, en remettant l’intelligence collective, l’entraide et le vivant au centre. La protection de l’environnement est la mère de toutes les batailles. Car qui dit réchauffement climatique dit inégalités, insurrections et totalitarismes. Si ce n’est pas l’écologie, ce sera la barbarie…

Serge Noyer, rédacteur en chef adjoint