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François Légeret bientôt libre ?

Justice Condamné à la prison à vie en 2008, François Légeret est incarcéré depuis plus de onze ans pour le meurtre de sa mère et le double assassinat de sa sœur ainsi que d'une amie de la famille, survenus à Vevey en 2005. Depuis le début, ce dossier comporte des zones d'ombre et François Légeret continue de clamer son innocence. Le témoignage d'une boulangère avait une première fois remis en cause l'heure supposée du crime, aboutissant en 2010 à une révision de ce procès. Sans succès, le verdict ayant alors été confirmé. Or aujourd'hui, s'appuyant sur le travail du journaliste d'investigation Jacques Secretan, spécialiste des erreurs judiciaires, Le Régional révèle en exclusivité le témoignage d'une Veveysanne qui elle aussi affirme avoir vu Ruth Légeret en vie plusieurs heures après son supposé décès. Une nouvelle déclaration qui non seulement invalide le scénario retenu lors des deux jugements, lequel situe l'heure du triple homicide autour de midi, mais qui vient corroborer celle de la boulangère. Et qui pourrait conduire à une nouvelle révision du procès. Voire à la libération de François Légeret, estime Jacques Secretan.

KEYSTONE / Jean-Christophe Bott

Valérie Blom, avec Serge Noyer

Il est rare qu'une maison de la Riviera prenne les allures d'une scène de la série «Les Experts». Pourtant, à l'aube de l'année 2006, deux dames sont retrouvées mortes au pied d'un escalier d'une villa à Vevey. Il s'agit de Ruth Légeret et de son amie Marina Studer, âgées respectivement de 81 et 80 ans. Très rapidement, le fils adoptif de l'une d'elles, François Légeret, est accusé de les avoir tuées le 24 décembre 2005, aux alentours de midi. Il aurait également assassiné sa sœur, Marie-José, disparue au moment de ces tragiques évènements. Condamné à la prison à vie pour ce triple homicide – alors qu'un corps, celui de sa sœur, manque aujourd'hui encore à l'appel – il est incarcéré depuis le 2 février 2006, actuellement aux établissements de la plaine de l'Orbe, clamant son innocence.

Mais ce scénario pourrait s'effondrer comme un château de cartes, après avoir déjà été sérieusement ébranlé en 2008 par le témoignage d'une employée de boulangerie. «François Légeret a été incriminé sur la base d'éléments contestables mais se défend seul, ce qui est la principale raison pour laquelle il se trouve encore en prison», constate Jacques Secretan. Journaliste et auteur indépendant, Jacques Secretan fait figure de référence dans le domaine de l'investigation. Notamment pour avoir en 2015 contribué à faire libérer, après vingt-trois ans de prison, une condamnée à mort aux Etats-Unis (voir encadré). Il est l'auteur de «L'affaire Légeret, un assassin imaginaire», paru en 2016. Ce livre met en lumière de nombreuses incohérences dans cette procédure qui a tenu en haleine l'opinion publique bien au-delà de la Suisse romande. Après cette publication, qui a rencontré un large écho médiatique, Jacques Secretan a continué à mener l'enquête, jusqu'à découvrir un nouveau témoin qui remet en question le verdict qui désigne François Légeret comme le meurtrier.

Ruth Légeret croisée au Panorama

Il s'agit de Madame Martin*, dont nous tairons la vraie identité pour des raisons évidentes de protection des témoins. Dans un document vidéo enregistré par Jacques Secretan que Le Régional a pu visionner en exclusivité, cette Veveysanne se souvient parfaitement d'avoir croisé Ruth Légeret en fin d'après-midi du samedi 24 décembre 2005, veille de Noël, dans le parc du Panorama à Vevey. Accompagnée d'une autre femme, la mère de François était probablement de retour de la fameuse boulangerie où une employée, Jacqueline Albanesi, avait déclaré l'avoir servie, ce qui avait donné lieu à une révision du procès (voir encadré). Dans ce nouveau témoignage, Madame Martin décrit précisément la rencontre, jusqu'à l'habillement des deux dames. Le souvenir est gravé dans sa mémoire car elle a rapidement compris qu'elle venait de voir Ruth Légeret dans ses derniers instants de vie, lorsqu'elle a appris quelques semaines plus tard par les médias que cette dernière et son amie Marina Studer avaient, justement ce même 24 décembre, été frappées par un terrible drame. Madame Martin est certaine de la date et de l'heure, car elle venait elle-même de quitter le magasin de sa fille à 17h, au moment où celle-ci s'apprêtait à le fermer, comme tous les commerces en ce soir de réveillon.

Pour comprendre en quoi ce nouveau témoignage est capital, il faut se plonger au cœur de l'accusation dirigée contre François Légeret. Au procès de 2008 et à sa révision de 2010, il a été à deux reprises certifié que Ruth Légeret, sa fille et Marina Studer ont été tuées le 24 décembre 2005 aux alentours de midi. Au fil des interrogatoires policiers, François Légeret avait fini par admettre avoir rendu visite à sa mère ce jour-là. Il a alors raconté avoir été reçu par sa soeur qui lui a parlé d'une bagarre avec leur mère qui a mal tourné, suivie d'un accident. Il a détaillé cette version lors d'une reconstitution sur les lieux du drame. Sur conseil de son avocat, il a par la suite attendu jusqu'à son procès, soit plus de deux ans plus tard, pour revenir à sa première version, à savoir qu'il n'avait plus revu sa mère depuis le 16 décembre 2005 et qu'il n'était jamais passé chez elle le 24. Il a expliqué alors que c'était sous la pression policière qu'il avait inventé cette histoire. A ses deux procès, puis lors de ses demandes de révision, les revirements de François Légeret ont pesé lourd au regard des juges.

«Renvoyés comme des malpropres»

Madame Martin décide à l'époque, sur recommandation de ses proches, de ne pas parler aux autorités. Le sort du précédent témoin, l'employée de boulangerie Jacqueline Albanesi, durablement traumatisée par son traitement lors du procès public en révision de François Légeret en mars 2010, l'a dissuadée de se lancer à son tour dans une telle aventure. «Mais aujourd'hui, Madame Martin estime qu'il est temps de se manifester», confie Jacques Secretan. Cette dame, qui est âgée, craint peut-être que la tombe emporte ses souvenirs.

De quoi donner un nouvel espoir à François Légeret. Bien qu'il continue à se battre pour tenter de démontrer son innocence, ce dernier est devenu pessimiste. «Une nouvelle preuve peut néanmoins tout changer», lâchait-il, la voix fébrile, à la fin de l'entretien qu'il avait accordé au Régional en prison, ce printemps.

«Si la police avait suffisamment récolté de témoignages de voisinage et étendu ses recherches au lieu de renvoyer les gens comme des malpropres, les enquêteurs auraient obtenu des informations plus complètes», critique Jacques Secretan. Précisant qu'il a pu diversifier ses sources plus de dix ans après les faits, le journaliste déplore que l'enquête des autorités se soit focalisée sur la seule piste de François Légeret comme assassin.

Pas le temps de commettre son crime...

«Le risque d'erreur judiciaire est là dès qu'une information non crédible servant de base devient la vérité», constate Jacques Secretan. Or, ce nouveau témoignage contredit le scénario ayant conduit aux verdicts des deux procès, lequel situe le triple homicide autour de midi. Les autorités judiciaires vaudoises devraient dès lors reprendre l'affaire à zéro. «Et immédiatement conclure à la libération de François Légeret», estime le journaliste d'investigation. Déjà en 2009, la Chambre des révisions civiles et pénales stipulait elle-même, après l'audition de Jacqueline Albanesi: «Si les faits doivent se situer après 17h (...), il n'est en rien établi que François Légeret aurait pu quitter son amie à Attalens, commettre ses crimes, puis revenir en disposant d'un temps suffisant. (...) Cela justifie d'ordonner la révision.»

La même conclusion devrait donc s'imposer concernant ce nouveau témoignage. Et cette fois, il ne devrait pas pouvoir être écarté de la même manière que celui de Madame Albanesi, tout simplement parce que ces deux témoignages se corroborent l'un l'autre. Madame Martin a vraisemblablement croisé Madame Légeret et son accompagnante à leur sortie de la boulangerie. Du moins, la géographie des lieux le laisse penser, vu la proximité du parc du Panorama. «A la lumière de ces éléments, il est établi que Ruth Légeret était bien vivante le 24 décembre en fin de journée, analyse Jacques Secretan. Alors l'accusation ne dispose plus d'éléments suffisants pour prouver la culpabilité de François Légeret.»

Le bénéfice du doute

Ce témoignage révélé ici vient d'être envoyé, lundi 21 août, sous forme écrite aux autorités judiciaires, par les soins d'un avocat. Concernant ses implications au niveau de la justice vaudoise et helvétique – le Tribunal fédéral étant concerné – Jacques Secretan, qui l'a recueilli, se dit prêt à répondre à toute éventuelle convocation. Quant à François Légeret, même s'il en a été informé par Jacques Secretan, il n'est pas en possession de la vidéo de ce témoignage. «Je ne la lui ai pas remise pour éviter qu'il ne précipite les choses», explique le journaliste. Car il ne se passe quasiment pas une semaine sans que ce dernier n'adresse de courrier ou ne tente de monter un dossier pour pointer les diverses incohérences de son affaire. Or, «sans avocat, c'est un défi quasiment perdu d'avance de se défendre ainsi seul, souligne Jacques Secretan. Et ses requêtes sont souvent trop confuses pour pouvoir réellement l'aider.»

Après tant d'années en prison, François Légeret se méfie du système et envisage divers complots à l'origine de son emprisonnement. Mais même si dans cette affaire le condamné n'a pas toujours su servir sa cause, ce nouvel élément, ajouté aux nombreuses zones d'ombre de ce dossier (voir encadré sur www.leregional.ch), devrait cette fois lui être bénéfique. Au minimum en raison du doute qui devrait profiter à l'accusé.

*nom connu de la rédaction

Date:24.08.2017
Parution: 865

Les zones d’ombre du dossier Légeret

Jacques Secretan et d’autres médias ont entrepris de relever les incohérences de l’affaire Légeret. Cette dernière a fait l’objet de deux émissions de Zone d’ombre (RTS) et même d’un épisode de Faites entrer l’accusé (France 2). Premier exemple, parmi d’autres: la touffe de cheveux appartenant à Marie-José Légeret, retrouvée dans la main de sa mère, et la reliant à la scène du drame. Il a été décrété que François l’avait délibérément placée à cet endroit. «Il faut l’inventer! réagit Jacques Secretan. Les photos montrent bien qu’il aurait été très compliqué de disposer des cheveux dans cette main, celle-ci se retrouvant sous le corps de Marina Studer, l'amie de Ruth Légeret.» Second exemple: il y a également deux indices délaissés: la trace d’une main ensanglantée sur le dos du pull de Marina Studer et celle d’une partie de semelle dans son sang. Ce qui pose la question de la présence d’une tierce personne. Ces éléments, qui n’ont pourtant pas été associés à François Légeret, ont été délibérément mis de côté par les jurés. De tels exemples ne sont pas exhaustifs.

Mais si François Légeret n’est pas le meurtrier, qui alors? Jacques Secretan penche pour la théorie d’un double accident successif, combiné à la disparition non élucidée de Marie-José Légeret. A l’appui de cette thèse, le journaliste a consulté deux médecins légistes. Et ceux-ci se sont en effet montrés plus réservés que le professeur Mangin, le médecin légiste qui s’est chargé de l’autopsie de Ruth Légeret et de Marina Studer et qui n’avait pas pratiqué d’autopsie depuis des années, rappelle l’ouvrage de Jacques Secretan. «En cas de chute dans l’escalier, il est très difficile d’établir l’origine des lésions, précise Jacques Secretan. Il était encore plus ardu de le faire sur deux corps en voie de putréfaction.» Les deux spécialistes consultés par Jacques Secretan ont par contre avancé la thèse du syndrome de Philémon et Baucis: deux personnes proches, souvent âgées, décèdent successivement, l’une «naturellement» et l’autre à la suite du choc psychique qu’implique la vision d’un incident mortel. Ainsi, si Ruth Légeret était tombée dans les escaliers, Marina Studer, témoin de cette chute, aurait pu à son tour chuter de sa hauteur, victime d’un choc émotionnel, avant de se relever, puis de tituber, blessée par sa chute, d’où des traces de son sang faites dans la maison, pour enfin revenir s’écrouler vers son amie. Le fait que rien n’ait été bougé dans la villa et que le meurtrier n’ait laissé aucune trace dans son sillage (ce qui est quasiment impossible selon le «principe de Locard» qui veut que tout auteur d’un crime laisse des traces et en emporte d’autres avec lui) ont convaincu l’ancien journaliste. Cette thèse de l’accident a néanmoins été rapidement écartée par la police. Laquelle n’explique pas la disparition de Marie-José.

Contacté par Le Régional, non pas sur ce nouveau témoignage pour l’heure encore confidentiel, mais au sujet des zones d’ombre de ce dossier, le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, a expliqué qu’il devait réserver sa position. «Je n'entends pas m'exprimer publiquement avant de l’avoir fait dans le cadre procédural», développe-t-il. Le procureur fait ici allusion à la nouvelle demande de révision que François Légeret a déposé en mars 2017, fondée sur le récent témoignage du fils de Madame Albanesi, Sébastien Albanesi, qui confirme les propos de sa mère. La requête de François Légeret a été rejetée en mai 2017, décision contre laquelle il a fait recours auprès du Tribunal fédéral. Dès lors, le Ministère public doit en effet attendre d’être invité par le Tribunal fédéral pour se déterminer. «Vous pouvez sans peine imaginer que j'aurais un certain nombre de choses à faire valoir en procédure, souligne Eric Cottier. Je n'exclus pas de communiquer alors à ce sujet. Mais faire part d'abord aux médias de la position du Ministère public, puis seulement après à l'autorité judiciaire, ce serait inverser l'ordre logique des démarches, ou mettre la charrue devant les bœufs, ce que je ne ferai pas. Je ne peux qu'affirmer que tout a été entrepris pour savoir ce qui s'était passé et faire la lumière sur toute cette affaire, argue-t-il. Ce n'est pas le lieu ni le moment d'énumérer une nouvelle fois tous les éléments qui fondent la condamnation de François Légeret, prononcée successivement par deux tribunaux criminels (réd: six jurés et trois juges à chaque fois), condamnation confirmée par l'instance cantonale supérieure comme par le Tribunal fédéral.»

Si vous ignorez tout de l’affaire Légeret

François Légeret est condamné pour le meurtre de sa mère adoptive, ainsi que l’assassinat de sa sœur et de l’amie de sa maman, Marina Studer, commis, selon le scénario de l’accusation retenu par les juges, le 24 décembre 2005 aux environs de midi. Le 4 janvier 2006, au domicile de Ruth Légeret, son corps ainsi que celui de son amie sont retrouvés au pied des escaliers menant à la cave. Marie-José Légeret est portée disparue, supposée morte elle aussi. En 2008, un premier procès condamne François Légeret à la prison à vie pour ce triple homicide, malgré l’absence d’aveux et de preuves irréfutables, mais sur la base d’un faisceau d’indices. Un nouveau témoignage, de la boulangère Jacqueline Albanesi, aboutit à un procès en révision, lequel a lieu en 2010. Mais ce témoignage, jugé peu crédible, est écarté et le premier verdict est confirmé. Par la suite, François Légeret n’a jamais cessé de clamer son innocence, usant de recours et de plaintes à l’encontre du procureur général vaudois, Eric Cottier. Il s’est même séparé de son avocat, préférant se défendre seul. Pour l’heure, aucune de ses tentatives pour décrocher une nouvelle révision de son procès n’a abouti.

Il traque les erreurs judiciaires

Né à Lausanne en 1951, Jacques Secretan a une formation de journaliste. Il a notamment travaillé à la Télévision suisse romande, puis à la Radio suisse romande. Il a par la suite été correspondant freelance pour les mêmes TSR et RSR, ainsi que pour RSI - Radio Suisse Internationale et d'autres médias, principalement en Amérique latine, où il a suivi notamment les procès des anciens dictateurs Videla, Galtieri et Pinochet. Depuis les années 2004-2005, il a presque exclusivement travaillé comme journaliste indépendant pour ses propres productions et investigations, reportages, documentaires et livres. Il s'est notamment passionné pour plusieurs cas d'erreurs judiciaires et en 2015, il a contribué à faire libérer Debra Milke, condamnée à mort en Arizona pour le meurtre de son fils, après 23 années passées en prison. En Suisse, outre son dernier livre sur l'affaire Légeret, il a publié deux ouvrages sur l'affaire Ségalat et deux livres sur des condamnés morts aux Etats-Unis.

La boulangère, déjà, avait vu mère et fille en vie

En 2008 déjà, Jacqueline Albanesi, qui témoignait dans l'émission de la RTS Zone d'ombre, expliquait avoir vu Ruth Légeret et sa fille le 24 décembre 2005 en fin d'après-midi. Détail essentiel, elle précisait qu'elle les avait servies juste avant la fermeture du magasin à 17h. Elle était certaine qu'il s'agissait du 24 décembre, puisqu'elle avait ensuite appelé la collègue qu'elle remplaçait pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, que cette dernière célébrait justement en cette veille de Noël. Lorsque son fils Sébastien est venu la chercher à la boulangerie ce jour-là, elle lui a alors spontanément parlé des dernières clientes qu'elle venait de servir: «Ce n'était pas banal vu qu'il s'agissait de la doctoresse qui m'a soigné dans mon enfance, Marie-José Légeret, et de sa maman». C'est ce que révèle Sébastien Albanesi dans l'ouvrage de Jacques Secretan paru en 2016, sa mère étant aujourd'hui décédée. «Ma mère m'a dit qu'elle lui avait trouvé plutôt petite mine à la doctoresse Légeret», précise Sébastien Albanesi dans ce livre, où il confirme également que la famille Albanesi a toujours fêté Noël le soir du 24 décembre et que sa mère ne pouvait donc pas se tromper de jour. La Chambre des révisions civiles du Tribunal cantonal vaudois a statué le 23 novembre 2009, à huis clos, que le témoignage de Madame Albanesi était crédible, alors même qu'il intervenait trois ans après les faits: Jacqueline Albanesi travaillait les 23 et 24 décembre, mais elle ne pouvait pas avoir croisé la mère et la fille Légeret le 23 décembre; la boulangère avait terminé ce jour-là son service une heure et demie avant la fermeture du commerce. Fait rare en Suisse, un procès en révision a été décidé.

Pourtant, lors de ce second procès, qui a eu lieu en 2010, son témoignage a finalement été écarté, les juges estimant qu'elle aurait pu confondre 23 et 24 décembre. Le jour de ce procès public en révision, l'accusation avait alors tenté de montrer que la mémoire de la boulangère, mise sous une intense pression par l'interrogatoire croisé des juges et du procureur, pouvait ne pas être aussi fiable qu'elle le prétendait et que son témoignage perdait en crédibilité. Le Tribunal a alors estimé que, «compte tenu des preuves au dossier, il n'était pas possible que Madame Albanesi ait vu Ruth Légeret et sa fille le 24 décembre à 17h.» Qu'en sera-t-il à la lumière du nouveau témoignage de Madame Martin?

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