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La récré sera-t-elle filmée?

Oron Après l'acceptation du règlement sur la vidéosurveillance en 2016, la Municipalité doit désormais faire valider les emplacements des futures caméras par le service de protection des données du canton, avant de les présenter au Conseil communal. Ce dernier se montre toutefois partagé sur la question. Le PS défend la vie privée alors que la droite veut identifier les responsables de vandalisme.

Victime de vandalisme, le collège d'Oron devrait figurer parmi les emplacements pour la vidéosurveillance.V. Blom

Valérie Blom

Ils n'ont pas l'intention de brandir le poing, mais ils défendent vivement leur position. La plupart des membres du Parti socialiste et certains du GRINDOR (Groupement indépendant Oron) sont contre l'option de la vidéosurveillance. Malheureusement, le règlement a été accepté en mai 2016. Même s'il s'agissait de l'ancienne législature, ils ne vont pas remettre ce vote en question. «Mais dès qu'il y a l'occasion de débattre, nous allons l'encourager», souligne Romain Richard, chef de groupe du PS Oron et sympathisants.

Lassée de constater des déprédations ou des tags sur divers sites de la commune – surtout le collège – la Municipalité a proposé la vidéosurveillance, afin de pouvoir confondre, ou décourager, les auteurs. Actuellement, le dossier est en main du service de protection des données du canton, qui doit valider les emplacements. Ensuite, le Conseil communal se prononcera sur les endroits choisis et sur l'engagement financier.

Qualité des images insuffisantes

«Tout citoyen qui n'a rien à se reprocher ne doit pas s'inquiéter s'il est filmé ou non!», assure Christian Budry, membre du parti PLR, UDC et indépendants. Il estime que les caméras représentent des outils modernes adaptés au besoin de la société actuelle. «Si nous pouvons savoir qui c'est, nous pourrons leur demander des explications», ajoute-t-il. Argument qui ne convainc pas Romain Richard. «Pour avoir déjà observé des images issues de la vidéosurveillance, j'ai remarqué que la qualité est souvent insuffisante pour démasquer les fauteurs de trouble. En outre, une capuche suffit à cacher leur visage.»

Les conseillers communaux sont conscients qu'il s'agira surtout de décourager d'éventuels vandales. «Ce système ne va pas empêcher la commune de subir des déprédations, explique Philippe Taillens, membre du GRINDOR. Mais il contribue à mettre un certain cadre. Je ne pense pas que les gamins seront gênés, ils vont vite oublier la présence des caméras».

Privilégier l'humain

Romain Richard, travaillant lui-même dans l'enseignement, estime que le signal donné n'est pas bon. «Il y a encore de nombreux points d'interrogations. Les images seront-elles enregistrées 24h/24h? Si oui, cela pose certaines questions éthiques.» La solution envisagée par la Municipalité risque surtout de déplacer le problème. «Il y a de nombreux bémols à la vidéosurveillance, développe le chef de groupe. Effectivement, les personnes qui taguent ou cassent du matériel iront ailleurs. Il y a la question du coût de l'installation, mais aussi de la maintenance. Tout ceci pour des résultats mitigés.»

Il préconise plutôt une solution éducative. «J'ai toujours favorisé l'humain. Une police de proximité devrait obtenir de meilleurs résultats. Pourquoi pas un accompagnant pour les jeunes? Il faut relativiser, le nombre d'actes de vandalisme n'est pas non plus affolant.» Oron étant une commune plutôt sûre, le parti ne souhaite pas cultiver un esprit de méfiance. «Nous pouvons compter sur notre tissu social pour assurer la sécurité. Autant ne pas alimenter la psychose», signale Romain Richard. A coup sûr, le débat à ce sujet lors d'une des prochaines séances du législatif promet d'être animé.

Date:31.08.2017
Parution: 866

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