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Le canton se fâche contre les CFF

Horaire 2018 Le Conseil d'Etat vaudois s'oppose avec force au nouvel horaire annoncé par les CFF, qui entrera en vigueur au début du mois de décembre. Nuria Gorrite, à la tête du département des infrastructures, a exigé une rencontre avec le directeur des CFF. En cause, les ruptures de correspondances entre la ligne du Simplon et de Berne qui péjorent Chablais et Riviera. Il n'est pas certain que la ministre parvienne à faire plier l'ex-régie fédérale.

La correspondance à Lausanne entre la ligne de Berne et celle du Simplon ne sera plus garantie avec l'horaire 2018.CFF

Valérie Blom

Le canton de Vaud brandit le poing face aux CFF et leur projet d'horaire 2018. Si ce dernier comporte des avantages – un train supplémentaire par heure depuis Vevey vers Genève ou un meilleur temps de parcours entre le Valais et la cité de Calvin – il comporte une rupture majeure entre la ligne du Simplon et celle de Berne. Les liaisons ne seront plus assurées à Lausanne, impliquant une attente allant jusqu'à trente minutes pour un train sur deux. Les pendulaires ne sont néanmoins pas oubliés: les correspondances sont assurées en 5 minutes aux heures de pointe.

Cette modification a choqué le Conseil d'Etat et la cheffe du département des infrastructures Nuria Gorrite a exigé une rencontre avec Andreas Meyer, patron des CFF, qui se tiendra prochainement, la date n'étant pas encore fixée. «Le problème majeur est que les CFF remettent en cause un principe acquis avec Rail 2000, explique Mehdi-Stéphane Prin, délégué à la communication pour le Département des infrastructures. Toutes les gares de taille moyenne en Suisse doivent être reliées entre elles deux fois par heure, via les nœuds ferroviaires.»

Le canton a des solutions

Il n'est pas certain que le rendez-vous avec la conseillère d'Etat ne demeure pas purement symbolique: l'horaire 2018 devant entrer en vigueur au début du mois de décembre, les CFF n'auront pas le temps de revoir l'entier de leur copie. «Il n'est évidemment pas possible de tout changer, soulève Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF. Nous allons réfléchir aux mesures possibles, pondère-t-il. Mais il est trop tôt pour mentionner quelles seront-elles.»

Sur ce point, les autorités cantonales ne sont pas à court d'idées. «Nous avions déjà proposé des solutions, auxquelles les CFF n'ont pas répondu, souligne le porte-parole du canton. Il faut pouvoir grapiller des minutes ailleurs. En attendant, nous demandons le statut quo.» Là où il a de l'espoir face à la réputation de l'ex-régie, qui tend plutôt à camper sur ses positions, c'est que ce nouvel horaire implique un changement de philosophie. «Vont-ils l'assumer jusqu'au bout? Il s'agit d'une rupture sans précédent. Il sera difficile à Nuria Gorrite de négocier, mais le symbole est fort. Andreas Meyer a déjà accepté la rencontre, ce qui est déjà en soi un progrès.»

Le Chablais est péjoré

La Riviera et le Chablais sont les principaux perdants de ce nouvel horaire. Le Valais pouvant transiter par le Lötschberg au besoin. Les milieux touristiques de St-Maurice à Villeneuve sont d'ailleurs très inquiets. «L'attractivité de la région est diminuée par rapport à d'autres, souligne Frédéric Borloz, syndic d'Aigle. Nous sommes déjà désavantagés puisque le trajet en train jusqu'à Berne est long de 2 heures, contre une heure en voiture. La situation sera encore alourdie.» L'élu a encouragé les communes chablaisiennes à se manifester, ce qui a été fait. Cinquante interpellations ont été déposées à la fin de la consultation de l'horaire en juin (voir Le Régional 863). «La détérioration du service nous préoccupe, ajoute Alain Bovay, syndic de St-Légier. Nous visons un temps de trajet entre le village et le centre de Lausanne de moins d'une heure. Il s'agit d'une dynamique que nous souhaitons mettre en place pour 2019, que vient compliquer cet horaire. Nous ne sommes donc pas satisfaits.»

Il faudra attendre le retour de l'échange entre la conseillère d'Etat et le directeur des CFF. «Nous ne serons certainement pas les seuls à nous battre, signale Mehdi-Stéphane Prin. Les parlementaires, qui prennent régulièrement le train, se feront certainement entendre à Berne.» Conscient que la rencontre n'aboutira pas forcément sur du concret, il ajoute: «le but est également de montrer que de telles mesures ne peuvent pas passer comme une lettre à la poste!»

Date:31.08.2017
Parution: 866

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