Télécharger
l’édition n°868
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Aurait-il fallu une entreprise locale ?

Transports scolaires du Jorat Réagissant aux importants retards des bus survenus lors de la rentrée des écoles du Jorat, Charles-Henri Delisle, ancien syndic de Mézières et jadis responsable de l'acheminement des enfants du secteur, estime qu'il aurait fallu opter pour des chauffeurs de la région. Lui et un autre entrepreneur s'étaient d'ailleurs proposés lors de l'appel d'offres. Mais leur dossier avait été surpassé par celui des Taxis romontois, jugés moins chers.

La rentrée difficile des Taxis romontois, responsables du transport des écoliers du cercle de l'Association scolaire intercommunale du Jorat (ASIJ), a suscité des réactions.DR

Valérie Blom

Relatée dans une de nos précédentes éditions (Le Régional 866), la rentrée difficile des Taxis romontois, responsables du transport des écoliers du cercle de l'Association scolaire intercommunale du Jorat (ASIJ), a suscité des réactions. Pour rappel, des élèves doivent parfois attendre leur bus entre 15 et 30 minutes, ce qui implique des retards à la maison ou à l'école. Les dix communes de l'ASIJ sont touchées par cette situation, soit Jorat-Mézières, Servion, Savigny, Forel, Montpreveyres, Vulliens, Vucherens, Syens, Corcelles-le-Jorat et Ropraz. L'ASIJ a donné à l'entreprise fribourgeoise un délai au 20 septembre pour proposer des d'horaires qui fonctionnent.

Les locaux sont trop chers

Avant les Taxis romontois, c'est Charles-Henri Delisle, jadis syndic de l'ancienne commune de Mézières et au bénéfice d'une concession de transporteur, qui se chargeait, avec trois autres entrepreneurs indépendants, des transports scolaires de la région allant de Servion à Vucherens. En 2015, «l'ASIJ a procédé à un appel d'offres public, pour respecter la loi sur les marchés publics, ceci sur invitation à plus de 20 entreprises», explique son président Etienne Cherpillod. Les Taxis romontois ont remporté la mise. Ce que déplore Charles-Henri Delisle: «Je me suis présenté avec un autre exploitant, explique-t-il. Nous avions monté un dossier complet en fonction des exigences. Malheureusement, notre proposition a été refusée car elle était considérée comme trop chère.»

Ils avaient alors engagé un avocat, car la paire estimait que leurs concurrents ne correspondaient pas à la demande, en ne respectant pas certains critères de la mise en soumission. Sans succès toutefois. «Nous nous sommes fait prendre un boulot et des salaires pour la région, critique Charles-Henri Delisle. Il aurait fallu encourager des entreprises locales.» Au moment où le mandat a été confié aux Taxis romontois, ce dernier pressentait que des problèmes allaient en découler: «Avec une cinquantaine d'arrêts, les horaires sont compliqués à organiser et il faut pouvoir être en mesure de remplacer des chauffeurs au pied levé.»

Les Fribourgeois en tête

En engageant des personnes de la région pour conduire des bus – essentiellement des parents – l'ancien transporteur pouvait compter sur une solidarité entre eux. Cela constituait sa force: «Si l'un avait du retard, il appelait son collègue, même d'une des trois autres entreprises, qui allait alors récupérer ses élèves», relève-t-il. Lui-même se tenait prêt à intervenir au cas où: «J'avais un bus de réserve chez moi. Nous étions quatre indépendants, mais il régnait une bonne entente.»

Mais l'association scolaire du Jorat a estimé qu'elle aurait moins de travail et de soucis avec cette mise en soumission. En attendant le 20 septembre, date de l'ultimatum fixé à l'entreprise fribourgeoise, l'ASIJ ne communique pas ses intentions. Si elle vient à rompre le contrat, Charles-Henri Delisle ne sera pas personnellement sur les rangs pour la remplacer, «hormis peut-être en aide au départ, avance-t-il, mais pour le mandat, un groupe d'entrepreneurs pourrait se constituer», confie-t-il.

Date:14.09.2017
Parution: 868

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio