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À la poubelle, le règlement ?

Monthey Pas satisfait du nouveau règlement sur la gestion des déchets, le groupement de l'Alternative lance un référendum, avec l'appui de citoyens. Il dénonce notamment un doublon avec l'obligation de raccordement au chauffage à distance. Le point sur les enjeux et éventuelles conséquences.

Objectif : récolter 1'938 signatures d'ici au 22 octobre, comme le font ici au marché montheysan deux élues de l'APM, Claire Andrée Maret (à g.) et Célina Contat.

Texte et photo: Valérie Passello

«Si l'on était la seule commune à ne pas appliquer le règlement, les Moloks seraient pris d'assaut», considérait le municipal des infrastructures et de l'environnement Gilles Cottet le 21 août devant le Conseil Général. Malgré la validation par le législatif du règlement sur la gestion des déchets (voir Le Régional 866), ce scénario n'est pas tout à fait exclu. L'Alternative pour Monthey (APM) aimerait en effet que la population ait son mot à dire. Rejoints par d'autres citoyens, les membres de ce groupe politique ont commencé à recueillir des signatures: il en faudra 1'938 d'ici au 22 octobre, soit les paraphes de 20% des électeurs montheysans, pour que le référendum aboutisse.

La démarche ne surprend pas le président de la ville Stéphane Coppey: «L'APM avait déjà demandé le référendum facultatif au dernier Conseil Général. Je pense qu'il parviendra à récolter les signatures nécessaires, car il clame partout qu'il s'agit d'une taxe supplémentaire. Or, elle ne fera que remplacer l'existante, dans le but d'inciter les gens à trier davantage, selon le principe du pollueur-payeur voulu par la jurisprudence fédérale». Pas assez incitatif, le système de taxation actuel à Monthey et dans les autres communes valaisannes doit être revu, d'où l'introduction prévue de la taxe au sac dans tout le Valais romand dès le 1er janvier 2018.

Redistribution demandée

«Selon nos calculs, une majorité de contribuables paiera plus qu'aujourd'hui. Nous demandons qu'un plafond de thésaurisation à 300'000 frs soit fixé et que le montant perçu en trop soit restitué aux citoyens», détaille Damien Raboud, chef de groupe de l'APM au Conseil Général. La demande est identique à l'amendement balayé par le législatif le 21 août. En outre, l'obligation de se raccorder au chauffage à distance (CAD) de la SATOM, alimenté par la combustion des déchets, devrait peser dans la balance, ajoute Damien Raboud: «C'est un non-choix qui nous fait payer à double. Monthey est un cas particulier, c'est pourquoi nous aimerions qu'un effort soit fait».

Stéphane Coppey rétorque: «L'élimination des déchets est un service autofinancé, donc déjà aujourd'hui, nous n'avons pas le droit de faire des bénéfices. Quant à l'argument du CAD, il n'a aucun sens. Actuellement, Monthey paie 120 frs la tonne de déchets à éliminer à la SATOM, alors que les communes du Valais central paient 160 frs».

Course contre la montre

Plus de la moitié des 63 communes du Valais romand ont validé leur règlement à ce jour. Si les référendaires arrivent à leurs fins, le vote devra impérativement avoir lieu avant la fin de l'année. Selon Philippe Varone, président de l'Association Région Valais Romand qui pilote la mise en place de la taxe au sac, la ville pourrait se retrouver dans un vide juridique: «Si la population refuse le règlement, Monthey devra rapidement se mettre au travail pour en proposer un nouveau. Au courant de la situation, les gens profiteront sans doute d'aller déposer leurs sacs noirs dans la commune, ce qui pourrait engendrer des amoncellements de déchets».

Date:14.09.2017
Parution: 868

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