Télécharger
l’édition n°868
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

L'humour de la vérité avec élégance

Burier – Vevey La troupe des Glops fête quarante ans d'existence sur scène, avec une série de sketches proposée dès le 22 septembre au gymnase de Burier. L'équipe, dont l'humour est né au cœur de Vevey, a perduré grâce à son art d'aborder les tracas avec optimisme. «Le monde va mal, mais nous pouvons toujours en rire», explique son président.

Lors de leurs précédents spectacles, les Glops se sont plu à interpréter une famille de mafieux.DR

Entretien : Valérie Blom

En 1977, des jeunes ont décidé de mettre sur pied une production théâtrale d'une série de sketches à Vevey. Quarante ans plus tard, ils ont pris quelques rides, mais le principe est resté le même. Les «Glops» ont ainsi imaginé un spectacle tous les deux ou trois ans. Cette fois, il est simplement intitulé «Nos 40 ans» et est visible durant deux week-ends les 22 et 23 ainsi que les 29 et 30 septembre sur la scène du gymnase de Burier. Président des Glops, Walter Scolaro, fait partie de la troupe depuis sa toute première représentation. Rencontre.

Pourquoi ce dernier spectacle n'a-t-il pas de titre ?

> Il en a un. Il s'agit simplement de «Nos 40 ans». Toutefois, cette production ne comporte pas de thème ou de fil rouge. Il s'agit d'une suite de sketches comme nous en avons l'habitude. Nous nous sommes parfois imposés un sujet, mais ce n'est pas le cas cette fois. Nous respectons notre ligne en proposant un humour accessible à tous: pas de blagues locales ou en lien avec l'actualité. Nous nous inspirons des aléas du quotidien.

Pourquoi marquer les quarante ans, alors qu'il ne s'agit pas du 40e spectacle ?

> Nous étions nous-mêmes surpris de tenir aussi longtemps. Nous avons récemment perdu certains membres de la troupe et nous ne pensions pas parvenir à nous en remettre. Moi-même, je suis infirmier, et donc régulièrement confronté à la mort. Mais c'est différent lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui nous est proche. J'ai vraiment cru que je ne pourrais pas redémarrer si ce collègue comédien, sur son lit de mort, ne l'avait pas lui-même expressément demandé. Ce fut difficile, mais en écrivant, en mettant en scène, la passion est revenue. Lorsque nous jouons, j'ai l'impression de redevenir le garçon de seize ans, alors que j'en ai 40 de plus.

Quel est votre secret de longévité ?

> Je crois que les gens aiment s'amuser et rire. En ce sens, nous correspondons peut-être à une demande. Nous avons toujours cherché à être abordables pour le plus grand nombre, que ce soit avec le prix d'entrée ou dans l'humour. Il est tout de même arrivé un moment où il a fallu conquérir une nouvelle couche de spectateurs, lorsque nos parents et amis ont commencé à ne plus être de ce monde... Nous y sommes parvenus; de nombreux trentenaires nous suivent désormais.

Est-ce plutôt un humour graveleux ou burlesque ?

> Sans thème, nous avons laissé libre court aux auteurs. Mais nous cherchons à être universels. Une bonne blague est mondiale. Nous apprécions d'aborder les tracas avec optimisme. Tout le monde en prend pour son grade. Les dames de la troupe se sont d'ailleurs assurées que l'équilibre était respecté; femmes et hommes disposent de leur lot de gags. Nous ne nous moquons pas des gens, nous racontons la vérité avec élégance. Le monde va mal, mais nous pouvons toujours en rire.

Si le public a changé, est-ce le cas de la troupe ?

> Pas vraiment, ou très peu. Des jeunes ont rejoint l'équipe technique, ce qui est une excellente chose, car nous ne sommes pas toujours au point avec les dernières technologies. Concernant le théâtre, notre noyau bouge peu. Nous avons un style particulier qui ne se transmet pas, né plutôt de la cohésion entre les membres et d'une mayonnaise qui prend. Les Glops vont donc s'éteindre avec nous...

Votre troupe a des racines veveysannes mais ne se produit plus à Vevey. Pourquoi ?

> Ce n'est plus possible de proposer notre spectacle au théâtre de Vevey. Or, nous avons besoin d'une scène et surtout de coulisses suffisamment grandes pour l'entier de notre matériel. Nous nous changeons en effet quasiment toutes les 4 minutes, avec 18 tableaux pour les prochaines représentations. Le décor se transforme également. Impossible donc le faire à La Grenette par exemple.

Date:14.09.2017
Parution: 868

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio