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Les vélos électriques, un danger ?

Sécurité routière La ville de Lausanne accorde des subventions pour l'achat d'un vélo électrique et le remplacement de sa batterie. 4'000 usagers en ont déjà bénéficié. Mais ces deux-roues motorisés peuvent représenter un danger sur les routes. Les dommages corporels les impliquant ont plus que doublé depuis 2011.

Les vélos électriques «puissants» pouvant atteindre 45 km/h doivent être immatriculés, tandis que le port d'un casque de moto est obligatoire. DR

Valérie Blom

Quel bonheur de posséder un vélo électrique: terminé la crainte de la montée. Il est alors possible de se rendre au travail, au sport ou chez des amis à la force des mollets, le vent dans les cheveux, respirer l'air frais sans subir l'attente d'une file de voitures. Pourtant, ces deux-roues ne sont pas sans danger. Le cycliste lui-même oublie parfois que son engin est plus nerveux que ses cousins non motorisés et que la distance de freinage doit être plus longue. De leur côté, croyant voir arriver un vélo normal, les automobilistes anticipent mal leur vitesse et sont responsables de plus de 60% des collisions, selon une statistique de 2016 du bpa, bureau de prévention des accidents.

Casque de moto obligatoire

En parallèle, Lausanne, ville soucieuse d'encourager la mobilité douce, propose une subvention à l'achat d'un vélo électrique, ainsi qu'au remplacement de sa batterie. La commune paie 15% du prix d'achat, avec un plafond à 500 frs et 300 frs lorsque les «piles» sont à plat. Ces quatre dernières années, le nombre d'aides accordées a connu un succès grandissant, atteignant 4'000 depuis l'an 2000, dont 2'000 ces quatre dernières années. «Difficile de savoir si cette hausse est liée à une mode, note Jean-Yves Pidoux, directeur des services industriels. Toutefois, le cadre général favorise davantage la pratique, en pouvant embarquer le deux-roues dans les transports publics par exemple.» En constatant que les gens ont de moins en moins tendance à posséder leur propre voiture, il estime que cet amour pour la bicyclette ne risque pas de disparaître.

Or, ce nouvel usager de la route pose déjà des problèmes: le nombre de dommages corporels a été multiplié par 2,5 entre 2011 et 2016 pour les cyclistes enfourchant des vélos électriques. Ce chiffre est même de 3,5 pour les seniors. Les accidents impliquent généralement un deux-roues à soutien lent (environ 20 km/h) et plus rarement ceux disposant de l'aide plus puissante (45 km/h). Et pour ceux dont l'assistance à la circulation dépasse les 20 km/h, la loi oblige à immatriculer et à porter un casque de motocycliste. Pour les autres, il est uniquement conseillé de porter la protection pour la tête traditionnelle.

Aménager l'espace public

«C'est un problème en puissance, affirme Nicolas Kessler, porte-parole du bpa. Il ne se limite néanmoins pas aux vélos, mais à tous les engins d'évolution électrique. De notre côté, nous encourageons un maximum les autorités de séparer les voies: celles réservées aux voitures, aux vélos standards et aux électriques.» Lorsqu'elle accorde ses subventions, la ville de Lausanne ne délivre pas pour autant de message de sécurité. «Les gens ne vont pas à toute blinde, se défend Jean-Yves Pidoux. Pour éviter les accidents, il faut avant tout que nous aménagions l'espace public. Sur ce point, nous sommes en retard.»

Le bpa rappelle que la sécurité est l'affaire de tous et qu'elle n'incombe pas uniquement aux villes. «La vitesse des vélos électriques est largement sous-estimée», note son porte-parole. En juin, le bureau a publié une liste de recommandations (voir encadré). La leçon demeure la même, lorsqu'il s'agit de sécurité routière, derrière un volant ou un guidon, la prudence est de mise.

Date:21.09.2017
Parution: 869

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