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« Il est temps que nous changions de prestataire »

Transports scolaires du Jorat Les Taxis romontois, responsables de retards dans le transport des enfants, ne sont pas parvenus à établir des horaires satisfaisants pour l'association scolaire du Jorat. Certains représentants des communes appellent à une rupture de contrat, tandis que les parents d'élèves lancent une pétition. La stratégie des dirigeants de l'association reste floue et sa communication est critiquée.

Le contrat passé entre les Taxis romontois et l'ASIJ fait état d'un délai de six mois en cas de rupture.

Texte et photo: Valérie Blom

L'Association scolaire intercommunale du Jorat (ASIJ) se passerait bien de son actualité brûlante. Le dossier épineux des transports scolaires est un véritable casse-tête tant pour le législatif que l'exécutif. Rapide rappel des faits: la rentrée 2017 s'est faite dans la douleur avec des enfants qui ont attendu leur bus entre 15 et 30 minutes, perdant du temps de pause à midi ou arrivant en retard à l'école (LR 866 et 868). Malgré des promesses des Taxis romontois, la société responsable de l'acheminement des élèves, les semaines suivantes n'ont pas connu d'amélioration. A noter que l'année passée, la gestion des horaires avait déjà été pointée du doigt.

L'ASIJ a fixé un ultimatum: l'enseigne fribourgeoise avait jusqu'au 20 septembre pour proposer un programme de bus optimal. Il y avait donc du monde le soir du 20 septembre, date de l'assemblée du Conseil intercommunal de l'ASIJ, son organe législatif. Quasiment l'entier des délégués était présent, tandis que lepublic, dont des parents d'élèves, est venu en nombre. L'ordre du jour a en outre été modifié dans la journée pour y ajouter deux points, dont un traitant des transports scolaires. Procédé qui a suscité le mécontentement, à l'image de cette remarque d'un délégué, qui aurait préféré être averti plus rapidement.

«La pire rentrée»

Pourtant, le principal intéressé, Christophe Conus, patron des Taxis romontois, ne s'est pas présenté à l'assemblée, malgré la demande des dirigeants de l'ASIJ. Aussi, le président du Comité directeur (CODIR) Etienne Cherpillod, n'a pas souhaité communiquer la décision prise par le CODIR publiquement. «La presse est dans la salle et les informations sont publiées bien trop vite à mon goût», explique-t-il. Le huis clos est alors demandé, malgré une proposition d'embargo, huée par l'assemblée (réd: un embargo est un délai que fixent les autorités à l'attention de la presse et que cette dernière est tenue de respecter avant de diffuser une information). Le public grogne au moment de quitter le salle et décidera de ne pas revenir.

Cependant, les indications données avant ce huis clos permettent d'envisager la résolution du CODIR: le 20 septembre, la proposition d'horaires ne tenait toujours pas la route. Le contrat passé entre les Taxis romontois et l'ASIJ fait état d'un délai de six mois en cas de rupture. Impossible donc de demander aux Cars postaux par exemple de se charger dès la semaine prochaine de l'acheminement des enfants du Jorat. Il est probable toutefois que l'ASIJ fasse appel à une autre société pour établir des horaires. «Il est temps que nous changions de prestataire», déclarait Gérald Morier-Genoud, directeur des écoles du Jorat, présent dans la salle avant le huis clos et laissant peu de doutes quant à la décision prise par le CODIR. Lui-même parlait de «la pire rentrée de sa vie.» Contacté par Le Régional après l'assemblée de l'ASIJ, Christophe Conus a expliqué qu'il n'avait pas pu s'y rendre en raison d'une excursion en car. «J'avais d'ailleurs précisé aux responsables de l'ASIJ que je serais présent si mon planning le permettait», souligne-t-il. Il affirme ne pas connaître la décision de l'ASIJ et que pour l'heure seuls deux bus sur 12 sont encore en retard.

Les parents lancent une pétition

Vendredi soir, le 22 septembre, l'ASIJ publiait sur son site internet un communiqué, le premier depuis la rentrée malgré les nombreuses interrogations des parents d'élèves. «Comme convenu avec M. Conus, directeur de Taxis Romontois, nous avons reçu de sa part une nouvelle proposition d'horaires de transports. Ces horaires doivent être contrôlés et leur faisabilité testée sur le terrain», explique ce texte. Comme si une nouvelle chance était donnée à l'entreprise. Ce qui n'est pas ce qui a été annoncé au Conseil intercommunal. Cette manière de fonctionner commence à fatiguer certains. «Nous sommes en situation de crise et dans ce genre de cas il faut une communication adaptée», réagit par téléphone Mathieu Janin, délégué de l'ASIJ et président de l'Association des parents d'élèves, l'APE-Jorat. Laquelle APE vient d'ailleurs décidé, ce mardi 26 septembre, de lancer une pétition pour des transports scolaires plus efficaces.

Les délégués des communes présents à cette soirée sont inquiets, comme les nombreuses familles d'élèves de la région. En cause notamment, la sécurité des enfants demeurant de longues minutes au bord de la route cantonale. «Jusqu'à présent, nous avons pallié le manque de communication en informant nous-mêmes les parents», ajoute Mathieu Janin. Et ce dernier se voit mal réussir à les apaiser pour la suite. D'autant que le communiqué avertit: «Aucune modification des horaires actuels ne pourra être faite avant les vacances scolaires d'octobre mais que la date de démarrage d'une nouvelle mouture sera transmise dès que connue». Le président de l'APE-Jorat insiste: «Honnêtement, je ne suis pas rassuré par ce que j'ai entendu lors de la séance. Il y a des déclarations d'intentions mais aucun calendrier. La réputation de l'ASIJ est en jeu et elle devrait se montrer plus transparente.» Contacté à ce sujet, le président Etienne Cherpillod a déclaré s'en tenir au communiqué et ne souhaite pas s'exprimer davantage.

Date:28.09.2017
Parution: 870

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