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Des chats bientôt sans abri ?

Noville En raison du démantèlement des jardins familiaux dans le cadre de l'aménagement du secteur des Fourches, une colonie de chats, retournés à l'état sauvage, se retrouvera sans lieu où se réfugier. La fondation Chats des Rues espère un geste du canton.

Amoureuses des chats, Jocelyne Anex et Francine Poscio prennent soin de la colonie des chats errants de Noville depuis plus de deux ans. (photo: V. Passello)

Textes: Valérie Passello

Voilà plus de deux ans que la Fondation Chats des Rues (FCR), basée au Bouveret, prend soin d'une colonie de chats harets (voir encadré), qui a élu domicile dans les jardins familiaux du secteur des Fourches, sur la commune de Noville. Mais ces jardins doivent être démantelés dans le cadre de la réaffectation des lieux en zone forêt pour l'aménagement d'un couloir à faune. L'opération a d'ailleurs déjà commencé: ce secteur doit être débarrassé de toute construction au 31 décembre 2017.

Fondatrice et responsable de la FCR, Francine Poscio s'inquiète: «Ces chats n'auront plus d'abri, ils seront désorientés. Aujourd'hui, ils dorment dans certains cabanons ou se réfugient sous des bancs. Nous ne demandons pas grand-chose, mais nous aimerions que l'Etat de Vaud nous permette de conserver un cabanon unique sur place.» La fondation écrira prochainement au canton en ce sens.

Un travail de longue haleine

Alertée en mai 2015 par une grande surface de la zone industrielle toute proche, la FCR a récupéré deux chattes ayant mis bas au sein même du commerce. Prospectant dans les jardins familiaux, les membres de la fondation ont découvert l'ampleur de la colonie: «Au début, nous pensions qu'il n'y avait que quatre ou cinq félins, mais nous nous sommes vite aperçus qu'ils étaient beaucoup plus nombreux», raconte Francine Poscio. Afin d'endiguer leur prolifération, la FCR s'est lancée bénévolement dans une campagne de capture et de stérilisation, aidée par Jocelyne Anex, qui tient elle-même un refuge au Bouveret: «Ces matous sont très craintifs et discrets, il a fallu aller sur place jour et nuit afin de tous les attraper», témoigne cette dernière.

Au total, 18 chats adultes ont été stérilisés aux frais de la fondation et 15 d'entre eux, trop sauvages pour être adoptés, ont été relâchés dans les jardins. Plus de 20 chatons ont en outre été récupérés, stérilisés eux aussi, vaccinés et sociabilisés, avant d'être placés dans des familles. En outre, la FCR se rend quotidiennement sur les lieux pour nourrir la colonie. Tout ce travail a été réalisé grâce aux donateurs privés de la fondation, sans aucune subvention. «Nous avons bien rendu service en stabilisant cette colonie. Mais si le canton refuse de nous accorder ce que nous demandons, nous n'abandonnerons pas ces bêtes pour autant. Nous continuerons à les nourrir», promet Francine Poscio.

Date:28.09.2017
Parution: 870

Le chat haret, presque sauvage

Les chats harets sont des chats domestiques retournés à l'état sauvage, ou nés de parents domestiques, mais ayant toujours connu la vie sauvage. Leur nombre est estimé entre 100'000 et 300'000 en Suisse. À l'instar de la Fondation Chats des Rues, de nombreuses associations s'emploient à capturer ces félins pour les stériliser avant de les relâcher là où elles les ont trouvés: cette pratique vise à limiter leur multiplication, qui pourrait devenir problématique, notamment en termes de maladies pouvant être transmises à leurs congénères domestiques.

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