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Référendum en vue à Epalinges

urbanisme Après de longs mois de débat, le dossier le plus controversé de la densification de la commune, le quartier du Closalet qui prévoit 165 logements pour plus de 350 habitants, a reçu l'aval du législatif. Un feu vert de courte durée puisqu'une semaine après ce vote, ses opposants annoncent un référendum. Réactions.

Une passerelle favorisant la mobilité douce reliera le quartier au centre du village. DR

Xavier Crépon

Le public ne s'est pas trompé en venant assister à cette séance cruciale du Conseil communal, le 26 septembre. Elle aurait pu faire date et mettre un terme à une saga qui aura tenu en haleine pendant presque une année la population d'Epalinges : l'acceptation du quartier du «Closalet» - 165 logements pour 365 habitants- par 37 oui, pour 30 non et 3 abstentions. De quoi ravir les promoteurs immobiliers qui reçoivent enfin le feu vert tant attendu. Pourtant, l'exécutif palinzard n'osait pas crier victoire. «Cela peut encore aller plus loin. Les opposants auront probablement encore des possibilités de contrer ce projet par d'autres mesures. Nous verrons bien.». Intuition confirmée, puisqu'une semaine après ce vote, les détracteurs de la politique urbanistique municipale dégainaient l'arme du référendum (voir encadré).

Le bien de la population

Une issue qui semblait déjà se profiler pendant le Conseil communal, tant les opposants ont une fois de plus dit tout le mal qu'ils pensaient de ce projet. À commencer par le PLR Félix Schmidt qui d'emblée annonce la couleur: «Ce plan n'est pas assez bon et vous devriez le refuser. Les accès aux transports publics n'étant pas réglés, nous savons très bien que dans l'état actuel les transports continueront à se faire en voiture. Et ce n'est pas ce que nous voulons». Avant de renchérir: «Depuis le début de nos discussions, le promoteur immobilier tente d'exclure du débat ceux qui sont contre ce plan de quartier. Il y a eu intrusion dans notre processus de démocratie directe et ce n'est pas acceptable».

Son camarade de parti Christian Terrier lève le voile: «Les promoteurs se comportent comme des requins de l'immobilier. Ils n'ont pas du tout été à l'écoute du voisinage et n'ont fait seulement que quelques concessions mineures. Soyons réalistes, leur seul but est de maximiser leur profit, et non d'agir pour le bien de la population locale».

Tout autre avis pour le Vert Erich Dürst qui n'accepte pas ces accusations: «On veut nous laisser croire que le Conseil s'est laissé embobiné. Je vous rappelle que nous avons pris une décision conformément aux articles de loi. Ces récusations ont été conformes, ne portant uniquement que sur les votations et non sur le débat».

«Nous étions avertis»

Au terme de ces joutes verbales soutenues, les élus se sont prononcés à bulletin secret. Et c'est donc à quelques voix que le préavis est accepté. Mais le soulagement pour la Municipalité et son syndic Maurice Mischler, souvent accusés d'aller trop vite en besogne, sera de courte durée. «Conformément à la loi sur l'exercice des droits politiques (LEDP), nous prendrons position une fois le texte du référendum transmis à la commune», réagit à chaud le syndic à l'annonce de ce référendum. Du côté des promoteurs, s'ils se déclarent satisfaits de l'étape franchie au Conseil communal, ils ne sont pas surpris de la tournure que prennent les événements: «Les opposants nous avaient déjà averti qu'ils lanceraient un référendum, explique Olivier Perrin, de la direction de Crédit Agricole Indosuez. Au vu de la longueur de la procédure pour ce plan de quartier, nous avançons étape par étape, c'est la seule manière de procéder. Un vote populaire nous semble maintenant envisageable puisque les opposants ont déjà réussi à récolter suffisamment de signatures par deux fois par le passé».

Date:05.10.2017
Parution: 871

De 9'400 à 11'000 habitants

La politique urbanistique d’Epalinges est un sujet bouillonnant qui préoccupe le Conseil depuis de nombreux mois. La commune située à proximité d’un centre économique important comme Lausanne doit composer avec l’arrivée de nombreux citoyens dans les années à venir. Epalinges, qui compte 9'400 habitants contre 7'600 il y a dix ans, devrait en totaliser 11'000 si tous les plans de quartier se réalisent. Cette hausse de population oblige à une stratégie de densification, avec en moins d’un an pas moins de quatre plans de quartier à l’ordre du jour du législatif. Une action trop hâtive des autorités, critiquent les opposants, qui se sont armés de pétitions et de motions et autre menace de moratoire pour imposer un temps au débat et à la réflexion. La Municipalité accusée de saucissonner les plans de quartier a dû par conséquent baisser le tempo pour se mettre à l’écoute des élus.

Alors que certains projets comme celui de «La Girarde» (40 logements adaptés pour les personnes âgées ou à mobilité réduite) n’ont pas suscité l’ombre d’un doute au sein du législatif, d’autres comme celui de «La Possession/Bois-de-Ban» (120 appartements répartis sur une vingtaine d’habitations collectives) ainsi que celui du «Closalet» ont été particulièrement discutés. Après délibération, tous ont été acceptés à l’exception de celui des «Planches-Montblesson» (quartier d’habitat multifamilial comprenant 150 logements) qui attend encore l’évaluation de la commission d’urbanisme avant de pouvoir être soumis au vote.

30 jours pour récolter quelque 700 signatures

Enième rebondissement dans ce dossier, les opposant viennent de décider ce 2 octobre de lancer un référendum contre ce plan de quartier du Closalet, jugé comme malficelé: «Il y a de nombreux points à retravailler», estime Christian Terrier, membre de l'Association pour un développement raisonnable d'Epalinges. Conscients qu'il faudra bien un jour des immeubles dans ce quartier, les opposants demandent une reconsidération de la part des promoteurs et de la Municipalité. «Les immeubles prévus en barre de logements ressemblent à des murs en béton. Avec une même densité, nous pourrions avoir des habitations beaucoup plus adaptées à l'harmonie du quartier». À cela s'ajoutent la distance pour accéder aux transports publics, trop importante selon eux, ou encore les problèmes de trafic que peut provoquer une densification de telle envergure. «Trop ancien et pas assez réfléchi», ce plan de quartier «sort tout droit d'un tiroir» selon l'élu PLR. Avant de lancer ce référendum, les opposants devront toutefois attendre l'approbation de ce dossier par le canton. «Le canton va à son rythme. Cela devrait prendre au minimum deux à trois mois. Nous lancerons donc le référendum probablement au début d'année prochaine», calcule Christian Terrier. Pour qu'un référendum aboutisse et soit soumis au vote, la loi impose, pour les communes de moins de 50'000 habitants, que 15% des électeurs le signent dans un délai de 30 jours. «Nous estimons ce nombre à 700 pour l'instant, mais ce sera la Municipalité qui nous donnera le compte exact».

De 9'400 à 11'000 habitants

La politique urbanistique d'Epalinges est un sujet bouillonnant qui préoccupe le Conseil depuis de nombreux mois. La commune située à proximité d'un centre économique important comme Lausanne doit composer avec l'arrivée de nombreux citoyens dans les années à venir. Epalinges, qui compte 9'400 habitants contre 7'600 il y a dix ans, devrait en totaliser 11'000 si tous les plans de quartier se réalisent. Cette hausse de population oblige à une stratégie de densification, avec en moins d'un an pas moins de quatre plans de quartier à l'ordre du jour du législatif. Une action trop hâtive des autorités, critiquent les opposants, qui se sont armés de pétitions et de motions et autre menace de moratoire pour imposer un temps au débat et à la réflexion. La Municipalité accusée de saucissonner les plans de quartier a dû par conséquent baisser le tempo pour se mettre à l'écoute des élus.

Alors que certains projets comme celui de «La Girarde» (40 logements adaptés pour les personnes âgées ou à mobilité réduite) n'ont pas suscité l'ombre d'un doute au sein du législatif, d'autres comme celui de «La Possession/Bois-de-Ban» (120 appartements répartis sur une vingtaine d'habitations collectives) ainsi que celui du «Closalet» ont été particulièrement discutés. Après délibération, tous ont été acceptés à l'exception de celui des «Planches-Montblesson» (quartier d'habitat multifamilial comprenant 150 logements) qui attend encore l'évaluation de la commission d'urbanisme avant de pouvoir être soumis au vote.

Le quartier du Closalet en détails

Situé sur le périmètre compact du Projet d'agglomération Lausanne-Morges (PALM), le «Closalet» s'inscrit dans une politique d'urbanisation qui soutient le dynamisme économique de la région Lausannoise (réd : prévision de 80'000 habitants d'ici à 2030). Face à une demande croissante de logements, ce plan de quartier situé sur 5 hectares à Montéclart prévoit 165 logements qui devraient accueillir pas moins de 365 nouveaux habitants. Au niveau de ses installations, le «Closalet» projette d'aménager une maison de commune ainsi qu'un bâtiment d'activités, en plus de ses 10 immeubles dédiés à l'habitat. L'objectif est clair : favoriser les rencontres entre les habitants.

Un quartier d'une telle envergure pose également des questions de mobilité. Comment ne pas engorger encore plus la route cantonale avoisinante ainsi que le quartier lui-même ? La solution trouvée se résume en un parking souterrain de 244 places. Avec un accès en patte d'oie donnant un accès direct à la route de Berne, le trafic devrait être maîtrisé et le quartier 100% sans voitures. Enfin, une butte-anti-bruit sera aménagée en surface pour protéger les habitants des nuisances sonores, et une passerelle favorisant la mobilité douce reliera le quartier au centre du village.

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