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Impôts à Vevey : « Paroles, paroles... »

Finances publiques Hausse de 3 points d'impôts, hausse de 6 points, référendum spontané, suspension de séance, vote nominatif, demande d'un second débat: le Conseil communal est passé par tous les états d'âme lors de sa séance du 5 octobre. Pour finir par voter une augmentation de 3 points, à 76, ce qui devrait rapporter 3 mios, pour un déficit de près de 6 mios en 2016. Mais au lendemain du Conseil, la droite annonce le lancement d'un référendum visant au maintien du taux fiscal actuel à 73. Ambiance.

 Pour ménager la chèvre et le chou, les autorités veveysannes ont proposé une hausse modérée de 3 points d'impôts et s'engagent à faire des économies de 1,2 mio de frs.DR

Sandra Giampetruzzi

Pour une fois, cela semblait presque acquis. La plupart des partis politiques, de gauche comme de droite, admettaient une hausse d'impôts à Vevey. Certains suivaient la Municipalité pour une augmentation de 3 points du taux d'imposition, d'autres voulaient 6 points et la droite demandait également à ce que cette décision soit soumise au vote populaire. Mais sur le fond, tous s'accordaient à dire qu'une hausse était inévitable. L'UDC par contre faisait cavalier seul et ne voulait pas en entendre parler. Finalement, tout était question de détails et d'ajustement. C'était sans compter qu'à Vevey rien ne se fait jamais comme prévu.

Contraints d'accepter

Au Conseil communal du 5 octobre, tout a commencé par la position de chacun des partis sur ce sujet épineux, une hausse d'impôts pour ramener les finances communales à l'équilibre et sortir de cette spirale d'endettement qui plombe les comptes depuis plusieurs années. Chaque président de parti a présenté ses arguments, à commencer par le PLR qui soutient à ce moment-là le préavis municipal pour une hausse de 3 points d'impôts, même s'il émet des doutes quant aux économies, à hauteur de 1,2 mio de frs, proposées par la Municipalité. Le parti socialiste estime par contre que c'est insuffisant et qu'il faut voter une hausse de 6 points d'impôts, même si cela ne fait pas plaisir, dans le but de ne pas altérer le bon fonctionnement des services communaux et d'assurer des prestations de qualité à la population. Pour Vevey Libre, la situation financière de la Ville n'est pas si catastrophique qu'il n'y paraît et le préavis municipal est jugé convenable. Décroissance-Alternatives, les Verts et le PDC sont également partisans d'une hausse modérée de 3 points. A l'UDC, Bastien Schobinger «partage les inquiétudes face aux finances, mais nous émettons des doutes face à la méthode». Le décor est donné, place maintenant au spectacle.

Ping-pong gauche-droite

Elu UDC lui aussi, Werner Riesen est plus virulent que son colistier en refusant catégoriquement toute augmentation, estimant que c'est à la Municipalité de mieux gérer les finances. «Prenez le taureau par les cornes, car il déteste qu'on brandisse la couleur rouge devant ses yeux», image ce dernier. Du côté de Décroissance-Alternatives, on se pose la question de taxer les manifestations pour augmenter les recettes, mais la mayonnaise ne prend pas. Le parti dépose donc un amendement pour cantonner la hausse d'impôts sur un an et non sur deux comme demandé dans le préavis. À droite, le PLR Christian Roh estime que les mesures d'économies proposées ne sont pas acquises, car elles seront discutées lors du dépôt du budget 2018 et Vevey doit rester attractive: «Notre taux d'imposition est déjà haut. Si nous passons à 79, il y aura danger. Certains citoyens pourraient quitter la commune pour des voisins moins gourmands». Et la gauche de réagir: «Il ne faut pas nous voiler la face. Nous avons besoin de 12 mios de frs annuellement pour tourner et non de 6 mios comme notre marge d'autofinancement actuelle, calcule Cédric Bussy. Augmenter de 6 points d'impôts, ce n'est pas très populaire, certes, mais les faits sont têtus.»

Colère au PLR: «Dans votre campagne, vous, membres de la Municipalité, annonciez une politique de la gauche crédible sans hausse d'impôts. Dalida chantait paroles, paroles, c'est ce que vous nous chantez ce soir», lance Vittorio Marinelli à la Municipalité. Au bout d'une heure de débat, le président du PLR, Patrick Bertschy demande une suspension de séance pour que chaque groupe puisse discuter de sa position.

Le PLR veut reporter le débat

À la reprise, deux amendements sont votés. Celui pour réduire cette hausse à une année et non deux est refusé par 42 non, 39 oui et 2 abstentions. Quant à l'amendement sur une hausse de 6 points d'impôts, il est balayé par 45 non, contre 14 oui et 26 abstentions. Le préavis est ainsi accepté à la majorité tel que présenté par la Municipalité. Etrangement, personne ne demande que l'objet soit soumis au référendum. Et là coup de théâtre, le PLR Patrick Bertschy demande qu'un second débat soit organisé à la séance du 9 novembre afin d'avoir plus d'informations sur les tendances du budget 2018. Le problème est que le dépôt du taux d'imposition auprès du Canton est arrêté au 30 octobre. Il faudra donc organiser une séance extraordinaire ou alors demander une dérogation. «Cette manière de procéder va nuire à notre décision, déplore Antoine Stubi (Verts). Nous allons perdre du temps et nous n'aurons pas d'éléments nouveaux». Finalement, ce deuxième débat est refusé de justesse par 29 voix contre et 27 pour. Aux Veveysans désormais de se prononcer, pour autant que le référendum annoncé aboutisse.

Date:12.10.2017
Parution: 872

133 frs de plus à payer sur sa facture d'impôts

Déficit en 2016: 5,8 mios

Dette nette par habitant à fin 2016:8'077 frs

Taux fiscal après la hausse:76 Recettes supplémentaires estimées après la hausse:3 mios

Augmentation moyenne annuelle sur sa facture d'impôt:133 frs

La droite annonce un référendum

Au lendemain du vote sur la hausse du taux d'imposition, le centre droit, à savoir PLR-PDC et UDC, annonce qu'il n'en restera pas là et va déposer un référendum demandant le maintien du taux 2017 qui est de 73 points. Dans un premier temps, la hausse de 3 points d'impôts telle que votée par le Conseil va être déposée au Canton d'ici au 30 septembre pour validation par ce dernier. Après cette étape, la droite aura 10 jours pour déposer un référendum. «Nous devrons ensuite lancer une récolte de signatures et si nous obtenons le nombre exigé, alors un référendum sera organisé, ce qui nous amènera en 2018, pas avant», estime Patrick Bertschy. La syndique Elina Leimgruber n'est pas étonnée de ce référendum. «La droite l'avait annoncé depuis le départ. Elle n'était pas opposée à cette hausse, mais à condition que la population puisse s'exprimer. Nous avons besoin de recettes supplémentaires pour faire face aux dépenses, non pas les dépenses de la ville qui sont maîtrisées, mais celles liées à la facture sociale et à la péréquation qui ne cessent d'augmenter».

La Municipalité: «Cela ne comblera pas notre déficit»

Le Municipal des finances Etienne Rivier a précisé la position de la Municipalité in corpore. «Je suis heureux d'entendre qu'il y a un consensus qui a l'air de se dessiner. Nous avons énormément travaillé sur les finances communales et nous préférons proposer cette double mesure, hausse d'impôts et économies, mais il est clair que cela ne comblera pas notre déficit. Notre stratégie est de tendre vers l'équilibre, mais il y aura toujours un déficit de 1 à 2 millions de frs, ce qui est normal pour une institution publique. Notre budget 2018 sera équilibré dans le sens où je l'ai dit avec un déficit de 1 à 2 mios».

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