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À la rescousse de la biodiversité

Ormont-Dessus L'Etat de Vaud et Pro Natura ont œuvré de concert à la restauration de deux bas marais dans le secteur du Lac Retaud, au-dessus des Diablerets. Une collaboration inédite, qui s'inscrit parmi les mesures engagées pour la revitalisation de biotopes d'importance cantonale et nationale.

Incarnant la collaboration entre le canton et pro Natura, la Conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro et Michel Bongard se sont rendus au Lac Retaud à la fin des travaux.ARC Jean-Bernard Sieber

Valérie Passello

Coupe de buissons et de petits arbres, tronçonnage de gros épicéas martelés, écorçage et ébranchage de troncs laissés au sol, évacuation des branches, élimination des vernes, débroussaillage: c'est un grand nettoyage dans les règles de l'art qu'ont subi les bas marais de Retaud et des Moilles, sur la commune d'Ormont-Dessus, durant les deux dernières semaines de septembre. Une tâche menée à bien grâce à une collaboration inédite entre le canton et Pro Natura, dans le cadre du projet-pilote Pro biotope (voir encadré).

Ces deux sites font partie des 65 zones du canton figurant à l'inventaire fédéral des bas marais d'importance nationale. Ils abritent une flore et une faune typiques des milieux humides et jouent un rôle clé dans la conservation des espèces. «Les basmarais sont un patrimoine biologique hérité de pratiques ancestrales, ils sont un véritable réservoir de biodiversité. Bien sûr, ces lieux sont protégés, mais ils doivent être entretenus. Ici, on ne parle donc pas de protection, mais de conservation», précise Michel Bongard, secrétaire de Pro Natura Vaud.

Eviter le retour de la forêt

Catherine Strehler-Perrin, cheffe de la division Biodiversité et Paysage à la Direction générale de l'environnement, explique: «Les changements de la politique agricole, le manque d'ouvriers et différents autres facteurs font que les exploitants n'ont plus le temps ou la possibilité d'entretenir ces sites comme pouvaient le faire leurs prédécesseurs, la tâche est devenue trop lourde».

Difficiles d'accès ou laissées à elles-mêmes, les prairies sèches et humides se font envahir de buissons, puis d'arbres, ce qui réduit fortement leur valeur écologique. Dans notre pays, la surface des marais a d'ailleurs diminué de 90% au cours du siècle dernier. «Il y a un point de non-retour: à partir du moment où les sapins sont assez grands, le bétail ne vient plus brouter dans ces endroits et la forêt gagne du terrain», précise Catherine Strehler-Perrin. Désormais, tout a été remis à plat aux Diablerets: afin d'assurer la pérennité des actions engagées, des conventions ont été passées avec des exploitants, pour garantir le maintien des surfaces ouvertes, par une pâture extensive.

60 sites à revitaliser

Le canton de Vaud, qui prépare justement un plan d'action pour la biodiversité, a accepté la proposition de Pro biotope, qui devient un partenaire parmi d'autres, ajoute Catherine Strehler-Perrin: «Nous cherchons à mettre en place le plus de collaborations possible. Nous avons par exemple travaillé avec l'EVAM et les civilistes. Mais, pour certaines tâches, la main-d'œuvre non-qualifiée ne suffit pas. Pro biotope propose une structure professionnelle, avec un encadrement et des mesures de sécurité garanties, nécessaires pour ces travaux de revitalisation». Ces différents partenariats, également avec les groupements forestiers dans certains cas, seront encore utiles au canton pour la suite: d'ici à 2019, il prévoit la revitalisation de plus de 60 objets d'importance nationale, dont 10 bas marais, 9 hauts marais, 3 zones alluviales, 17 sites de reproduction des batraciens, ainsi que 27 prairies et pâturages secs.

Date:12.10.2017
Parution: 872

Des pros au service de la nature

Le concept de Pro biotope a été imaginé et lancé cette année par Pro Natura. Il s'agit de mettre sur pied une équipe de professionnels à même d'entretenir des prairies sèches ou humides. Michel Bongard précise: «Les forces en présence ne sont pas uniquement des bras: les personnes qui pilotent le projet savent ce qu'il faut faire, où et comment». Pour étoffer son équipe d'intervention, Pro Natura a embauché six jeunes en fin d'apprentissage dans le secteur vert, comme l'agriculture, la foresterie ou le paysagisme, qui peuvent ainsi découvrir un autre volet de leur domaine d'activités, tout en étant sensibilisés aux besoins de la nature et du paysage.

Les cantons ou autres institutions peuvent demander des semaines d'intervention, ce que Vaud a fait en mandatant l'équipe de Pro biotope pour débroussailler et dégager les basmarais protégés des Moilles et du Lac Retaud aux Diablerets. Les cantons d'Uri et des Grisons ont aussi bénéficié des services de Pro biotope au cours de cette première année d'activité.

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