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Barnabé, un théâtre à l'agonie

Servion Le 17 septembre, Jean-Claude Pasche, alias Barnabé, annonçait son départ du théâtre qu'il a créé voici plus de cinquante ans. Comédien mais surtout homme à tout faire de cette institution dont il semble aujourd'hui qu'elle arrive à bout de souffle. Un ultime spectacle, la Cage aux Folles, pourra-t-il sauver la situation?

A 77 ans, Barnabé est essoufflé et son œuvre ne fait plus recette.DR

Nina Brissot

Des sous-sols aux réserves, des cuisines à la billetterie, de l'orgue aux locations de costumes, des coulisses à la scène et du haut de forme au bandana, le one man show de Barnabé au sein de son théâtre n'a d'égal que l'énergie surdimensionnée d'un homme doué. Mais à 77 ans, l'homme est essoufflé et son œuvre ne fait plus recette. Le public ayant ces dernières années partiellement boudé la Revue et les soirées spectacle, les recettes étaient à la baisse, suffisamment dégradées pour péjorer une suite. Si bien que le lieu reste fermé, le personnel est licencié, y compris la nouvelle direction, arrivée sans doute un peu tard dans l'idée d'une succession. Plus de sous, plus de travail, plus de théâtre, plus rien.

Vraiment plus rien ?

Arrivées l'an dernier, Nancy Juvet, responsable de la partie musicale, directrice adjointe, et Valérie Bovet, directrice et metteuse en scène, ne désarment pas. Elles travaillent désormais au cachet et tentent de monter «La cage aux folles». Ecrite pour le théâtre par Jean Poiret en 1973, cette pièce du plus haut comique a été jouée plus de 1800 fois et vue par un million de spectateurs avant d'être adaptée au cinéma en 1978 avec le succès que l'on sait. A Servion, elle sera à l'affiche du 17 novembre au 24 février avec l'espoir de relancer ce théâtre sous une nouvelle forme et de le rendre viable.

Fin de règne ?

Un demi-siècle à s'imposer en homme-orchestre, forcément ça laisse des traces. Barnabé est Barnabé. Personne n'a osé, voulu, ni pu jouer trop longtemps les seconds face à cette personnalité si forte. Mais le public lui a changé. Même le rire s'est déplacé. Il a changé de déclencheur. Les vaudoiseries ont fini par dépasser Gilles et Line Renaud a compris, il y a longtemps, que les Revues évoluent et changent. En plus, le pseudo politiquement correct a mis son holà jusque sur les scènes de campagne. Est arrivé un temps où un virage de circuit F1 s'imposait. Las, le véhicule Barnabé est un peu trop resté sur la ligne droite. Alors le public s'est éclairci. Et même si l'homme n'a jamais manqué d'imagination et s'est toujours déclaré prêt à mordre encore dans le gâteau, le cap de viabilité s'est de plus en plus éloigné. Sans doute un crève-cœur pour celui qui a mis sa vie au service de ce théâtre pas comme les autres.

D'autres chances de relancer un théâtre en pleine campagne? Si l'on en juge, toutes proportions gardées sur le plan saisonnier, par le succès du Théâtre de Mézières qui pourtant n'a pas les mêmes facilités de parcage, la réponse est oui. Question de programmation? La réponse viendra en février lorsqu'un bilan pourra être tiré après «La cage aux folles». Nancy Juvet se dit confiante.

Date:19.10.2017
Parution: 873

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