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Des parents portent de lourdes accusations contre l'école

Oron - Palézieux L'association des parents d'élèves a démissionné en bloc fin septembre. Elle dénonce des brimades physiques sur des écoliers, des accidents en cours de sport, des conflits entre élèves et chauffeurs de bus scolaires et un laxisme de la direction. Les autorités, qui ont rassuré les parents par courrier, ne souhaitent pas alimenter la polémique.

Selon un questionnaire envoyé par l'association des parents d'élèves, 58% des enfants seraient malmenés physiquement par un ou plusieurs écoliers. Adobe stock

Valérie Blom

Les parents d'élèves d'Oron et Palézieux sont mécontents. Et pour le montrer, le comité de l'association qui les représente (APE Oron-Palézieux) a démissionné en bloc le 28 septembre, après avoir publié une lettre ouverte de neuf pages sur son site internet. Un texte où elle blâme la direction de l'école et les autorités cantonales.

Harcèlement et strangulation

L'APE Oron-Palézieux dénonce des cours facultatifs à midi, ce qui raccourcissait drastiquement la pause des élèves, ainsi que des exemples de cas particuliers de problèmes avec un professeur. Les membres de l'APE pointent en outre des «accidents graves» survenus lors des activités sportives ou des ennuis liés à la présence de smartphones dans l'enceinte de l'établissement. Les transports scolaires ne sont pas exempts de critiques, troublés par des conflits entre chauffeurs et écoliers au sein des Cars postaux. De plus, avant de grimper dans ces derniers, les enfants patientent de longues minutes sans surveillance. «Il y a quelques jours, un élève a été violemment strangulé durant le temps d'attente du bus devant un collège», mentionne la lettre ouverte.

L'association des parents d'élèves s'est également chargée d'envoyer un questionnaire pour connaître la situation des enfants. Selon les réponses obtenues, il semblerait que 58% seraient malmenés physiquement par un ou plusieurs élèves. Impossible de connaître les résultats en chiffres absolus toutefois. La lettre parle de 35% «d'écoliers brimés», selon des statistiques «de l'établissement scolaire». L'APE a décidé d'interpeller le directeur à propos de harcèlement, lequel aurait répondu que les médiatrices interviennent au cas par cas.

«Les élèves se sentent bien»

Ainsi attaquée, la direction de l'établissement scolaire Oron-Palézieux, qui compte huit sites entre Oron, Essertes et Maracon, rassure les parents dans un communiqué qui leur a été adressé le 4 octobre dernier, signé conjointement par Jean-François Détraz, le directeur, et Christian Bays, président de l'Entente intercommunale scolaire et municipal oronais en charge des écoles. Leur lettre précise: «Nous œuvrons de concert pour offrir aux élèves les conditions cadres qui permettent de s'instruire, de développer leur goût de l'effort et d'exprimer leur potentiel personnel.» Une enquête sur la violence entre les pairs avait été menée et la direction explique: «L'analyse des résultats montre que la majorité des élèves disent se sentir plutôt bien dans notre école.»

Le Département suit la situation

Malgré la gravité de ces accusations et de nombreuses demandes du Régional, la direction de l'école n'a pas souhaité s'exprimer dans le cadre de cet article, sous prétexte des vacances scolaires... Lui aussi contacté par Le Régional, le Département vaudois de la formation réagit, via son porte parole Elie Bugnion: «Sans commenter de cas particulier, nous suivons, en collaboration avec l'établissement concerné, les situations qui relèvent de notre compétence, ceci dans l'intérêt de l'ensemble des élèves et dans le respect des règles en vigueur.»

«Affaire close»

Christian Bays explique qu'il ne veut pas alimenter la polémique. «Notre école n'est pas dangereuse! souligne-t-il. Le travail est fait. Par exemple, concernant les bus scolaires, nous avons rencontré les parents et nous avons trouvé des solutions au cas par cas.» Il précise que la prévention est un travail à long terme, mais qu'il n'existe pas de baguette magique. «Pour moi, l'affaire est close. Nous avons une école sûre et de qualité, et nous avons besoin de sérénité dans le milieu scolaire.» Le municipal n'hésite pas à parler de «parents hélicoptères», qui, telles des pales, tourneraient trop autour de leur progéniture, quitte à leur devenir nuisibles. Depuis la publication de sa lettre ouverte, l'ancien comité est resté injoignable. Impossible donc de vérifier si les accusations portées relèvent de cas particuliers ou d'un réel problème au sein de l'école oronaise, et si l'ensemble des sites sont concernés. Le futur Conseil d'établissement devrait faire la lumière sur ce problème. Constitué de parents, professeurs, sociétés locales et autorités, ce dernier devrait être mis sur pied en décembre 2017, pour permettre le dialogue entre les différentes entités.

Date:19.10.2017
Parution: 873

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