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30 parrains sauvent le téléphérique

Château-d'Oex Grâce à la mobilisation de bienfaiteurs dans la région, qui promettent 300'000 frs à raison de 10'000 frs chacun, les installations de la Braye et son emblématique téléphérique tourneront cet hiver, malgré l'absence de subventions communales.

Malgré la bonne nouvelle, la Braye est en sursis: la concession des remontées mécaniques arrivera à échéance à la fin 2018.DR

Valérie Passello

Le nouveau conseil d'administration de Télé-Château-d'Oex SA (TCO SA), constitué en juillet, ne s'est pas tourné les pouces cet été. Loin de là même, puisqu'il a défendu bec et ongles la cause des remontées mécaniques de la Braye, dont l'avenir semblait voué à l'échec. Son président Didier Morier explique: «L'idée était de réunir une équipe motivée à continuer, quelques membres sont restés, d'autres ont recherché des gens susceptibles de donner une nouvelle impulsion à la société, afin de tenter une action pour que les installations tournent cet hiver».

Le Pays-d'Enhaut se souvient d'un coup de tonnerre au mois d'avril: la Municipalité damounaise décidait alors de ne plus soutenir financièrement TCO SA, entraînant dans la foulée la lourde décision, de la part de la société, d'arrêter immédiatement des installations. Mais depuis lors, le pari a été tenu: l'objectif était de trouver entre 30 et 40 parrains participant au risque à hauteur de 10'000 frs chacun, afin de procéder à la réouverture et d'assurer une couverture de déficit. Jusque-là, la commune versait entre 350'000 frs et 500'000 frs annuels à TCO SA, totalisant une aide de 8,2 mios depuis 2001. «Nous avons estimé à 450'000 frs le coût de la saison: il nous fallait trouver un moyen de parer à l'absence de subventions communales et trouver des liquidités», détaille le président.

Encore 3 mios à réunir

Une trentaine de parrains ont d'ores et déjà amené de l'eau au moulin des remontées mécaniques: un minimum permettant de rouvrir le domaine. Les bienfaiteurs sont des résidents secondaires, des membres de l'Association des Amis de Château-d'Oex, des habitants et des entreprises du Pays-d'Enhaut. Un capital sympathie qui réjouit Didier Morier: «L'enthousiasme est impressionnant. Les gens sont contents, ils prennent des abonnements pour nous soutenir (voir encadré) et nous en avons même qui se proposent pour faire du bénévolat».

Très heureux aussi de la tournure que prennent les événements, le syndic de Château-d'Oex Charles-André Ramseier reste néanmoins prudent: «Nous tenions à ne pas démonter les installations, qui appartiennent à la commune, en attendant que TCO SA trouve une solution. Mais le soutien de la population se poursuivra-t-il sur le long terme?». La question se pose en effet, puisque la concession des remontées mécaniques échoit à la fin 2018. TCO SA devra de nouveau trouver des fonds, soit un minimum de 3 mios nécessaires aux travaux de mise à niveau qui permettront d'allonger la durée de vie des installations d'une vingtaine d'années. «Il est clair que nous jouons un joker, mais cet investissement sera échelonné, je suis confiant», ajoute Didier Morier.

L'incontournable 4 saisons

Positionnée en station familiale, Château-d'Oex se doit de développer son offre pour attirer une clientèle toute l'année, relève Charles-André Ramseier: «Nous sommes en train de déployer un parc d'apprentissage à l'entrée du village, dans lequel nous investirons déjà 250'000 frs cet hiver. En plus, nous travaillons sur un parc ludique pour compléter l'offre au printemps, en été et en automne». S'il n'y a pas eu de grosse perte en termes de chiffres d'affaires lors de la fermeture estivale forcée de la Braye, c'est justement parce que l'offre est faible en été, note Didier Morier: «Nous avons perdu un minimum, mais il est nécessaire aujourd'hui de développer l'offre 4 saisons. Le domaine n'est pas grand, mais nous pouvons imaginer autre chose, nous positionner un peu comme un parc d'attraction pour les familles, par exemple».

Date:19.10.2017
Parution: 873

Un forfait à prix cassé

Pour cette saison et afin d'attirer une clientèle différente, des skieurs occasionnels ou des familles au budget limité, TCO SA lance le «Yeti Pass», un forfait saisonnier à 99 frs pour un adulte et 10 frs pour l'enfant qui l'accompagne. «Jusqu'ici, nos tarifs étaient trop élevés, car liés à ceux de Gstaad. Mais depuis que nous avons rejoint le Magic Pass, dont Gstaad ne fait pas partie, nous avons eu la possibilité de lier nos prix à ce que nous offrons. C'est peut-être un risque, mais passablement de gens le voient aussi comme un abonnement de soutien pour la Braye: les ventes ont bien démarré», indique Didier Morier.

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