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Impôts : reculer pour mieux sauter

Pully Le débat sur une hausse d'impôts est reporté à l'an prochain. Le taux fiscal reste pour 2018 à 61%, tandis que près de 5 mios seront engagés dans différents chantiers.

Nina Brissot

Présidente de la commission des finances, Anne Schranz a résumé la situation de manière très simple au Conseil communal du 25 octobre: «Dans ce contexte relativement défavorable et malgré certaines incertitudes pour le futur, la Municipalité propose de rester quand même au taux d'imposition de 61%. Si elle estime qu'un débat doit avoir lieu sur une possible augmentation des impôts, elle pense qu'il devra plutôt prendre place pour le taux de 2019». Un paradoxe pour certains élus, au vu de la situation financière délicate de la commune, qui aurait pu conduire à une hausse d'impôts: déficit de plus de 3 mios en 2016, autofinancement de tout juste un demi-million, stagnation des recettes, progression de la péréquation et surtout, investissements de plusieurs dizaines de millions, dont la restructuration du centre-ville ou la transformation du Prieuré en hôtel de ville. Le Conseil s'est alors mué en une nuée de carpes et aucune question n'a été posée sur tous les points énumérés par la présidente. Ce préavis a été validé en quelques minutes.

4,7 mios de dépenses

Il a fallu un peu plus de temps pour accorder un crédit de 4,711 millions destiné à la mise en séparatif du réseau d'assainissement, au renouvellement des conduites industrielles et aux réaménagements routiers de différents chemins et avenues ainsi que des collèges. Un ergotage lié à une somme de 200'000 frs pour le réaménagement urbain de C.F. Ramuz a fait dire tout et son contraire au Conseil. Pour certains, Pully quitte «le mieux» en faveur du «rationnel», tandis que d'autres soulignent que, face à 4,7 millions, personne ne peut dire avant la fin du chantier si le budget sera dépassé ou non atteint et que 200'000 frs ne font à ce stade aucune différence. Le préavis a été voté tel que proposé. De même que 252'000 frs ont été débloqués pour la construction d'une station de lavage à côté de la Step, pour les véhicules de la commune, mais aussi de la Police Est Lausannois, du SDIS Ouest Lavaux et de l'ORPCI Lausanne Est, à qui l'utilisation sera refacturée.

Plus de privilèges

Au chapitre des communications, le syndic Gil Reichen a annoncé que tout véhicule stationné sur la place d'Obernai serait amendé. Une forme de privilège permettait jusque-là aux membres de la Municipalité et au président du Conseil d'y stationner les soirs de Conseil. Or, les présidents précédents et quelques autres personnes ont compris qu'il s'agissait d'un privilège à vie. Il est donc supprimé pour tout le monde.

Date:02.11.2017
Parution: 875

Présidence équilibrée

Pour son baptême du feu la présidente UDC Lena Lio a, selon la coutume, fait son discours d'entrée qu'elle a placé sous le signe de l'équilibre. Cette ancienne diplomate, d'origine chinoise, ayant appris le russe et travaillé pour le ministère des Affaires étrangères et pour le chef de l'Etat chinois a appris en 3e langue le français. Et si quelques subtilités lui échappent encore, elle a raconté n'avoir pas tout à fait compris le sens du mot «perchoir» et Google ne l'a pas rassurée en montrant des perroquets sur des barres elle a craint pour son équilibre. Le mot était lancé. L'équilibre, elle l'a qualifié de «métaphore du système politique suisse, formidable machine à produire des équilibres à tous niveaux. Selon elle, cette valeur omniprésente dans les cultures asiatiques a cédé sa place en occident à la performance. Pourtant poursuit-elle, la Suisse considère l'équilibre comme valeur fondatrice. Et pour revenir à Pully, Lena Lio s'est engagée à entendre les sensibilités politiques diverses afin de trouver ensembles les solutions les plus équilibrées.

Seniors à la rue: les dessous d'un dérapage

En fin de séance, la polémique concernant les résiliations annoncées sur des appartements protégés est revenue. D'une part pour tancer la Municipalité sur des méthodes controversées, d'autre part pour la féliciter d'avoir fait marche arrière. Ce qui a donné à la Municipalité l'occasion de recentrer le débat. «Notre volonté n'a jamais été de mettre des seniors à la rue sans préalablement trouver une solution pour eux, ce que nous considérerions comme scandaleux». Le syndic, Gil Reichen a continué: «Notre but était d'anticiper une échéance de 3 à 4 ans. Nous avons ouvert un espace de dialogue, ce qui engage les services de 3 municipaux tous présents lors de la discussion. Deux locataires ont alors mené le bal, y mêlant la presse avant même que nous ayons reçu leur lettre et tout a dérapé. Nous allons étudier d'autres solutions pour les travaux mais le projet d'intérêt public qui devra loger 50 seniors reste et se fera». Demandant la parole, Annie Mumenthaler, l'une des habitantes de ces appartements et également conseillère communale, a tenu à dire que «les seniors concernés n'avaient pas reçu de PV de séance ni réponse à leur lettre». Sur quoi le syndic a rebondi: «Je trouve que vous avez un certain culot. Vous êtes bien la dernière personne à pouvoir vous exprimer dans ce Conseil pour des intérêts personnels. Compte tenu des dérapages provoqués par ces actions, nous avons dû revoir notre position. Chacun recevra notre réponse lorsque nous aurons décidé de ce que nous allons faire. Le dialogue est rompu, vous savez comment.» Personne n'a épilogué.

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