Télécharger
l’édition n°875
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Champion du monde en toute modestie

VOILE Après les 5 jours du Léman en 2015 et le Top Voiles Cup en 2017, le barreur Lausannois Bruno Engel et son équipage viennent de remporter le 8 septembre les championnats du monde de voile 5.5 m en Bretagne. Agé de seulement 27 ans, ce navigateur, qui est aussi jeune propriétaire du Chantier Naval Ygor Yachting de Villeneuve, revient sur cet exploit et sur sa pratique de ce sport d'élite.

Champion du monde en toute modestie

Jonathan Corbillon

En véritable passionné de bateaux en bois, Bruno Engel compte plus de 100 jours de navigation en 2017. Un véritable record si l'on tient compte de son statut d'amateur et des conditions de cette année. Un travail ou une passion qui ont permis à son équipe, qu'il forme avec Bruno Allamand et Antonin Bocherens, de remporter le titre mondial de la catégorie au gouvernail d'un yacht classique de 5.5 mètres pour le moins atypique et rempli d'histoire pour son propriétaire. Retour sur ce sacre et sur l'incroyable aventure de trois copains.

Quelques semaines après ce titre, comment vivez-vous cet exploit?

> C'est marrant parce qu'au final, on a toujours de la peine à y croire. Au départ, nous ne devions même pas participer à ces championnats puisqu'ils étaient prévus aux Bahamas. Nous n'avions pas le budget pour nous y rendre et bien sûr aucune prétention de victoire. Lorsque l'organisation a été déplacée en Bretagne pour des raisons météorologiques, nous avons alors envisagé un voyage éclair! Depuis, tout est allé très vite... Nous sommes partis en voiture à l'aventure. Ce n'est qu'à partir du deuxième jour que nous avons commencé à y croire. Jusqu'au dernier moment, nous ne savions pas que nous avions gagné! C'est quand des amis me disent aujourd'hui que nous sommes les meilleurs en catégorie classique sur la planète que je réalise.

Parlez-nous un peu de cette compétition et du parcours

> C'est une compétition internationale et nous ne savions pas du tout quel serait notre niveau. Avant de nous rendre à Bénodet, en Bretagne, nous n'avions pas vraiment mesurer notre bateau à d'autres classiques et c'était donc difficile de nous situer. Naviguer contre des modernes, c'est juste incomparable et nous l'avons remarqué dès notre début de compétition. Le premier jour, nous avons remporté la manche avec un très bon temps. Puis le second jour, la course a failli être annulée et les conditions étaient très dures, nous avons dû tout risquer, même notre bateau, pour ne pas perdre de points. Nous avons ensuite terminé dans le duo de tête tout le reste de la compétition. Mes collègues ont vraiment fait un travail extraordinaire.

Votre équipe, justement, quel est son point fort?

> Cela fait six ans que l'on navigue ensemble. Ce sont mes amis et tous les deux sont extrêmement importants dans les succès de notre bateau. Antonin, le stratège, a fait un parcours sans faute et Bruno, le skip, a parfaitement géré les manœuvres. Bien souvent, le prestige revient au barreur, mais dans mon cas, je peux vous assurer que c'est le travail d'équipe qui nous a menés à la victoire. Nous faisons, tous les trois, partie du même club de voile (Villeneuve) et nous sommes très complémentaires.

Date:02.11.2017
Parution: 875

Une «épave» devenue champion du monde

Bruno Engel raconte l'histoire du bateau qui lui a permis de devenir champion du monde :
> «Un jour, un client me téléphone pour me dire qu'il avait un yacht de 5.50 m. à donner. En véritable passionné de bateaux classiques, je me suis rendu sur place et je suis tout de suite tombé amoureux de «l'épave» (photo). Nous avons alors navigué pendant une année dans son état et nous avons décidé de le refaire à nos heures perdues. Il aura fallu 5 mois et demi pour restaurer le bateau de toutes pièces et lui redonner une seconde vie. Au final, c'est donc avec une ancienne épave que nous avons participé à ces championnats. Cela nous a également permis de remporter le titre de meilleur bateau classique avec safran à la quille (positionnement inhabituel pour des bateaux de compétition).»


Et pour la suite?
> «Nous aimerions participer aux prochains championnats du monde pour y défendre notre titre! Le rêve serait ensuite de participer à des championnats d'Europe avec des bateaux plus grands ou de trouver un autre vieux bateau à restaurer; je suis vraiment amoureux de ces vieux modèles en bois et je suis toujours à la recherche de nouveaux défis!»

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio