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La STEP n'est pas en odeur de sainteté

Villeneuve La construction d'une STEP régionale prévue sur le territoire communal causera-t-elle des nuisances olfactives? Et quelle sera la consommation d'énergie nécessaire à l'acheminement d'eaux usées depuis Vevey? Et l'emplacement choisi est-il judicieux? L'exécutif répond aux doutes émis par l'UDC sur ce projet devisé à 250 millions.

Michel Oguey (debout) invite le Conseil communal à faire preuve de patience, le projet de STEP régionale étant encore «dans sa phase embryonnaire».

Textes et photo: Valérie Passello

«Ne rien faire serait irresponsable. Pour les générations futures, nous devons aller de l'avant», déclare le municipal villeneuvois de l'épuration Michel Oguey. Le 2 novembre au Conseil communal, l'exécutif répond à une interpellation de l'UDC, baptisée: «STEP unique: l'argent a-t-il une odeur?». Le texte contient 13 questions, remettant en cause la future STEP régionale, censée à l'avenir traiter les eaux usées de Vevey, Clarens et Roche sur le territoire de Villeneuve (voir encadré).

Sceptique face aux arguments de la Municipalité, l'UDC Alexandre Pastore oppose: «De mon point de vue, la réflexion doit être approfondie. Il me semblerait plus judicieux de restaurer les trois STEP existantes. Le transport d'une telle quantité d'eaux usées ne me paraît pas crédible en termes de coûts, ni au niveau de la consommation d'énergie. De plus, l'investissement pour l'installation d'un tuyau sous le lac sera probablement énorme». Pourtant, dans sa réponse écrite, la Municipalité se veut rassurante: «Grâce à ces nouvelles installations, le coût global du traitement des eaux usées au mètre cube sera plus bas», indique-t-elle. Le projet étant «dans sa phase embryonnaire» et le montant dévolu à la conduite sous-lacustre pas encore devisé, Michel Oguey invite en outre le législatif à laisser du temps au temps.

« On est loin de Coco Chanel »

Dans son interpellation, le groupe UDC se montre préoccupé par les éventuelles nuisances olfactives. «C'est le problème principal. On est loin de Coco Chanel, il ne faut pas se mentir, appuie Alexandre Pastore. Il est du devoir de la Municipalité d'exiger une STEP sans odeurs». Là encore, la réponse de l'exécutif, annonçant que «le projet prévoit une désodorisation dans la première phase de traitement», ne fait pas mouche. Ayant travaillé dans le domaine, le conseiller communal indique qu'en plus de l'étape initiale, les autres phases de traitement des boues d'épuration sont aussi malodorantes, soupçonnant le SIGE (Service Intercommunal de gestion) de préparer une solution «bon marché».

Quant au terrain choisi pour l'implantation de la future STEP, qui induira le déplacement des stands de tir qui s'y trouvent, la Municipalité est claire: «Toutes les alternatives étudiées présentaient des contraintes insurmontables (...) celle retenue est la meilleure, elle est également soutenue par le canton. Le coût de déplacement des installations de tir n'a pas encore été estimé, cependant, c'est le SIGE qui les prendra à sa charge».

Date:09.11.2017
Parution: 876

Un projet à 250 millions, dont 100 millions à la charge des communes

Le projet de future STEP régionale est piloté par le SIGE. Il vise à remplacer trois structures vieillissantes, à savoir celles du Pierrier à Clarens, de Jacquetan à Roche et de l'Aviron à Vevey. Les eaux usées provenant de ces lieux seront acheminées jusqu'à la nouvelle installation via une conduite sous-lacustre d'une vingtaine de kilomètres.

La STEP régionale sera équipée de manière à traiter les micropolluants, en adéquation avec les normes en vigueur. Le directeur du SIGE Eric Giroud relève: «L'installation sera dimensionnée pour 180'000 équivalents-habitants et répondra ainsi aux besoins de la population jusqu'en 2040». Son coût est estimé à 250 mios de frs. Des subventions cantonales et fédérales sont attendues, respectivement à hauteur de 70 mios et 80 mios. Le reste sera assumé par le SIGE, qui approvisionne un fonds de réserve en ce sens depuis plusieurs années. Ce dernier est doté de 36 mios à ce jour.

Selon Eric Giroud, exiger de procéder à une désodorisation de toutes les phases d'épuration «n'est pas réaliste pour une installation en extérieur». Il ajoute que la structure prévue ne devrait pas générer une importante émanation d'odeurs. Quant à la consommation d'énergie requise pour le pompage des eaux usées dans la fameuse conduite, le directeur du SIGE relativise: «Il faut voir les choses de manière globale: sur l'ensemble, le coût de la consommation énergétique sera significativement réduit».

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