Télécharger
l’édition n°877
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Et si un bon moral remplaçait la fumette ?

Villeneuve Une antenne du programme du CHUV, baptisé «DEPART», propose écoute et accompagnement à des jeunes de 12 à 20 ans consommateurs de cannabis, d'alcool ou d'autres substances psychotropes. La consultation vise à réduire l'impact que peut avoir la prise de produits sur la vie privée, scolaire ou professionnelle des adolescents concernés, ainsi que sur leur entourage.

Line Guillod (à g.) et Yelitza Christinat instaurent un rapport de confiance avec les jeunes, offrant écoute et confidentialité. 										     V. Passello

Valérie Passello

DEPART, comme «nouveau départ», mais aussi historiquement un acronyme dont la terminologie a évolué à ce jour en «repérage, évaluation et accompagnement d'adolescents consommateurs de substances». Ce programme proposé par le CHUV existe depuis une dizaine d'années et l'une de ses antennes a ouvert ses portes en 2013 à la Place de la Laiterie à Villeneuve. Si le dispositif est bien connu du réseau scolaire, médical, éducatif, social ou judiciaire, peu de familles font appel à ses services.

Pourtant, la consultation s'adresse à tous, précise la pédopsychiatre et coresponsable du programme Line Guillod: «Il est vrai que peu de jeunes en difficulté viennent d'eux-mêmes, mais nous comptons sur l'inquiétude de leur entourage. Les parents peuvent être partie prenante lors du premier rendez-vous avec l'adolescent. Nous allons tenter de voir ce que sa consommation signifie. Souvent, ce n'est qu'un symptôme d'autre chose, comme d'un mal-être par exemple».

Valoriser et motiver

Trois à cinq entretiens, financés par la santé publique, seront nécessaires pour jauger la situation, décrit l'assistante sociale-thérapeute de famille et intervenante socio-éducative Yelitza Christinat: «Nous offrons un espace confidentiel et sans jugement. L'idée est de poser aux jeunes des tas de questions globales, afin d'évaluer l'importance de leur consommation. Ensuite, soit nous les accompagnons nous-mêmes, soit nous les adressons à un service spécialisé, en fonction des cas». Dans la grande majorité, les ados concernés sont des fumeurs de cannabis qui, parfois, associent joints et alcool.

Deux types de consommation sont à distinguer: festive ou chronique. «Dans le premier cas, nous essaierons plutôt de calmer le jeu avec la famille. Souvent, les parents ne voient plus que le problème. Ils focalisent là-dessus, oubliant que leur enfant est une personne», relève Line Guillod. Si la prise de produits s'avère plus régulière, l'action consistera à limiter son impact sur la vie scolaire ou professionnelle du jeune, en utilisant des outils motivationnels et en favorisant l'insertion. Les participants au programme ne seront pas contraints à l'abstinence, mais accompagnés dans leur propre processus de changement. «Nous chercherons ensemble des moyens de remplacer leur consommation par autre chose, en valorisant leurs compétences dans des domaines qui les intéressent. Lorsqu'ils se sentent mieux ou plus confiants, la substance prend naturellement moins de place», observe Yelitza Christinat.

S'il est difficile de quantifier précisément l'efficacité de la démarche, elle a néanmoins le mérite d'aider au repérage précoce de situations susceptibles de devenir plus graves. Elle permet aussi à des jeunes de mieux analyser et comprendre leurs comportements, dans un environnement bienveillant. Et Line Guillod de conclure sur un message d'espoir: «Parfois, rien que le fait de trouver une petite copine entraîne l'arrêt total de la consommation chez un adolescent! Ils sont à un âge où tout est possible et où les choses peuvent changer très rapidement».

Date:16.11.2017
Parution: 877

Dans ce dossier

Documents

Vidéo
Documents audio