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Par défi et par amour, Nicolas Kissling écrit

Oron-la-Ville Nicolas Kissling est l'heureux gagnant du Lion d'or, le mérite de la commune d'Oron pour son premier roman, «Le grand projet». Rencontre avec cet amoureux des fleurs comme des mots.

Propriétaire de Kissling fleurs à Oron-la-Ville, Nicolas Kissling a une passion pour les bonsaïs, qui, «comme l'écriture, exigent de la patience, de l'attention...»DR

Valérie Blom

On le sent soulagé. Soulagé, fier et heureux. Pour finaliser son premier roman, «Le grand projet», Nicolas Kissling s'est imposé beaucoup de rigueur. Il a passé des heures la plume à la main, puis derrière un écran pour parvenir à une mouture de qualité qu'il a osé envoyer aux maisons d'éditions romandes. C'est celle veveysanne de l'Aire qui lui a répondu favorablement. Le 9 décembre, l'Oronais recevra le Lion d'or, le mérite de la commune. «Je ne m'y attendais pas du tout! confie-t-il humblement. Je remercie la Municipalité de récompenser des démarches artistiques. C'est une bonne chose.»

Le graphiste devient fleuriste

Si le stylo n'est jamais demeuré bien loin du fleuriste d'Oron-la-Ville, il n'a pas tout de suite déterminé sa vie. Enfant de jardiniers, déjà propriétaires du magasin Kissling fleurs, il a souhaité suivre sa propre formation dans le graphisme. «En rigolant, j'ai soufflé à ma famille que si elle avait besoin de moi, je voulais bien revenir!» Il n'a pas fallu le dire deux fois à ses parents, qui se sont empressés de lui confier une place dans l'entreprise, puis plus tard la gestion entière de l'enseigne. «Je me suis pris d'amour pour les bonsaïs et j'en suis devenu spécialiste, explique-t-il. Comme l'écriture, ils exigent de la patience, de l'attention, et les résultats ne sont pas toujours visibles de suite...»

Par défi et par amour, il s'aventure dans son propre «grand projet». Il avait déjà tenté de finaliser un roman, sans parvenir au bout. «J'ai besoin de structuration, note-t-il. De préparer un plan afin de savoir où je vais. Une sorte d'enclos dans lequel je peux courir librement.» L'art a toujours fait partie de sa vie, mais un soir, il en ressent l'appel, et cherche à savoir comment lui ouvrir à nouveau la porte. «Ma femme m'a proposé de dessiner une BD, mais je n'étais pas certain de manier suffisamment bien le crayon papier. J'ai alors pensé à un roman. Mon épouse m'a mis au défi. Je me suis donc lancé!»

De l'Italie au barrage de Rossens

Il a voulu raconter une histoire de famille et l'a créée de toute pièce. Son ouvrage évoque le destin croisé d'un père et de son fils, qui ne se sont malheureusement pas connus. Le père, un immigré italien, est arrivé en Suisse pour la construction du barrage de Rossens. Mort avant que son fils ne grandisse, ce dernier reniera sa filiation. Les confidences croisées tantôt de l'un et de l'autre permettront de découvrir le secret d'un trésor et les raisons de l'issue dramatique de l'un des protagonistes. «J'ai longuement discuté avec des amis italiens pour être au plus proche de la réalité des chantiers, de l'immigration, des conditions de vie rudes...», évoque Nicolas Kissling.

Il a dû jongler entre son travail et sa famille – il est papa d'une fille de 6 ans – pour pouvoir finaliser son ouvrage. «J'écrivais souvent le matin. Le soir impossible, j'étais trop vidé.» Désormais, il songe à l'après. «L'appétit vient en mangeant! Je souhaitais surtout arriver au bout de ce roman. Désormais, la plume me démange. J'ai déjà des idées...»

Date:23.11.2017
Parution: 878

Les Lions d'argent et de bronze vont au sport

Outre ce Lion d'or, la commune d'Oron a décerné deux autres prix: le Lion d'argent à Lucas Légeret, qui s'illustre en sport automobile, tandis que le Lion de bronze revient à Jules Morard, qui pratique le vélo trial en catégorie benjamin. La nouvelle formule de la commune pour récompenser les candidats a trouvé son rythme de croisière. En 2015, il n'y avait pas eu de mérite, faute de candidats. Depuis, la Municipalité a élargi ses critères.

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