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Des loyers abordables, oui, mais pour qui?

Blonay Le feu vert à la construction près de la gare de 40 appartements à loyers abordables, dont 18 protégés, sème le doute. Croyant voter sur une simple promesse de droit de superficie, les élus auraient surtout voulu débattre des futurs critères d'attribution de ces logements. Sans succès, faute d'explications de la Municipalité. Un vice de forme et une annulation du vote ont été évoqués. Explications.

«Il pourrait y avoir un vice de forme.»

Aline Ecuyer

«Ces messieurs du cabinet de conseil du M&R étant rémunérés à l'heure, je vous propose d'inverser le traitement des sujets à l'ordre du jour», suggère le président du Conseil Communal de Blonay en préambule de la séance du 28 novembre. Amusés, les élus acceptent de reléguer en seconde partie de soirée l'épineux sujet de la route des Boulingrins (voir encadré ci contre) et d'empoigner d'emblée la construction de 40 appartements sur une parcelle proche de la gare, qui abrite actuellement les locaux de la voirie. Des 2,5 à 4,5 pièces, dont 18 protégés, sont prévus, avec des loyers allant de 1'300 frs à 2'100 frs. Le rez de chaussée de ce terrain proche de la gare sera occupé par une surface de vente de la compagnie de train MVR (Transports Montreux Vevey Riviera), qui exploite notamment la ligne Vevey-Blonay-Les Pléiades.

Dimension sociale

Un projet devisé à 11,8 millions de frs, entièrement financés par la Fondation Equitim, avec un double objectif: fournir au marché des nouveaux logements à la classe moyenne et les attribuer en priorité aux personnes qui sont fortement attachées à la commune. Le dossier repose sur l'octroi d'un droit distinct et permanent de superficie. Un procédé qui permet à la commune de conserver la propriété de la parcelle, qu'elle loue à cet investisseur pour y ériger des logements dont il est lui propriétaire et assure la gestion. En contrepartie, la commune encaisse une indemnité annuelle. De 186'000 frs la première année, puis de 31 % des revenus locatifs par la suite. Avec une dimension sociale, puisque près d'un tiers de ces recettes alimentera un fonds d'aide communal pour les locataires les plus modestes, selon des critères d'attribution qui seront définis par la commune, mais ultérieurement.

Longue hésitation

C'est précisément cette question des conditions d'octroi des logements qui a surtout retenu l'attention des élus. Sans réponse de la Municipalité, faute de documents concrets. D'où cette parade du municipal Bernard Degex: retirer cette problématique de celle de l'octroi du droit de superficie soumis au vote ce soir, et débattre de ces critères d'attribution au moment de conclure l'acte définitif. Une proposition qui sème le doute au sein de l'assemblée, laquelle vote toutefois un amendement en ce sens. Reste que, au moment du scrutin, certains élus réalisent que leur vote a porté sur la signature, alors qu'ils croyaient voter sur la promesse. C'est Vincent Beringhs (Les Verts et ouverts), qui réagit le premier: «En fait, nous venons d'accepter que la Municipalité signe la promesse et le contrat définitif?», interroge-t-il. Après une longue hésitation, le président confirme, sous les étonnements de la salle. «Il pourrait y avoir un vice de forme», avertit Vincent Beringhs, qui sur le moment promet d'interpeller l'exécutif et, cas échéant, d'exiger une annulation du vote.

Investisseur rassurant

Pourtant, le préavis est clair, ce soir, le vote portait sur "l'autorisation de la Municipalité à signer un droit distinct et permanent de superficie (DDP)". Si la signature de la promesse devrait intervenir début 2018, le permis de construire est espéré pour juin 2019, suivi en août de la signature du droit de superficie final. D'ailleurs, quelques jours plus tard et après réflexion, Vincent Beringhs renonce à contester ce vote, préférant «ne pas entraver un bon projet.»

«Maintenant, nous allons pouvoir aller de l'avant et lancer les études en vue du permis de construire», s'enthousiasme Daniel Moser, représentant de la Fondation Equitim, contacté par Le Régional au lendemain de ce scrutin positif. Même s'il admet avoir «entendu les préoccupations sur la convention d'attribution», il rassure: «Notre objectif est de collaborer étroitement avec les communes, notamment sur ces questions de conventions.»

Date:07.12.2017
Parution: 880

«Les Verts n’ont pas le monopole de la mobilité douce»

Avec 36 voix contre 7, les élus acceptent le préavis sur l’aménagement du chemin des Boulingrins lors de ce même Conseil du 28 novembre. Le plaidoyer de Sylvain Guillaume-Gentil (GIB) pour un «projet très bon mais pas parfait», largement applaudi, et l’engagement de la Municipalité pour un aménagement mixte et adapté de la zone dévolue à la mobilité douce ont convaincu une majorité des élus d’aller de l’avant. 609'000 frs seront investis pour élargir la route encaissée entre l’autoroute et le domaine du Château de Hauteville. Les protestations des Verts pour une piste cyclable plus sécurisée sont restées lettres mortes (lire Le Régional 876). «Le projet tel que présenté a été avalisé par Pro Vélo, ce n’est pas rien» a précisé Sylvain Guillaume-Gentil. 

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