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Le permis de construire du collège est délivré, mais...

Vevey Le 4 décembre, la Municipalité a décidé de lever les oppositions à la construction du collège de Gilamont et à la création de 30 places de stationnement situées dans l'ancien préau du collège des Crosets. Mais les opposants annoncent un recours.

Le futur collège doit accueillir 800 élèves et proposer une aula de 280 places ainsi qu'une bibliothèque communale.

Sandra Giampetruzzi

Le projet du collège de Gilamont avance à tout petits pas. Initié en 2012 pour répondre au besoin d'infrastructures scolaires dû à l'augmentation des élèves à Vevey, sa construction se heurte à une poignée d'opposants qui conteste l'emplacement choisi. Pour rappel, ce nouveau bâtiment scolaire, devisé à 60 mios de francs, devrait accueillir 800 élèves. Il est prévu d'y créer 60 classes, une salle de gym triple, la bibliothèque communale et une aula de 280 places.

38 oppositions levées

Depuis que le projet a été dévoilé, un ping-pong devant les tribunaux s'est engagé entre autorités et opposants. Les principaux griefs concernent l'augmentation du trafic dans le quartier et les dangers naturels avec une possible montée des eaux de la Veveyse. Le tribunal avait partiellement donné raison aux opposants et demandé aux autorités des études complémentaires sur ces deux points, documents que la Municipalité a fournis et qui ont été avalisés par le canton. La Municipalité a alors mis à l'enquête publique le projet du collège, avec à la clé 39 oppositions à la construction du bâtiment et 2 oppositions contre la création de 30 places de stationnement. Après rencontre avec les opposants, deux oppositions au collège et une opposition aux places de parc ont été retirées.

«Les habitants n'en verront jamais la couleur»

Mais avant de lever les oppositions, la Municipalité attendait la décision du Conseil communal du 9 novembre concernant l'aménagement de l'espace public aux abords du futur collège. Celui-ci ayant été accepté, la Municipalité a informé le 5 décembre les opposants qu'elle avait délivré le permis de construire du futur collège. Ces derniers peuvent encore faire recours à cette décision. «Je ne peux pas encore me prononcer sur la suite à donner, car j'ai reçu la levée de mon opposition le 6 décembre et je n'ai pas encore eu le temps de prendre connaissance des motifs invoqués par la Municipalité. Jusque-là, je n'ai pas été convaincu par l'aspect réglementaire (règlement obsolète) et sécuritaire. Quant au superbe projet de réaménagement des rues voisines, je reste persuadé qu'il ne s'agit que de l'emballage-cadeau pour faire passer le collège. Les habitants du quartier n'en verront jamais la couleur», affirme Christian Reymond, un des opposants de la première heure.

L'association Les Amis de Copet, regroupant les riverains du site qui résident pour la plupart sur la commune de Corsier, risque elle aussi de ne pas lâcher le morceau si facilement: «En principe, un nouveau recours devrait être déposé d'ici à la fin du mois», précise Pierre Chiffelle, avocat de certains opposants. Motif: le collège de Gilamont ne répond pas au Plan général d'affectation et «il aurait au moins fallu déposer un Plan partiel d'affectation pour ce projet. Il aurait ainsi pu faire l'objet d'un référendum, mais cela n'a pas été le cas», déplore l'avocat veveysan.

L'intérêt public doit primer

Dans ce dossier, la Municipalité déplore surtout les délais liés à ces procédures. «Le retard pris sur la construction du collège de Gilamont est préjudiciable à plus d'un titre, relève la syndique Elina Leimgruber. Dans la planification initiale, le collège aurait dû ouvrir ses portes pour la rentrée d'août 2017, évitant toute construction de pavillons scolaires provisoires pour faire face à l'augmentation avéré du nombre d'élèves et permettant dans le même temps le lancement des rénovations nécessaires du bâti scolaire existant. L'intérêt purement privé dictant la conduite de quelques opposants met à mal l'intérêt public et le respect des obligations légales de la commune en matière d'accueil scolaire». Christian Reymond réfute cette analyse: «L'intérêt public? Selon la loi fédérale, la réalisation de la salle de gym en-dessous du niveau du cours d'eau n'est pas possible. La sécurité des occupants ne sera jamais assurée à cet endroit. La qualité du projet n'est pas en cause. D'autre part, il s'agit d'un projet surdimensionné par rapport aux besoins. En tant qu'ancien instituteur, je pense que des petits collèges sont plus faciles à gérer et permettent d'éviter les problèmes d'incivilité et de délinquance». Le sort du collège dépend donc des opposants, mais si aucun recours n'est déposé, le chantier pourrait démarrer à l'été 2018, avec une mise en service à la rentrée d'août 2021.

Date:14.12.2017
Parution: 881

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