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Et si de telle intempéries se reproduisaient ?

Gestion de crise Avec 15 jours de recul sur la tempête qui a frappé le Chablais, Denis Froidevaux, qui commandait l'Etat-major d'intervention, tire un bilan positif de la gestion des évènements. A l'exception du train bloqué qui aurait dû être signalé plus tôt, l'officier ne changerait rien si une situation aussi extrême devait se reproduire.

Le groupe météo Vaud n'avait pas prévu que le foehn tournerait mal localement, en formant de sérieuses congères.DR

Valérie Blom

Cinq heures pour 15 km entre Monthey et Collonges, deux heures trente entre Fully et Massongex (23 km) ou une heure trente de Monthey à Bex (6 km). «Et encore, car j'ai pu feinter par les petites routes!», témoigne une Bellerine. Dimanche 10 décembre, le foehn a surpris la région est du Chablais, en formant de nombreuses congères sur les artères cantonales, l'autoroute et les rails. Résultats: un train bloqué à la hauteur de Bex, 2'000 voitures coincées sur la A9 - qui sera ensuite fermée - et probablement autant dans les embouteillages des axes secondaires. Pour faire face à cette situation, même localisée entre Bex et Vernayaz, l'Etat-major cantonal de conduite (EMCC) vaudois a été engagé.

Pas de blessé, bilan positif

«Nous avons été alarmés dimanche après-midi vers 14h30, explique le commandant Denis Froidevaux, chef du Service de la sécurité civile et militaire (SSCM) et commandant de l'EMCC. Dans une situation aussi complexe sur le plan météorologique, on peut difficilement anticiper.» Le groupe météo Vaud, organe spécialisé de l'EMCC, n'avait pas prévu que le foehn tournerait mal localement, en formant de sérieuses congères. Il a néanmoins pris la mesure du problème et l'EMCC est rapidement monté en puissance, mobilisant des moyens supplémentaires, comme des hommes de la protection civile. Si une telle situation devait se répéter, Denis Froidevaux ne changerait qu'un seul point: «Nous aurions dû être avertis beaucoup plus rapidement du train coincé vers Bex. Il s'est arrêté vers 16h30 environ et nous aurions dû être avertis dans les trente minutes. Mais c'est un détail dont nous discuterons avec les CFF.»

Le citoyen doit faire preuve de résilience

Pour le reste, Denis Froidevaux est satisfait. Il n'y a pas eu de blessé et la coordination entre les différents acteurs s'est bien déroulée. «Très vite nous avons pu informer la population et la presse. Nous aurions pu le faire plus rapidement s'il avait été possible d'anticiper les affres de la météo.» Le but de l'EMCC est d'éviter le «surévènement», soit les problèmes qui s'ajoutent à la situation initiale. «La priorité allait au train bloqué, aux personnes coincées dans leur voiture sur l'autoroute et aux habitants de Morcles. Il n'y avait rien à faire concernant la route cantonale, réguler le trafic n'aurait pas aidé. Nous comptions aussi sur les citoyens, leur demandant de la résilience. S'ils le pouvaient, il fallait éviter de se déplacer et rester chez soi.»

Denis Froidevaux explique que le rôle du citoyen est primordial: la base consiste à ne pas quitter son véhicule, qui doit être équipé de pneus d'hiver. «Il faut être soi-même habillé en fonction de la météo et évidemment, la solidarité et l'entraide mutuelle sont les clefs du succès.» Avec les nombreuses voitures bloquées, il ne fallait pas hésiter à aider quelqu'un à se sortir d'une situation délicate.

Et si la météo s'était déchaînée un lundi? «La situation aurait été beaucoup plus compliquée, développe le commandant. Des personnes auraient probablement dû renoncer à se rendre au travail. Nous aurions été encore plus proactifs en encourageant les gens à demeurer chez eux.» Les CFF auraient également dû prendre en charge tous les pendulaires restés en rade à la gare.

Date:21.12.2017
Parution: 882

A Bex, la Municipalité était prête

A Bex, la salle polyvalente a servi à accueillir une partie des passagers du train en panne. «C'est la Protection civile (PCi) qui nous a demandé si nous avions des locaux pour y envoyer les gens, raconte le syndic Pierre Rochat. Nous avions également prévu de mettre au besoin à disposition les salles de gym, mais cela n'a pas été nécessaire.» La PCi s'est également chargée de la nourriture et des boissons. «Le seul aspect compliqué était le déblayage des routes. Tout le monde essayait de s'échapper après la fermeture de l'autoroute. Mais c'était impossible d'éviter le trafic.»

durant ce dimanche exceptionnel

J. Pellaton, Ollon: «Départ de Massongex à 18h30 après avoir pellé pour pouvoir sortir la voiture pour ramener mes grands-parents à St-Maurice. Nous nous sommes retrouvés dans un bouchon. Étant parti avec 50 km d'autonomie d'essence, j'ai laissé tourner le moteur la première heure pour nous tenir tous au chaud. Mais après, voyant la jauge descendre drastiquement, j'ai décidé de préserver mon essence pour éviter de tomber en panne sèche. Après 3h30 d'attente sans pouvoir bouger, miracle les voitures redémarrent et j'ai pu voir qu'un trax avait été mandaté pour pouvoir déblayer une énorme congère. Je suis arrivé à 22h chez mes grands-parents, sains et saufs mais un peu frigorifiés.» Tania M., Massongex: «Mon père est allé de Massongex à St-Maurice pour aller chercher ma mère après le job. Il est parti de la maison à 18h et est arrivé à St-Maurice à 22h.» Marie-Laure M., Aigle: «La galère totale pour rentrer de Zermatt!»

L'Etat-major de conduite gère les catastrophes

L'Etat-major cantonal de conduite intervient lors de situations particulières, planifiées ou non. Il peut s'agir d'importantes manifestations, telles que la Fête des Vignerons, les Jeux olympiques de la jeunesse ou d'accident comme le train déraillé à Daillens (2015) voire dans le cas d'intempéries graves comme celle du 10 décembre dernier. Chaque canton est sensé disposer d'un système qui cherche à garantir la sécurité et la sûreté (security & safety) des citoyens quelle que soit la situation. Sur Vaud, l'EMCC est l'instrument de gestions des situations dépassant le courant normal quelle que soit leur nature. Son noyau est composé d'officiers spécialistes, des partenaires métiers de la protection de la population. De fréquentes formations, exercices, simulations et engagements garantissent à la population vaudoise et aux autorités un haut niveau de savoir-faire et de préparation.

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