Télécharger
l’édition n°882
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Le gratin du crime ? Des pros de l'enquête locale

Bex Lors de la première édition de « Bex Noir » le 1er décembre, cinq auteurs de polars ont pris part à une table ronde riche d'échanges, qui heureusement, ne s'est pas terminée dans un bain de sang.

Les cinq auteurs à l'issue de la rencontre «Bex Noir»: Corinne Jaquet, Joël Jenzer, Nicolas Feuz, Marc Voltenauer et Marie-Christine Horn (de g. à d.)

Textes et photo: Valérie Passello

Cinq auteurs, venus de cinq cantons romands. Tous ont des trajectoires différentes, des bibliographies plus ou moins étoffées, mais ils ont un point commun: ils écrivent des polars. Nicolas Feuz, Marie-Christine Horn, Corinne Jaquet, Joël Jenzer et Marc Voltenauer ont évoqué leur art le 1er décembre en présence de nombreux passionnés, à l'enseigne de la rencontre «Bex Noir», organisée par la librairie spécialisée «Le Crime Parfait».

Ensemble, ils ont créé le Cercle d'Auteurs de Polars Romands, qui vise à promouvoir les ouvrages du cru. Mais aussi le genre, encore relégué au «roman de gare» dans les années 1990, qui a acquis ses lettres de noblesse notamment grâce à l'émergence des auteurs nordiques. Marie-Christine Horn explique: «Il n'y a pas de concurrence entre nous. Nous sommes des écrivains, mais aussi des lecteurs. Nous conseillons donc volontiers les polars des autres membres du Cercle à notre public».

Des histoires de chez nous

Ancrer la trame d'un roman noir dans des endroits qu'ils connaissent est un autre facteur qui réunit ces plumes. Corinne Jaquet précise: «Quand on parle de sa région, on écrit toujours juste. Un jour, j'ai lu un polar anglais qui passait par Genève. J'y ai relevé des erreurs dans la description des lieux et cela m'a fait lâcher le fil de l'histoire!». Avec deux romans situés principalement dans le périmètre du village de Gryon, Marc Voltenauer s'est aperçu de l'impact de la dimension locale: «Beaucoup de gens connaissent et aiment cette région. Cet attachement très fort a contribué au démarrage de mon incroyable aventure en tant qu'auteur».

Investiguer dans le Chablais sera à la portée des enquêteurs en herbe l'an prochain, le 18 septembre, puisque «Bex Noir» se présentera cette fois-ci sous forme de rallye, toujours avec la participation d'auteurs. Les candidats devront résoudre des énigmes et participer à des épreuves afin de découvrir le coupable d'un crime. L'événement trouvera son épilogue à la Grande Salle de Bex.

Date:21.12.2017
Parution: 882

Quelques indices sur les auteurs

Marc Voltenauer, le pro de la promo:

Ce Vaudois d'adoption est le régional de l'étape. On lui doit «Le Dragon du Muveran», écoulé à plus de 30'000 exemplaires, ainsi que «Qui a tué Heidi?», sorti cet été. Très médiatique, l'une de ses particularités est d'être un excellent vendeur. Et il l'assume: «Au début, j'étais mal à l'aise avec la promo. Mais dès les premiers retours, je me suis senti plus à l'aise. J'aime rencontrer les lecteurs, je participe à de nombreux événements littéraires. C'est dans ma nature, quand je fais quelque chose, je le fais à fond.»

Corinne Jaquet spécialiste des rouages psys:

Ancienne chroniqueuse judiciaire, la Genevoise a publié une douzaine de romans policiers depuis 1997, ainsi que des nouvelles policières et des ouvrages pour la jeunesse. Peu adepte d'hémoglobine, elle s'intéresse davantage aux rouages psychologiques de l'humain, confie-t-elle: «Ce qui est construit sur des faux-semblants ou en trompe-l'œil me fascine. Je m'interroge sur le déclic, le point de rupture qui va, par exemple, conduire une femme maltraitée depuis 20 ans à se saisir d'un couteau pour tuer son mari.»

Nicolas Feuz, avocat, juge, puis procureur:

Avocat, juge d'instruction et désormais procureur spécialisé dans la lutte contre les stupéfiants à Neuchâtel, Nicolas Feuz s'inspire largement des affaires traitées dans le cadre de sa profession. À ce jour, il compte huit ouvrages, dans un style qu'il définit comme «trash». Peu intéressé par les branches littéraires lors de sa scolarité, il raconte: «À la sortie de mon premier livre, mon ancien professeur de français est venu me voir pour une dédicace. «Vous n'auriez jamais parié sur moi!», lui ai-je lancé.»

Marie-Christine Horn, du sang au sexe:

L'auteure fribourgeoise a publié deux polars, plusieurs nouvelles et participé à divers ouvrages collectifs. Elle s'avère aussi à l'aise dans la rédaction de récits sanglants ou érotiques que dans des histoires pour le jeune public. Concernant l'idée qui peut la conduire à écrire un roman noir, elle déclare: «Je serais incapable de commettre un crime. Mais justement, dans l'écriture, je m'intéresse à des phénomènes que je ne comprends pas, à ce qui pousse des gens à commettre des actes insoutenables.»

Joël Jenzer et la secte du Temple solaire:

Ce journaliste valaisan a, pour l'instant, un seul polar à son actif, paru cet été: «Enflammés». L'histoire est inspirée de l'affaire de l'Ordre du temple solaire, explique-t-il: «J'ai commencé la rédaction de ce livre en 1994 juste après les faits, alors que je n'étais pas encore journaliste. Je l'ai écrit dans l'idée d'en faire un scénario. Puis le texte a dormi dans un tiroir jusqu'à ce que je trouve un éditeur qui m'a fait confiance. Je l'ai retravaillé à plusieurs reprises pour en faire un roman.»

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio