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Tentative « d'assassinat » sur la culture

La Tour-de-Peilz Dépense-t-on trop pour les affaires culturelles? C'est ce que pensent l'UDC et le PBD qui ont tenté sans succès de réduire les charges du budget 2018. A l'inverse, la municipale socialiste Taraneh Aminian entend tout mettre en œuvre pour que la commune acquiert une véritable identité culturelle.

La municipale Taraneh Aminian veut amener une offre culturelle «accessible à tous et pas seulement aux gros budgets», comme c'est déjà le cas à la salle des Remparts.

Textes et photo: Priska Hess

«Une ville sans vrai budget consacré à la culture, une ville-dortoir, est-ce cela que nous voulons? Certains veulent-ils ici assassiner la culture?», interroge, provocateur, le socialiste Jacques Vallotton. Le 6 décembre, l'élu monte à la tribune lors de l'examen du budget 2018 de la Tour-de-Peilz, alors que l'attention se focalise sur les postes relatifs aux affaires culturelles. Avec d'abord un amendement de l'UDC pour supprimer la subvention de 5'000 frs à la Compagnie ADN Dialect. De longues discussions s'amorcent ensuite autour des 40'000 frs attribués à la Commission culturelle, organisme présidé par la municipale des affaires sociales et soutenant des projets d'acteurs culturels de la Tour-de-Peilz. Faut-il, comme le propose Jean-Yves Schmidhauser (PS), l'augmenter des 18'000 frs «gagnés» après la baisse de la contribution par habitant de la Tour-de-Peilz au Fonds intercommunal Culturel Riviera (voir complément internet)? Ou au contraire le ramener à 30'000 frs en suivant Michaël Rohrer (La Tour-de-Peilz Libre&PBD)? Motif: parmi les sociétés locales subventionnées en 2016 et 2017 par la Commission culturelle figurent les Spectacles Boélands et la Compagnie des ArTpenteurs, chacune à hauteur de 5'000 frs par an. Or, conformément à la pratique prévalant à la Tour-de-Peilz, ces deux sociétés locales fonctionnant bien depuis deux ans, elles se sont vu attribuer chacune un poste au budget 2018 avec une subvention doublée, et ne seront donc plus soutenues par la Commission culturelle. D'où la suggestion du PBD de réduire de 10'000 frs le montant destiné à cette Commission: «Nous ne sommes pas contre la culture, mais il s'agit d'éviter une sorte de renflouement permanent», souligne Michaël Rohrer. «Cette manière de faire est inadmissible et conduira à une spirale de dépenses inarrêtables dans ce domaine», renchérit le chef du groupe UDC Nicolas Fardel.

Conflits d‘intérêts?

Dans leur lancée, l'UDC et le PBD proposent de renoncer aux 5'000 frs supplémentaires pour le jumelage avec Ornans, de supprimer les 29'700 frs pour les animations auxiliaires «puisqu'un nouvel animateur jeunesse a été engagé», les 2'000 frs au Festival des Artistes de rue et les 2'000 frs à la Fête multiculturelle, dont «les retombées pour la Tour-de-Peilz sont plus que discutables» estime Michaël Rohrer. «Ces deux fêtes sont uniques dans la région et les Boélands en profitent», réplique la municipale Taraneh Aminian, en rappelant: «Vevey participe à hauteur de 17'000 frs au festival Nox Orae. Il est important de soigner ces relations intercommunales». Ludovic Gonin (UDC) demande quant à lui la suppression des 10'000 frs au budget pour l'association Spectacles Boélands, car considérés comme «une double augmentation». Sans remettre en cause ce montant et tout en félicitant cette association pour son «beau et excellent travail et son engagement depuis sa création», le conseiller PLR Kurt Egly, invoquant un souci de transparence, jette alors le doute sur d'éventuels conflits d'intérêts: «C'est la première fois qu'une nouvelle association bénéficie de 10'000 frs après même pas deux ans d'activités (réd. elle a été créée le 1er avril 2016). Par ailleurs, son comité est constitué de quatre conseillers socialistes (...). Si l'on ajoute que la responsable culturelle est la municipale socialiste Taraneh Aminian, cela fait beaucoup». Laquelle municipale réagit sur le champ: «Je suis étonnée et choquée de cette intervention. Monsieur Egly fait partie de la Commission culturelle qui a accordé les subventions aux Spectacles Boélands à deux reprises – il est donc normal qu'ils soient mis au budget. Il n'a jamais évoqué ces questions en séance de commission et aujourd'hui, en public, il m'attaque! De plus, un grand nombre de nos sociétés locales sont gérées par des conseillers communaux de différents bords politiques, ce qui n'est pas une raison pour mettre en doute leur travail! Pour ma part, je trouve réjouissant que des élus investissent de leur temps dans des projets contribuant au bien-être de la collectivité».

Rêve d'un musée Derib

Finalement, aucun des amendements n'est accepté. «Le manque de soutien des autres formations permettra à la Municipalité de continuer son gaspillage d'argent des contribuables dans des groupements culturels insuffisants et sans véritable intérêt public», commente, amer, Nicolas Fardel. Taraneh Aminian, elle, se réjouit que le budget culturel municipal ait été avalisé tel quel. Un pas de plus qui va vers le développement d'une «véritable politique culturelle, avec une offre accessible à tous, pas seulement aux gros budgets. J'ai encore d'autres ambitions pour notre commune: celle notamment de consolider son image de Ville du Jeu en développant la visibilité du Musée suisse du Jeu. Celle aussi de donner une dimension régionale au festival Riviera Classic+, aux Spectacles Boélands ou encore au Théâtre du Château. Et aussi un rêve: créer ici un musée Derib», confie la municipale.

Date:11.01.2018
Parution: 883

Fonds culturel Riviera: fini les soutiens ponctuels

 

Le Fonds culturel Riviera recentrera désormais ses actions sur son but initial, à savoir le soutien régulier à des institutions culturelles de portée régionale, et ne comprendra donc plus d’aides ponctuelles à des événements occasionnels ou autres projets culturels locaux. Jusqu’ici, de tels soutiens ponctuels pouvaient être octroyés en fonction des disponibilités financières pour l’année en cours. «Le choix de soutenir les demandes ponctuelles avait été fait en raison du surplus d’argent reçu par le Fonds en raison de l’augmentation importante du nombre d’habitants de la Riviera. Cela évitait de devoir rembourser aux communes cette somme inutilisée», explique la conseillère communale boélande Antoinette de Gautard, déléguée au sein de la commission intercommunale du Fonds culturel. Les critiques émises par les communes (voir Le Régional 834), et le temps important que nécessitait le traitement de ces demandes ponctuelles, de plus en plus nombreuses, ont finalement conduit le Conseil administratif du Fonds culturel à proposer de renoncer à un tel soutien. La contribution des communes par habitant a donc été revue à la baisse pour 2018 (46,5 frs au lieu de 48 frs), «afin d’obtenir un budget plancher qui permette de subventionner les institutions bénéficiaires, de participer à l’agenda Riviera et de payer les frais administratifs», précise Antoinette de Gautard.

La culture représente 4,5% du budget 2018

Le budget 2018 de la Tour-de-Peilz prévoit un résultat négatif de 613'639 frs et une marge d'autofinancement de 1,58 mio. Sur un total de charges de 66,952 mios, 3 mios sont dévolus aux affaires culturelles et de loisirs, soit 4,5% du budget. Ces 3 millions représentent une augmentation de 231'783 frs par rapport au budget 2017. Les augmentations les plus conséquentes concernent quant à elles la facture sociale (+912'000 frs par rapport au budget 2017) et le réseau REVE (+994'600 frs).

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