Télécharger
l’édition n°884
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Lavaux sans autoroute
Berne ne dit pas non

A9 Lausanne - Montreux Pour remédier à l’engorgement du tronçon entre Vennes et la Veyre, l’Office fédéral des routes a retenu quatre variantes. Dont celle des deux ingénieurs de Lutry qui vise à libérer le vignoble de ce tracé. Espoir parmi les autorités locales et les opposants à l’élargissement des tunnels de Belmont.

Lavaux sans autoroute

Défenseur à Berne du projet Alternative 2050, le Conseiller aux Etats Olivier Français est très enthousiaste face à la position de l’Office fédéral des routes (OFROU) qui a présenté en novembre 2017 quatre variantes visant à éliminer le goulet d’étranglement entre Lausanne et Montreux. «L’OFROU a eu une démarche très citoyenne avec son questionnement aux autorités locales. Il faut saluer son entrée en matière et son engagement face à des gens qui ont des idées, salue le parlementaire fédéral. Actuellement, la seule déception est que le projet le plus apte à répondre au plus grand nombre d’exigences s’arrête à Belmont, ce qui n’est pas acceptable pour Lutry. Mais le dialogue est positif et nous en sommes à la phase de réflexion, les engagements suivront». Olivier Français fait allusion à la variante no 4 de l’OFROU, qui est largement inspirée par Alternative 2050 imaginée par deux ingénieurs de Lutry, Bruno Giacomini et Philippe Mingard, lequel siège aussi au Conseil communal  (voir schéma ci-contre).


Rendre Lavaux à Lavaux

Cette variante prévoit de faire passer un nouveau tracé bidirectionnel en tunnel à 2x3 voies entre Belmont et Vevey qui éliminerait les nuisances dues au bruit. Tracé qui pourrait se faire sans perturber le trafic durant les travaux. Surtout, l’actuelle autoroute serait démolie, rendant ainsi 500'000 m2 de terrain au paysage de Lavaux (lire Le Régional 846). Mais l’actuel tracé de l’OFROU montre un départ à Lutry Belmont, une zone habitée alors que s’il partait de Belmont ouest (Vennes), toutes les zones habitées seraient préservées. Un tronçon sur lequel il est prévu un élargissement qui, du coup, ne serait plus nécessaire. Les trois autres variantes ne suppriment pas l’autoroute existante mais l’élargissent. La première, selon la plupart des observateurs, sera éliminée d’emblée, car elle ne répond pas au vœu du Conseil Fédéral de 2014 qui suggère que «les goulets d’étranglement soient éliminés par de nouveaux éléments de réseau». Or, elle prévoit tout simplement un élargissement de l’autoroute, supprimant ici ou là la bande d’urgence. La seconde table sur un dédoublement de l’autoroute par un tronçon bidirectionnel entre Belmont et la Veyre mais qui supprime la sortie Chexbres. La troisième quant à elle prévoit également un nouveau tronçon mais unidirectionnel à 3 voies en direction de Lausanne, ce qui permettrait un sens unique pour l’autoroute existante en direction de Montreux.


«Ma main à couper»

Alors que l’OFROU parle de démarche citoyenne, les «Forums» qu’il organise, qui sont des séances d’informations, sont relativement confidentiels et réservés à un comité de pilotage (copil) et un comité technique, tous deux composés des autorités locales. En plus, les indications sont données au compte-gouttes. Il en résulte une compréhension différente de l’état des projets. Questionné à ce sujet, le syndic de Belmont Gustave Muheim, également président du copil, estime que l’OFROU n’a pas encore assez avancé dans le développement des projets. D’autres craignent que Berne n’avance sans communiquer, à l’instar de Valérie Schwaar, secrétaire générale de l’Association Transports et Environnement (ATE): «Je donne ma main à couper que ça va être comme pour Morges et qu’au final on va se retrouver avec deux autoroutes. Evidemment, la variante en tunnel serait mieux, mais pourront-ils la financer? Et en quelle année? Bien sûr qu’enlever la balafre serait le mieux pour le paysage de Lavaux». 

Les autorités de toutes les communes ne devraient-elles pas se rencontrer pour parler ensemble d’une variante et ensuite parler d’une seule voix avec l’OFROU? Jean-Pierre Haenni, syndic de Bourg-en-Lavaux est enthousiaste face à cette idée. «Mais qui va prendre l’initiative de la rencontre? Ce devrait être Belmont ou/et Lutry, les plus impactés» relève-t-il. «C’est prématuré, répond Gustave Muheim. Nous aurons une nouvelle séance d’information prochainement. L’OFROU aura affiné ses projets, nous espérons qu’il nous en dira un peu plus que la dernière fois et l’on pourra alors s’organiser». 

 

Date:17.01.2018
Parution: 884

Différence de coût: de 1,6 à 1,2 milliard de frs

C’est un peu la quadrature du cercle que de décider d’un projet sur son coût ou sa valeur dans le temps. On parle ici des années 2040 à 2050. Tous les projets sont chers. Qui peut, à ce stade, anticiper de la valeur du franc dans 20 ou 30 ans? Pour rappel, le projet initial de l’OFROU, qui comprenait l’agrandissement décrié des tunnels de Belmont, était devisée approximativement à 800 mios. Une estimation remontant à 2015 évoquait même un montant de 1,6 milliard de francs, là où le projet Alternative 2050 des deux ingénieurs de Lutry se situe autour de 1,2 miard. Investissement dont une grande partie pourrait être compensée par la vente des terrains récupérés, majoritairement en zone constructible. 

Par ailleurs, qui peut savoir comment se feront les déplacements? Les transports publics vont évoluer, la circulation aussi, avec sans doute beaucoup de véhicules autonomes. Reste que les routes seront toujours nécessaires. Il est donc difficile dans ce monde qui change aussi radicalement que lors de la révolution industrielle d’anticiper les besoins comme les coûts. Le plus important est de ne pas se tromper avec des décisions qui influeront sur la vie de toute une région pendant des décennies.

Documents

Vidéo
Documents audio

Dans ce même dossier