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Maltraitance à l'école d'Oron:
« La priorité, ce sont les enfants »

Oron Une enseignante s'en prend à un élève et se fait licencier pour faute grave. L'affaire survient quelques mois après la publication d'une longue lettre ouverte de l'Association des parents d'élèves qui portait de lourdes accusations sur le climat régnant au sein de cette école. Les autorités ont-elles pris en compte ces signaux d'alarme, alors qu'un parent d'élève révèle au Régional d'autres incidents? Lancée l'an dernier, l'enquête de la direction pour faire la lumière sur l'atmosphère générale au sein de cet établissement se poursuit.

L'école conduit des questionnaires pour connaître le climat réel de l'établissement. V. Blom

Valérie Blom

«Oui, cela a été une surprise», soupire Christian Bays, municipal en charge des écoles d'Oron, et membre de l'Entente intercommunale de l'Etablissement primaire et secondaire d'Oron-Palézieux, regroupant Oron, Maracon et Essertes. L'édile a appris début janvier le licenciement pour faute grave d'une professeure et doyenne de l'école, pour une humiliation qu'elle a infligée à un de ses élèves, un jeune enfant. Pas de coup, mais les écoliers âgés de 4 à 5 ans ont été choqués par l'acte de l'enseignante.

La surprise sera l'unique commentaire que Christian Bays s'autorisera à propos de ce licenciement, visiblement malheureux de constater que sa commune soit sous les feux de la rampe pour une raison aussi accablante. L'exécutif oronais n'a pas autorité concernant l'école, mais uniquement pour les transports scolaires, qui avaient fait l'objet de critiques par l'Association des parents d'élèves (APE Oron-Palézieux). Outre des problèmes entre élèves et enseignants, cette dernière dénonçait fin septembre, dans une lettre ouverte de neuf pages, des violences entre élèves aux arrêts ou dans les bus scolaires, avant que son comité ne démissionne en bloc fin septembre 2017 (lire Le Régional 873). «Lorsqu'il y a eu ces soucis dans les bus, nous avons réagi. Désormais, un règlement est sous toit et nous permet de sanctionner légalement les fauteurs de troubles. Sur le temps scolaire, dès qu'il y a un problème, les médiateurs interviennent, des cours de prévention sont donnés, etc. Le travail est fait.»

Elève étranglé

Néanmoins, une source émanant de l'ancien comité de cette APE Oron-Palézieux confie au Régional d'autres accrocs. Une détonation lors d'un cours de chimie, un élève étranglé et un autre harcelé par ses pairs. Au sujet de ce qui s'est passé en classe de science, le directeur de l'établissement scolaire Jean-François Détraz confirme, mais évoque un «malheureux accident. L'enseignant n'est en aucun cas en cause. Il n'y a pas eu de blessé.» Selon le directeur, monter en épingle des incidents isolés nuit à la sérénité et amplifie le climat d'insécurité. «Le zéro bagarre est un idéal et ce n'est pas un objectif que l'on peut réaliser du jour au lendemain, ajoute-t-il. Maintenant, dans cette situation de crise, la priorité va aux enfants.»

Le Canton averti tardivement

Les parents sont-ils lanceurs d'alerte ou des quérulents, comme l'ont insinué les autorités? L'école minimise ou prend-elle tout ceci très au sérieux? Le directeur a choisi de communiquer malgré un arrêt maladie, signe de sa préoccupation. Il rappelle que des questionnaires, pilotés par l'Unité de promotion de la santé et de la prévention en milieu scolaire (PSPS), sont en cours, afin de faire la lumière sur l'atmosphère générale de l'établissement. Ce processus fait suite à une enquête interne lancée l'an dernier. «Nous avons initié une démarche avec le Conseil de direction sur cinq ans, souligne-t-il. Ce projet d'envergure en fait partie, comme une journée pédagogique le 28 février.»

De son côté, le Canton regrette uniquement de n'avoir été averti que six semaines après les faits, ce que le directeur n'a pas souhaité expliquer. «Il y a beaucoup de choses qui fonctionnent bien dans l'établissement d'Oron, souligne François Modoux, porte-parole du Département de la formation et de la jeunesse (DFJC). L'école a compté deux affaires malheureuses qui n'ont pas été traitées suffisamment bien. En 2016, il y avait eu un problème de harcèlement entre élèves, et aujourd'hui l'incident grave qui a entraîné le licenciement d'une enseignante. Mais de manière générale, le climat scolaire est bon.»

Quelques écoliers à problèmes

Avec des enfants, les problèmes vont souvent de pair avec une forte implication émotionnelle. Alors que les relations sont tendues entre un noyau de parents et la direction de l'école, le canton «a le souci de calmer le jeu, dans l'intérêt des élèves et des enseignants dont certains souffrent des remous autour de l'établissement», explique le porte-parole du DFJC. Un appui a été proposé par le Département au Conseil de direction. «Un peu de calme et du temps sont nécessaires pour trouver puis mettre en place les bonnes mesures qui permettront à cette école de fonctionner normalement», souligne François Modoux. L'espoir de la Direction générale de l'enseignement obligatoire est que ces dispositions contribueront aussi à «rétablir un dialogue constructif et de qualité entre certains parents et le conseil de direction». Christian Bays complète: «Quelques élèves causent des problèmes. Ils sont pris en charge. Nous avons pour le reste une belle jeunesse.»

Date:25.01.2018
Parution: 885

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