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Première médiation avortée à Vevey

Municipalité Lors d'une rencontre avec l'exécutif, la préfète a pris acte du refus de Vevey Libre d'entrer en matière. Une nouvelle tentative n'est pas exclue, mais sur de nouvelles bases. Le Régional a par ailleurs appris qu'un audit avait même été évoqué au moment d'appeler le Canton à l'aide. Motif: soupçon de violation du secret de fonction.

C'est le 23 novembre dernier que la Municipalité de Vevey demandait à la préfecture l'intervention d'un médiateur et l'éventuelle conduite d'un audit. C. Michel

Amit Juillard

Autour de la table, cinq municipaux et une préfète, entre autres. A l'issue de cette réunion, tenue la semaine du 15 janvier, une certitude: la médiation est avortée, les municipaux de Vevey Libre s'y opposant. Sous cette forme du moins. Officiellement cependant, aucune décision n'a été prise. «L'exécutif est en discussion et je n'ai pas à commenter le sujet», balaie la syndique Elina Leimgruber (Les Verts). Selon nos informations, Clarisse Schumacher Petoud, préfète de Lausanne en charge de la conciliation, a néanmoins pris acte de cette fin de non-recevoir, un délai de réflexion a été décidé, et différentes pistes sont explorées quant à la suite. Parmi lesquelles un nouvel essai de médiation. Du côté du Canton, la prudence est de mise: «Je n'infirme ni ne confirme. Ce n'est pas au DIS de s'exprimer à ce sujet», répète Marco Danesi, porte-parole du Département des institutions et de la sécurité. «Cette médiation était caduque depuis la publication du communiqué de presse l'annonçant, rappelle le municipal Jérôme Christen (Vevey Libre), coupant court à toute spéculation. Michel Agnant (Vevey Libre) et moi avons été clairs dès le départ. Il faut arrêter ces enfantillages et travailler. Ces divergences peuvent très bien être réglées entre nous. Nous ne fermons pas la porte à une médiation si c'est l'unique solution. Mais les règles devraient alors être clairement définies.»

Un audit évoqué

Le Régional a par ailleurs appris qu'un audit avait été mentionné dans la lettre de la Municipalité demandant l'intervention du Canton pour régler ses dissensions internes. En cause: un soupçon de violation du secret de fonction des deux municipaux centristes. Pour mémoire, c'est l'annonce d'une motion du groupe Vevey Libre au Conseil communal demandant de réinternaliser la gestion du parc locatif communal qui avait mis le feu aux poudres. Or à ce stade, la Municipalité n'avait pas encore rendu publique sa décision de confier la gérance de ces logements à une coopérative lausannoise. «Nous avons communiqué avec notre groupe à ce sujet, comme d'autres municipaux le font aussi. Mais nous n'avons fourni aucune information couverte par le secret», justifie Jérôme Christen. La suite est connue (voir chronologie en encadré).

« Une Municipalité fonctionnelle »

Et maintenant? «Y a-t-il vraiment besoin d'une médiation?, s'interroge Jérôme Christen. La démarche avait pour but de nous dénoncer, mais le dossier s'est avéré vide.» Est-ce à dire que les problèmes – de confiance, de dialogue et d'ego – relevés ces dernières semaines se seraient évaporés? «Les séances sont plus longues, il y a des tensions, admet l'édile, mais les dossiers avancent, assure-t-il. Cette Municipalité est fonctionnelle, même sans intervention extérieure. Au contraire de la confiance, le dialogue n'est pas rompu. Seul le dossier du logement provoque des désaccords. Près de 90% de nos décisions sont prises à l'unanimité!»

Date:25.01.2018
Parution: 885

Historique d'une crise inédite

5 octobre 2017 Contre l'avis de Michel Agnant (Vevey Libre), municipal du logement, la gérance du parc locatif communal est confiée à une coopérative lausannoise. Le vote s'est joué à trois contre deux. Les deux municipaux de Vevey Libre sont minorisés.

7 novembre Vevey Libre annonce sur son site une motion pour la réinternalisation de la gérance des logements de la ville. Les trois autres municipaux réagissent: les dissensions internes transparaissent. Dans la foulée, les édiles de Vevey Libre sont accusés d'être à la limite de la rupture de collégialité et de la violation du secret de fonction.

23 novembre Courrier de la Municipalité à la préfecture du district Riviera-Pays-D'Enhaut demandant l'intervention d'un médiateur et l'éventuelle conduite d'un audit.

19 décembre L'affaire devient publique. Un communiqué de presse, signé par la syndique et la médiatrice, la préfète de Lausanne, annonce l'intervention de l'Etat.

20 décembre Lors d'une conférence de presse, Jérôme Christen et Michel Agnant refusent le processus de médiation. Motif: il n'aurait pas dû être rendu public. La syndique se justifie: le communiqué a été diffusé par souci de transparence et pour couper court aux rumeurs.

21 décembre Dans les colonnes de 24 heures, les deux centristes ne ferment pas la porte au dialogue. Ils demandent qu'un nouveau cadre soit établi.

11 janvier 2018 Michel Agnant remet en cause l'impartialité de la préfète dans 24 heures.

Semaine du 15 janvier La médiatrice prend acte du refus de Vevey Libre de participer à cette médiation sans que de nouvelles règles soient définies. Diverses pistes, comme celle d'une nouvelle médiation, sont explorées.

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