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Ne pas se taire face à une agression

Prévention Le courage civique fera l'objet d'une campagne de prévention lancée cet automne par la Ville de Lausanne. Le législatif doit encore valider le préavis de 350'000 frs, puis les associations lausannoises pourront soumettre leurs projets dès la mi-mars. Objectif: qu'un citoyen ne reste pas passif devant une altercation.

Dans la rue, le métro, à l'école ou au travail, tout le monde peut intervenir avant qu'une situation finisse par déraper.Adobe stock

Valérie Blom

Dans le métro, un garçon se fait bousculer par une bande de gros-bras. Les canailles commencent à l'embêter, d'abord avec quelques phrases d'un humour douteux, puis en le poussant contre les sièges. Le jeune homme cherche à se faire oublier, sans succès. Dans le wagon, personne ne bouge et ne vient à sa rescousse. Il finira par descendre plusieurs arrêts avant sa destination.

Ce type de situation, la Municipalité de Lausanne n'en veut plus. C'est pourquoi elle souhaite lancer en 2018 une campagne sur le thème du respect. «Il s'agit surtout de courage civique, explique David Payot, municipal de l'enfance, de la jeunesse et des quartiers, afin que les gens s'impliquent pour la vie citoyenne, et ne se taisent pas face à un cas où il faudrait intervenir.» L'exécutif consacrera 350'000 frs au financement d'une quarantaine de projets, pouvant lui être proposés par des associations dès la mi-mars, ceci à condition que le Conseil communal valide le préavis d'ici au printemps.

En confiance, oser agir

Cette campagne s'adressera à tous les citoyens, mais visera surtout les jeunes. «Les enfants et adolescents vivent une période de changements et d'évolution. Si nous insufflons des informations durant ce temps, elles auront davantage d'effets sur le long terme», explique David Payot. Il précise en outre que cet âge entre dix et vingt ans est souvent dédié à la recherche d'une appartenance sociale, après avoir baigné dans le cocon de la famille. «Les jeunes adultes cessent d'être des fils ou filles de pour se définir par eux-mêmes et par le groupe d'amis.» Le bon moment pour rappeler les règles du respect.

Le harcèlement scolaire pourra peut-être faire partie des thèmes abordés. Comme le harcèlement de rue, ou toute autre idée. La ville ne soumet pas de consigne, si ce n'est celle thématique du respect. «Il y a un enjeu sur la passivité des témoins, d'où cette campagne. Les gens doivent avoir suffisamment confiance en eux pour oser agir, espère l'édile. Nous voulons une communication positive, qui rappelle que nous en sommes tous capables.»

Projets locaux désirés

Même si le projet est communal, il ne signifie pas que Lausanne en a davantage besoin que les autres agglomérations du canton. «Evidemment, comme toute grande cité le sentiment de responsabilité est dilué. Mais la population n'est pas pire qu'une autre.» La Ville compte d'ailleurs sur ses associations locales. «Avec les acteurs du terrain, nous avons des idées sur mesure. Par exemple, le conseil des jeunes avait mis sur pied une exposition sur l'homophobie qui avait eu un impact et un succès impressionnants. Le discours en «je» est plus efficace que «qu'il faut»».

Cette nouvelle campagne reste dans le même esprit que celles de 2004, «L'éducation, c'est l'affaire de tous » et de 2012 «Moi et les autres». La dernière en date devrait se développer durant le courant de l'année scolaire 2018-2019.

Date:25.01.2018
Parution: 885

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