Télécharger
l’édition n°885
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Baisse de loyer, vraiment ?

ANALYSE Au lendemain de la présentation de l'étude UBS Real Estate Focus 2018 sur les marchés immobiliers, donnée le 18 janvier simultanément à Lausanne et Zurich, les médias titraient sur une chute libre des loyers, généralisée à 10% dans les trois prochaines années. Or cette étude est beaucoup plus nuancée. Eclairage.

Dans le Chablais, la baisse d'immigration et l'offre élevée de logement influencent les prix à la baisse. Mais l'ouverture du premier bâtiment de l'Hôpital Riviera-Chablais à l'horizon 2019 pourrait changer la donne, selon Pierre Étoile qui projette la construction de 48 appartements à Aigle. Pierre Étoile

Magaly Mavilia

«Parler de loyers en chute libre est un peu provocateur, reconnaît Thomas Veraguth, spécialiste de l'immobilier au sein du CIO WM de l'UBS. Mais c'est tout de même une nouvelle tendance dans l'habitation depuis 2016 contrairement aux loyers des bureaux déjà en baisse depuis près de 4 ans.» Reste que l'Asloca (voir encadré) monte aux barricades en utilisant des arguments qui sont pourtant clairement expliqués tout au long des 56 pages de l'étude de l'UBS. En effet, les diminutions de loyers significatives sont plus importantes dans les régions périphériques et là où l'on construit beaucoup.

Baisse ou hausse? Les causes

Les paramètres qui induisent une baisse de loyer sont complexes et nombreux. En résumé, on peut dire que si les taux de vacance élevés perdurent, la pression sur les loyers s'accentue. Pourtant, selon Jean-Raphaël Fontannaz, responsable de la communication d'UBS pour la Suisse romande, «ce potentiel de correction est déjà – en tout cas en partie – intégré dans les loyers à l'offre et la baisse devrait donc être moins prononcée dans les zones où les taux de vacance sont élevés. En revanche, elle pourrait être de 10%, voire plus, dans les zones où le taux de vacance est encore actuellement bas, si ce taux devait augmenter et si ce sont des zones où le risque d'absorption est déjà élevé».

L'étude de l'UBS table sur une correction générale de 2,5% en 2018. Car comme le précise judicieusement le porte-parole de l'UBS: il n'y a pas de marché immobilier suisse, mais des marchés locaux qui peuvent varier considérablement d'un point à un autre. La poursuite de cette baisse pour atteindre les 10% à l'horizon 2020 va donc dépendre de l'activité de la construction et d'un regain de l'immigration.

Clivage entre l'ancien et le neuf

Jean-Raphaël Fontannaz met en exergue le clivage entre les loyers des bâtiments existants et celui des constructions neuves. «L'écart s'est accru et les loyers des nouveaux appartements sont aujourd'hui proposés à des tarifs qui vont devoir baisser.» Et le porte-parole de souligner l'augmentation systématique de 15 à 20% par année en cas de déménagement, en particulier sur l'arc lémanique.

Date:25.01.2018
Parution: 885

Hausse de loyer de 50 % en 17 ans

En réaction à la publication de l'étude de l'UBS sur les marchés immobiliers, l'Asloca rétorque, chiffres à l'appuis, que les loyers ont augmenté de 50% depuis l'an 2000 et que «même une baisse de 10% n'empêcherait pas cette hausse générale d'excéder très largement le renchérissement». L'association de défenses des locataires précise que malgré huit réductions du taux hypothécaire de référence l'an dernier, l'indice des loyers a progressé. «Selon les calculs de la banque Raiffeisen, les loyers devraient être 40% moins chers, pour autant que le droit du bail soit respecté», indique Carlo Sommaruga, président de l'Asloca. Et de citer pour exemple, les coopératives d'habitation qui proposent, même dans les centres urbains, des logements 25% moins chers que la moyenne des appartements neufs en appliquant le calcul des coûts effectifs prescrit par le droit du bail.

Risque de surchauffe sur Vaud, Valais et Fribourg

Le Valais, avec un taux de vacance jusqu'à 6% est le canton le plus touché en Suisse avec Soleure. En comparaison, Granges-Veveyse est à 0% et Châtel-St-Denis à 0,09%. Aigle (1,12%) et Bex (1,22%) sont en dessous de la moyenne suisse (2,5%) tandis qu'Ollon (4,21%), Noville (3,56%) et Rennaz (5,7%) ploient sous les offres. Au palmarès: c'est la commune d'Yvorne qui présente le taux de vacance le plus haut du canton avec 9,25%. Le risque de suroffre est ainsi plus présent dans le canton de Fribourg et le canton de Vaud, excepté l'Arc Lémanique toujours aussi attractif. Thomas Veraguth, de l'UBS, met en exergue la baisse d'immigration dans le Chablais avec une offre qui reste à un niveau élevé. Difficile pourtant de prévoir les changements induits par l'ouverture du premier bâtiment de l'Hôpital Riviera-Chablais à l'horizon 2019.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio