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Publier un premier livre : une odyssée

Montreux Tendance des éditeurs, frappés par la crise du livre: lorsqu'un premier roman atterrit sur leur bureau, exiger de l'auteur qu'il assure lui-même des préventes. Exemple avec Geoffrey Marchand, qui doit commencer par écouler 192 exemplaires de son opus, via le financement participatif, avant de se voir publié.

«Ce système me permet de présenter mon histoire et de tester le marché», positive Geoffrey Marchand.DR

Amit Juillard

Comme Ulysse en haute mer, un écrivain doit affronter un parcours semé d'épreuves lorsqu'il décide de publier son premier ouvrage. «Les livres se vendent mal et les éditeurs ont froid aux yeux lorsqu'un jeune n'ayant jamais été distribué leur propose un manuscrit, témoigne Geoffrey Marchand, Montreusien de 24 ans qui signe son premier roman. Le temps où ils assuraient sa publication de A à Z est bien lointain.» A chaque fois qu'il s'est présenté dans une maison d'édition, le choix offert était le même: avancer une somme de quelque milliers de francs ou lever des fonds via un financement participatif. La plume franco-suisse a pris le pari du crowdfunding. «C'est pas si mal. Ce système permet de présenter mon histoire et de tester le marché», se réjouit ce lauréat de plusieurs prix littéraires pour jeunes talents. Jusqu'au 23 février, il doit atteindre la barre des 192 préventes, soit près de 20% du nombre de pièces qui seront imprimées en cas de succès de l'opération, au prix de 23 frs (voire encadré). A l'heure de mettre sous presse, 51 pièces ont trouvé preneur.

Fin écologique du monde et génération Y

Comme il est d'usage, des contreparties, en sus du livre, sont offertes à chaque acheteur, en fonction de la somme engagée: un marque-page, un chapitre inédit ou encore une des aquarelles peintes par l'auteur ayant servi à l'illustration de la couverture. Pour doper les souscriptions, Geoffrey Marchand publie chaque semaine sur les réseaux sociaux la lecture en vidéo d'un extrait de «La Déréliction du slip à trous», titre de son ouvrage. Traduction: l'abandon de la culotte trop portée, mais que l'on n'a jamais osé jeter.

Un thriller futuriste inquiétant dans lequel évolue un jeune homme qui s'ennuie après la fin écologique du monde. La pollution est devenue si nocive que les portes des immeubles ont été scellées et les contacts humains totalement informatisés. «J'ai trouvé mon inspiration lorsque je travaillais comme architecte à Tokyo. Marqué par l'hyper-technologie qui y règne, j'ai vu la solitude, confie-t-il. Les gens sont empilés, mais n'ont pas de contacts les uns avec les autres. C'est aussi une mise en garde pour ma génération, qui traverse une crise profonde, qui a perdu ses idéaux. Il faut chérir l'échange et les rencontres pour éviter que cette réalité nous rattrape.» Les premiers jets d'encre ont noirci les premières feuilles blanches il y a trois ans. Il reste trois semaines à Geoffrey Marchand pour assurer la publication de ce premier roman.

Date:01.02.2018
Parution: 886

Le coût d'un livre

Fixé à 23 frs, le prix du roman englobe

• l'impression, pour 27% du total

• la part de l'éditeur 19%, dont relecture, mise en page, illustration

• la part de l'auteur 8%

• la communication, 22%

• les frais de port, 16%

• la commission de la plateforme choisie, pour 8%

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