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1'600 km à pied pour aider des enfants

La Tour-de-Peilz Le 28 juillet, Guillaume Jung enfilera ses chaussures de marche et saisira son bâton de pèlerin, direction St-Jacques-de-Compostelle. Ce boéland presque trentenaire entreprendra un voyage de trois mois aux côtés de son meilleur ami Thery Boulanghien, pour le compte de la fondation Théodora. Rencontre.

Guillaume Jung et Thery Boulanghien ont encore six mois pour s'entrainer.

Entretien et photo: Oriane Binggeli

Bien que le départ paraisse encore lointain, les préparatifs ne doivent pas être sous-estimés et l'heure est à la recherche de dons et sponsors. Une partie servira à couvrir leurs frais de voyage et tout le reste sera reversé à Théodora, qui œuvre à soulager les enfants hospitalisés.

90 jours et 1'600 kilomètres de marche, de Lonay à St-Jacques-de-Compostelle. Vous êtes un voyageur assidu?

> Pas du tout! (rires) Je ne suis jamais parti plus de deux ou trois semaines en vacances et je suis plus un «marcheur du dimanche» qu'un athlète accompli. Mais la perspective de ce voyage m'attirait depuis des années. Malheureusement, entre mon travail, mes différentes activités et mon mariage, le temps manquait et mes priorités étaient ailleurs. Suite à mon divorce l'an dernier, j'ai été de l'avant dans mon projet et j'ai convaincu mon meilleur ami de m'accompagner dans l'aventure, lui qui était un peu plus indécis que moi sur la question. Mais je serais parti, avec ou sans lui.

Pour quelle raison avoir choisi cette destination si populaire?

> Premièrement, pour un premier périple de cette envergure, son côté accessible me rassure. Les sentiers sont très bien balisés et nous traversons le territoire français, sans barrière de langues. C'est un itinéraire riche en interactions sociales. Je ne suis pas poussé par la foi, mais plutôt par la perspective de me retrouver et d'aller à la rencontre de ceux qui croiseront notre chemin.

Mais quand même, une aura mystique et spirituelle émane de Saint-Jacques, ça ne vous intrigue pas?

> Si bien sûr. Je ne pars pas à l'aventure au hasard et j'ai lu beaucoup de témoignages de pèlerins, impossible de ne pas être intrigué par l'histoire de ce lieu. Mais au-delà de la quête religieuse, j'ai hâte de me libérer de toutes mes obligations sédentaires et revenir à la nature et aux simples valeurs de la vie. Bien sûr, nous ne serons pas totalement déconnectés du monde et nous voulons permettre à nos proches et nos sponsors de suivre notre avancée sur les réseaux.

Justement, il y a aussi un but financier à ce voyage?

> Oui. Je voulais donner à cette marche une fin utile, pas simplement pour moi mais aussi pour les autres. Thery et moi avons donc réfléchi aux causes que nous pouvions servir et la Fondation Théodora est apparue comme une évidence. Rien ne nous paraît plus anormal qu'un enfant dans un hôpital. Nous-mêmes n'avons pas la capacité d'apaiser leur douleur ou d'enfiler un costume de clown, mais nous pouvons apporter notre soutien à ceux qui le font. Actuellement, la recherche de dons bat son plein. Une partie servira à couvrir nos frais de voyage et tout le reste sera reversé à Théodora.

Comment avancent vos recherches?

> Gentiment mais surement. C'est du temps à investir en plus de nos emplois respectifs. Nous bénéficions d'ores et déjà de l'aide de plusieurs restaurateurs de la région et de Leysin tourisme. Même l'Olympique de Marseille nous a transmis un maillot dédicacé que nous comptons remettre comme prix lors d'une future tombola. Toutes les options sont étudiées pour remplir la cagnotte.

Voyager trois mois avec la même personne, c'est aussi s'exposer à quelques tensions potentielles. Vous appréhendez?

> Non pas vraiment. Nous ne sommes jamais partis aussi longtemps ensemble, mais nous avons vécu sous le même toit durant plusieurs mois. Notre amitié est devenue fusionnelle très rapidement, au-delà de la distance et des années. Nos caractères se complètent bien et nous avons le même humour, important en voyage. Et puis, nous aurons une tente chacun (rires).

Ce ne sera donc pas une course contre la montre?

> Nous avons une date butoir et 1'600 kilomètres à avaler, mais nous restons souples sur le calendrier. Quelques petits détours peuvent encore se glisser sur les cartes d'ici le jour du départ et je célèbrerai mon trentième anniversaire sur le chemin. Pas sûr que nous soyons très en forme physiquement le lendemain (rires).

Date:01.02.2018
Parution: 886

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