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« Il faut pacifier le jeu »

Aigle Jean-Luc Duroux a remporté l'élection complémentaire à la Municipalité et succèdera au municipal démissionnaire Piero Ruggiero. Premier objectif de ce membre du PLR qui s'est toutefois présenté comme indépendant: calmer les tensions et les polarisations politiques. Avec son élection, le PS ne sera plus représenté à la Municipalité, ce qui n'est pas arrivé depuis 1981. «Nous n'oublierons pas pour autant les gens qui sont dans le besoin ou les familles», assure-t-il.

S'il a raflé le siège socialiste à la Municipalité aiglonne, Jean-Luc Duroux promet toutefois de ne pas oublier les thèmes chers à la gauche.

Entretien et photo: Valérie Passello

Jean-Luc Duroux est à la tête d'une entreprise occupant plus de 90 collaborateurs. À 63 ans, ce papa de deux grands enfants et grand-papa d'un petit-fils compte prendre une préretraite afin d'assumer son nouveau mandat. Il n'est, de loin, pas étranger au monde politique, puisqu'il a siégé au Conseil communal durant 25 ans et l'a même présidé. Sa fille Marie-Luce a par ailleurs fait partie de l'exécutif aiglon de 2006 à 2011, sous les couleurs du parti Alternatives. «Chez nous, on est municipal de fille en père!», sourit-il. Toujours membre du PLR, il s'est toutefois présenté en tant que candidat indépendant, sous la bannière «Démarche citoyenne». Un choix qui a sans doute convaincu nombre d'électeurs, fatigués des clivages politiques. Rencontre avec l'élu une heure après l'annonce des résultats, ce 4 février, tandis que son entrée en fonction aura lieu au plus tard le 1er mai.

Comment analysez-vous votre victoire?

> Je n'ai pas encore eu le temps de beaucoup analyser. Je pense que je dois ce résultat à mes qualités de rassembleur et à mon charisme. J'étais déjà content d'être arrivé en tête au premier tour. Cela dit, un deuxième tour est une deuxième élection. J'ai bénéficié du report de voix de l'Entente et de l'UDC, qui n'avaient plus de candidat en course, mais je dois reconnaître que je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi important. Ni à un tel score, d'ailleurs.

Quelles attentes la population a-t-elle exprimées pendant votre campagne?

> La campagne s'est très bien déroulée. En tant que candidat indépendant, j'ai ressenti beaucoup de reconnaissance de la part de gens qui souhaitaient dépolitiser la fonction, qui cherchaient davantage une personnalité plutôt qu'une couleur politique. La population ne veut plus de confrontation, elle a besoin de changement. Il lui fallait une personne à l'écoute, disponible, au service de la collectivité, qui fasse avancer les choses.

Justement, vous arrivez après une période mouvementée et pesante, pensez-vous qu'il faille rétablir la confiance de la population envers la Municipalité?

> Il faut pacifier le jeu. C'est d'ailleurs l'une des motivations principales m'ayant décidé à me lancer. Quand l'un ou l'autre parti fait bloc contre une décision, on n'avance pas. Il faudra calmer les tensions et les polarisations politiques. Je compte, là aussi, sur mon côté rassembleur pour y parvenir.

Avec votre élection, le PS n'est plus représenté à la Municipalité, ce qui n'est pas arrivé depuis 1981...

> C'est vrai, mais cela ne veut pas dire que nous n'allons pas collaborer. Nous n'oublierons pas pour autant les gens qui sont dans le besoin ou les familles. Nous œuvrerons collégialement pour le bien de tous, de tous les milieux.

Quels sont les thèmes concrets qui vous tiennent à cœur?

> Je pense qu'il y a déjà suffisamment à faire en reprenant les affaires courantes du dicastère laissé vacant par l'ancien municipal (réd: Sécurité publique, Voirie et travaux, Jeunesse et sport). Il faut encore que j'en discute avec le syndic Frédéric Borloz, mais je me mets à disposition et accepterai de reprendre ce dicastère s'il m'est proposé, ou alors les finances, car c'est un domaine où je suis à l'aise. Je reste ouvert. Sinon, aux côtés de mes futurs collègues, il faudra s'attacher aux constructions scolaires, qui vont démarrer bientôt, empoigner le dossier du Centre-ville, ainsi que de l'urbanisme en général.

Quel est votre plus gros défi?

> Comme il s'agit d'une élection complémentaire, j'arrive en cours de législature. Pour les trois ans à venir, je mettrai tout en œuvre pour travailler dans un esprit collégial avec les autres municipaux et le syndic. Je sais que certains n'étaient pas très heureux de mon élection, mais désormais la course électorale est terminée. J'espère que nous pourrons aller de l'avant sans amertume.

De quoi vous réjouissez-vous le plus?

> De rentrer dans une nouvelle étape de ma vie. Légalement, le nouvel élu doit prendre ses fonctions dans les trois mois qui suivent la démission de son prédécesseur. Comme Piero Ruggiero s'est retiré au 31 janvier, ce sera au plus tard le 1er mai. Je dois maintenant contacter le conseil d'administration de mon entreprise pour m'organiser. J'avais déjà annoncé que je prendrai ma préretraite afin de me consacrer pleinement à ce mandat. Ce n'est que du bonheur!

Date:08.02.2018
Parution: 887

Socialistes absents

34,1% des Aiglons ont pris part au deuxième tour de l'élection complémentaire à la Municipalité ce 4 février. Sur 2'259 bulletins valables dont 15 blancs et 5 voix éparses, Jean-Luc Duroux l'emporte largement, par 958 voix. Le candidat PLR Fabrice Cottier arrive deuxième avec 696 suffrages. Le socialiste Carlo Carrieri, dont le défi était de conserver le siège de son parti à l'exécutif, n'obtient que 585 votes. Le PS n'est donc plus représenté à la Municipalité, pour la première fois depuis 1981.

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