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Sécuriser le Rhône, une opportunité

Troisième correction Au cœur du récent forum économique du Chablais, qui s'est tenu à Bex, les travaux d'élargissement du fleuve et de consolidation des digues, qui pourraient débuter entre 2020 et 2022 dans le Chablais. Dont l'aménagement d'un nouveau pont sur le Rhône entre St-Triphon et Monthey. La construction d'une centrale hydro-électrique à hauteur de Massongex devrait être coordonnée au chantier. Une manne pour les entreprises locales.

Le barrage permettra un nouveau franchissement du Rhône par tous les modes de mobilité douce entre Bex et Massongex. 2016 MBR

Valérie Passello

Le Rhône changera peu à peu de visage dans le courant des 30 prochaines années, dans le cadre de la troisième correction du fleuve (Rhône 3), déjà initiée dans le Haut-Valais. Cette entreprise vise à réduire le débit du cours d'eau en l'élargissant, ainsi qu'à consolider les digues, afin de réduire au maximum les risques d'inondation en plaine en cas de crue.

Sur ce projet estimé à plus de 3 milliards de frs, la partie chablaisienne des travaux est devisée à 685 mios en tout. La mesure prioritaire, qui concerne le tronçon Bex-Yvorne côté vaudois (voir Le Régional 867) et Massongex-Collombey-Muraz sur la rive valaisanne, sera mise à l'enquête cette année. En fonction des remarques et oppositions, le chantier devrait démarrer entre 2020 et 2022. Mais Rhône 3 devrait aussi contribuer à changer le visage du Chablais. C'est ce qu'ont pu constater les quelque 200 participants du forum économique du Chablais, qui s'est tenu à Bex le 31 janvier.

Une usine au fil de l'eau

S'il ne s'agit pas directement d'une mesure comprise dans Rhône 3, l'aménagement d'une usine-barrage Massongex-Bex-Rhône (MBR) dans la zone des Paluds, en aval du défilé de Saint-Maurice, lui est intimement lié. Sa construction devrait d'ailleurs être coordonnée aux travaux de sécurisation. Cette centrale hydro-électrique coûtera 150 mios à ses initiateurs, les Forces Motrices Valaisannes, Romande Énergie et les Services Industriels de Lausanne. Sis au fil de l'eau, «Le palier MBR» profitera d'une chute de six à neuf mètres en fonction du débit du cours d'eau. La production escomptée est de 75 mios de KWh, de quoi fournir de l'énergie à 20'000 ménages. L'ouvrage pourra en outre s'ouvrir pour laisser passer les matériaux en cas de grosses intempéries.

Directeur du projet MBR, Julien Derivaz ajoute: «Nous avons fait un gros travail d'intégration pour que le palier soit comme «noyé dans le Rhône». Des mesures d'accompagnement écologique sont prévues, comme la renaturation de l'embouchure de l'Avançon et de deux autres petits cours d'eau à Massongex et Bex, de même que des aménagements loisirs et nature sur la rive valaisanne.» Pour les adeptes de mobilité douce, le barrage créera un nouveau lien entre les deux cantons, augmentant ainsi les possibles itinéraires de balades.

Date:08.02.2018
Parution: 887

«Avenir rose» pour les entreprises locales?

Le municipal aiglon et député au Grand conseil Grégory Devaud en est persuadé: «Avec un tel chantier à l'horizon, les entreprises locales peuvent voir leur avenir en rose», déclare-t-il. Effectivement, les Chablaisiens actifs dans le génie civil et les carrières espèrent avoir un rôle à jouer dans la troisième correction du Rhône. Entrepreneur bellerin impliqué dans ces deux domaines, Pierre Echenard émet toutefois des réserves: «Les deux seules carrières susceptibles de fournir les montagnes d'enrochements nécessaires à la consolidation des digues sont celles de Famsa à Massongex et de Sous-Vent à Bex. Mais arrivera-t-on à en livrer suffisamment? Il sera important de connaître les dates exactes des travaux, afin de pouvoir anticiper. Sinon, il faudra aller chercher ces enrochements à l'étranger.» L'entrepreneur craint aussi que les chantiers soient attribués à de plus grosses entreprises. Le responsable du volet vaudois de Rhône 3 Philippe Hohl rétorque: «Nous sommes obligés de passer par les marchés publics, mais comme il y aura plusieurs chantiers échelonnés, ce sera à nous d'adapter les lots aux capacités des entreprises de la région.»

Un pont pour fluidifier le trafic

Comme le Rhône doit notamment être élargi à hauteur de St-Triphon, le pont ferroviaire et routier actuel, qui se situe près de la SATOM et rallie la commune de Monthey, devra de toute manière subir des transformations. Le chef de l'Office cantonal valaisan de la construction du Rhône Tony Arborino évoque les réflexions en cours: «L'idée de base était de simplement prolonger le pont. Mais la solution privilégiée est plutôt de réaliser un nouvel ouvrage, afin de s'adapter au trafic, qui est saturé aux heures de pointe. Une voie supplémentaire, par exemple, permettrait de réduire les problèmes de circulation sur ce tronçon.» Un concours d'architecture a déjà eu lieu fin 2017 en vue de cette réalisation.

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