Télécharger
l’édition n°887
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

Lever le pied pour écraser le bruit

Vennes-Blécherette La Ville de Lausanne veut abaisser la limite de vitesse de 120 à 100 km/h sur le contournement autoroutier. Le but est de limiter les nuisances sonores et la pollution. Aucune date de mise en application n'est avancée pour l'heure, une demande à l'Office fédéral des routes est en cours.

Si le matériel le permet, un système de modération de la vitesse en fonction du trafic pourrait voir le jour entre La Blécherette et Vennes.Roland Beaud – Ville de Lausanne

Valérie Blom

Lausanne ne craint pas de prendre des mesures impopulaires. Celles freinant les ardeurs des automobilistes sont souvent décriées, notamment sur les réseaux sociaux. La dernière en date pourrait ne pas réjouir certains conducteurs: la Municipalité va adresser une demande à l'Office fédéral des routes (OFROU) pour abaisser la limitation de vitesse entre la Blécherette et Vennes. Elle passerait de 120 à 100 km/h.

Avec ce coup de frein, la commune compte non seulement atténuer les nuisances sonores, mais aussi la pollution. «C'est un domaine passablement étudié, souligne Florence Germond, municipale des finances et de la mobilité. Nous avons observé que la réduction de 50 à 30 km/h en ville a permis de diminuer de 3 décibels le volume sonore, soit une baisse de moitié du bruit ressenti.» L'exécutif répond ainsi à l'interpellation de Valery Beaud, élu Vert. Ce dernier a estimé que le trajet entre Vennes et La Blécherette serait ralenti de 16 secondes en circulant à 100 au lieu de 120 km/h. Le tronçon dans le viseur est très court, de 2,7 km, mais subit un trafic quotidien de plus de 91'000 véhicules.

Un système s'adaptant au trafic

«Nous avons tendance à croire que, sur la route, plus la vitesse est élevée, plus il est possible d'absorber des voitures, mais au-delà d'une certaine allure, les automobilistes doivent avoir entre eux une plus grande distance de freinage et donc le trafic absorbé diminue», s'exclame Florence Germond. Il existe à ce sujet des systèmes de modération du trafic, réduisant la limite parfois jusqu'à 80 km/h lorsque l'autoroute est bondée, et qui permettent de mettre les gaz lorsqu'elle se libère. «Cette méthode est déjà active sur la descente vers l'échangeur de Villars-Ste-Croix mais je ne sais pas si le matériel en place entre Vennes et la Blécherette permettrait de faire de même», précise Olivier Floc'hic, porte-parole de l'OFROU.

«Nous pondérons les besoins, entre ceux des riverains et des automobilistes, renchérit Florence Germond. Dans ce cas, cela concerne un tronçon minime.» En ce sens, la Ville ne se limite pas à ces résolutions restrictives, mais cherche à avoir une politique globale cohérente. Par exemple, Lausanne fonce plein gaz vers les mobilités douces. «Nous faisons la promotion des transports publics et des moyens alternatifs à la voiture», souligne la directrice.

Reprise du chantier des ponts

D'autres villes suisses ont présenté la même requête que Lausanne à l'OFROU et ont vu leur demande validée. Il y a dès lors de fortes chances que Berne accepte la proposition. Trop tôt pour connaître une date d'application. Les riverains lausannois et du Mont-sur-Lausanne - dont la commune a adressé la même demande à la Confédération – devront ronger leur frein et s'habituer encore aux nuisances. En outre, les travaux d'assainissement qui ont lieu sur une partie de ce secteur reprendront en mars, avec le dépôt des murs antibruit. Pas moyen dès lors de profiter pour rouler à 120 km/h, puisque la vitesse sera limitée à 80 km/h durant le chantier. A plus forte raison, puisqu'il s'agit de protéger les ouvriers comme les automobilistes. Donc levez le nez comme le pied.

Date:08.02.2018
Parution: 887

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio