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Vieux cons contre jeunes fous... Ou l'inverse

La Tour-de-Peilz Dans la nouvelle comédie de la troupe du Théâtre du Château, « Laissez passer les retraités », trois couples de personnes âgées cherchent à piéger des jeunes, avant que la situation ne se retourne contre eux. Rebondissements en cascade, sachant qu'au-delà du rire, chacun peut se questionner sur son propre avenir... A voir du 15 février au 17 mars.

Trois couples de retraités décident de se lancer dans un concours consistant à pourrir au maximum la vie des jeunes. DR

Valérie Blom

«Puisqu'on est jeunes et cons, puisqu'ils sont vieux et fous», chantait Saez. La discorde entre les plus expérimentés et les nouveaux sur le marché ne date pas d'hier. Elle est même l'inspiration de la pièce «Laissez passer les retraités.» Metteur en scène à la tête d'une équipe de joyeux lurons, la troupe du Théâtre du Château, connue pour ses adaptations à succès de joyaux du théâtre de boulevard, dont le récent «Ma femme s'appelle Maurice», Jean-Marc Forclaz se félicite: «Nous avons sélectionné ce texte pour son potentiel comique.»

Il faut dire que ce nouvel opus cumule les situations cocasses. Trois couples de retraités passent leurs vacances au soleil quelque part en France. Survient une jeune fille, Cindy, qui leur paraît antipathique lors de leur première rencontre. Les six compères décident alors de se lancer dans un concours consistant à pourrir au maximum la vie des jeunes. Et ce sera à qui récoltera le maximum de points. Payer à la caisse avec des pièces jaunes, rouler le plus lentement possible, piquer des caddies; les personnes âgées ont forcément l'excuse d'une éventuelle sénilité.

Des personnages différents et riches

Jean-Marc Forclaz ne craignait pas de tomber dans le cliché. Lui s'intéresse plutôt au travail des personnages. Ceux de «Laissez passer les retraités» sont antagonistes. «Je laisse les comédiens apporter ce qu'ils ont envie, j'interviens pour donner du relief. L'important est que l'ensemble ne soit pas linéaire. Il faut souvent accentuer des traits de caractère.» Une mise en scène parfois difficile puisque lui-même prend également part au spectacle. «Il est nettement moins évident d'avoir une vue d'ensemble en étant soi-même sur scène», confesse-t-il.

LOL, késako ?

«Comment braquer une banque sans perdre son dentier»; «Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire»; «Mémé dans les orties» ou encore «Mamie Google»*: le thème du troisième âge enflamme les plumes. Les personnes âgées représentent, selon toute vraisemblance, une forme de futur inévitable. C'est peut-être pour cette raison qu'elles sont si inspirantes. Ou rentables. Le gag du «vieux» qui peine devant un clavier ou un «iffonne» fait rire. «J'avoue que, lors de la première lecture du texte, je me suis interrogé sur la signification de LOL (réd: lot of laugh), se marre le metteur en scène. Mais il n'y a pas tant de ces blagues un peu trop évidentes. Au contraire, on finit plutôt par comprendre que les retraités vivent bien face aux jeunes qui doivent trimer. La leçon de la pièce est plutôt «tel est pris qui croyait prendre.» Il n'y a pas de conflit de génération en ligne de mire. Même si la communication est parfois plus difficile...»

*respectivement; roman de Catharina Ingelman-Sundberg, roman de Jonas Jonasson, roman d'Aurélie Valognes et spectacle 2012 du théâtre du Croûtion.

Date:08.02.2018
Parution: 887

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