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Buttet revient par la petite porte

Collombey-Muraz Yannick Buttet occupe à nouveau son siège de président de commune depuis le 1er février. Un retour discret – l'édile ne répond pas à la presse – qui n'empêche pas les élus locaux d'appeler son parti, le PDC, à «prendre ses responsabilités».

Valérie Passello

«Après 2 mois d'incapacité liée à un traitement médical, Yannick Buttet est à nouveau apte à exercer son mandat», communiquait l'exécutif de Collombey-Muraz le 1er février. La fonction correspond à un temps de travail de 60%, compatible avec la poursuite de sa cure visant à maîtriser sa consommation d'alcool. À titre privé, l'élu reste visé par une plainte pénale pour contrainte.

Ce retour laisse certains observateurs abasourdis. Comme cette source fiable, l'ayant côtoyé dans le cadre d'événements festifs: «Nous savions qu'il allait se faire choper un jour. C'est incroyable qu'il ose revenir, il faut avoir sacrément confiance en soi!» Contacté, Yannick Buttet ne souhaite pas s'exprimer. Une discrétion qui tranche radicalement avec le président d'avant «l'affaire Buttet», toujours disponible et jamais avare de contacts avec les médias.

«Président fantôme»

Chef du groupe PLR au Conseil général, Cédric Zürcher raconte: «J'ai eu une séance de travail avec lui, il s'est comporté comme s'il n'avait jamais arrêté. Néanmoins, il rase les murs depuis son retour. Il y a un indéniable dégât d'image pour Collombey-Muraz, mais il lui reste la présomption d'innocence. Tant qu'il n'est pas condamné, nous continuerons à nous adresser au président de commune, un mandat qu'il gère très bien, et pas à Yannick Buttet.»

Cédric Zürcher estime que «c'est au PDC de faire le ménage dans ses rangs». Un avis partagé par le président du PS collombeyroud Claude Guldenmann: «S'il n'est plus acceptable qu'il assume son mandat à Berne, je ne vois pas pourquoi il serait acceptable qu'il préside encore la commune. Il y a un souci d'éthique et d'image. Depuis quelques mois, c'est un président fantôme. Il pense peut-être que les gens oublieront avec le temps, mais c'est peu probable». Même discours chez les Verts, par la voix de leur présidente Carole Morisod, «surprise» par ce retour aux affaires: «Nous ne demandons pas sa tête, mais nous aimerions parler d'autre chose et pouvoir enfin faire notre travail d'élus», commente-t-elle.

Soutien indéfectible

Comme cela a toujours été le cas, personne ne remet en cause les compétences professionnelles de Yannick Buttet. C'est sur ce point qu'insiste son parti. Président du PDC du district de Monthey, Pascal Knubel déclare: «Même si nous ne prenons pas les responsabilités que les autres attendent de nous, nous les prenons bel et bien: Yannick Buttet est de retour à son poste, où il n'a rien à se reprocher. La plainte en cours est une affaire privée.» Quant à la discrétion dont fait preuve le président de Collombey-Muraz, Pascal Kubel estime que c'est une bonne stratégie: «Il est trop tôt, laissons-le revenir. Il donnera une explication au Conseil général du 26 mars».

Date:15.02.2018
Parution: 888

Commentaire: De l'art de faire abstraction

Malaise. Comment se comporter face à ce président de commune dont on a lu et entendu tant de choses sur les présumés agissements déplacés? Comment travailler normalement avec cet homme qui, à l'instar de toute médaille, semble avoir un revers peu reluisant? On ne peut ignorer la plainte pénale pour contrainte dont il fait l'objet, même si l'affaire est privée et qu'aucun jugement n'a encore été prononcé.

Parmi ses tâches à la commune, le voilà qui reprend la communication. Mais sans accorder d'interview, alors que tous aimeraient l'entendre. Élus, commissions, employés communaux, journalistes, collègues, citoyens: tous doivent, pour l'instant, faire abstraction de leurs questionnements. Comme si le fossé séparant le personnage de son discours politique, fondé sur «la responsabilité individuelle» et les «valeurs familiales», n'existait pas. Mais d'une manière ou d'une autre, il faudra bien, un jour, que ce malaise disparaisse.

Valérie Passello

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