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Blague à part, entre père et fils, ce n'est pas de la tarte

Saint-Maurice La troupe agaunoise des Tréteaux du parvis propose dès le 2 mars une comédie familiale, Blague à part. L'histoire d'un père et de son fils, que tout oppose sauf leur passé commun. Impressions lors d'un soir de répétition et confidences du metteur en scène, Léonard Arlettaz.

Le caractère de Daniel l'a déjà conduit à se séparer de sa femme, Sylvie, jouée par Myriam.

Texte et photo: Valérie Blom

«Et celle-là?» Léonard Arlettaz scrute Chloé, la comédienne, qui se tient devant lui avec un top en jean's et une jupe rouge serrée. «Elle fait trop sérieux. Tu m'en veux?» Chloé sourit pour ne pas montrer son désarroi, à moins d'un mois de la première. «Je comprends. Mais j'ai fait tellement de magasins...» Léonard Arlettaz a le sens du détail. Metteur en scène de Blague à part, la dernière comédie de la troupe agaunoise des Tréteaux du parvis, il vise la cohérence. «A commencer par les âges, il est important que les acteurs ressemblent aux personnages qu'ils incarnent», précise-t-il. Le spectacle sera joué dès le 2 mars à la salle de la Tuilerie à St-Maurice.

«On se donne à qui?»

«Mais papa, pourquoi tu me présenterais des filles?» Sur scène, Jonathan et Michel ont entamé le filage. Blague à part raconte l'histoire d'un père et de son fils. L'un est connu pour son travail à la télévision, l'autre veut signer un Master en philosophie. Autour d'eux, une jeune fille pétillante, une ex-femme aimante ou un partenaire facétieux. Avec pour résultat une jolie connivence sur scène, acquise notamment grâce à l'amitié partagée en coulisse. «J'aime beaucoup cette pièce pour l'aspect relationnel, indique Léonard Arlettaz. C'est rare que cela m'arrive lorsque je mets en scène, mais elle me donne presque envie de jouer!», ajoute-t-il sur le ton de la confidence.

L'expérience se lit dans le regard et les intentions du metteur en scène. «Vous vous donnez!» ordonne-t-il à ses comédiens. «On se donne à qui?» commente joyeusement Michel. Léonard ne fait pas de cas, afin que la répétition ne finisse pas trop tard, même si l'atmosphère bon enfant dégagée par les Tréteaux est contagieuse. «La plupart des comédiens interprètent des personnages éloignés de leur personnalité, à l'exception de Jonathan. C'est joli car il a des réactions naturelles, par exemple lorsqu'il ne veut pas être touché. Du coup, c'est juste parfait.»

Devenir quelqu'un d'autre

Pour s'assurer d'un rendu le plus naturel possible, Léonard Arlettaz guide plus qu'il ne dirige. «Je n'impose rien. Je les laisse d'abord se déplacer sur scène, selon ce qui leur paraît logique. Ensuite, j'affine.» Il a un regard un peu coupable pour Chloé, qui essaie deux autres jupes à lui présenter. «Dans chaque troupe, il y a quelqu'un comme elle. Qui se donne corps et âme pour le spectacle, peu importe ce qui se passe dans sa vie.» Il demeure pensif quelques instants. «C'est aussi à moi de faire en sorte qu'ils déposent leur quotidien en arrivant. Pour incarner pleinement leur personnage.»

Il a également réclamé un décor simple, sans porte, imaginé ensuite par Jérémie Coutaz, «l'architecte» de la troupe. «J'aime cet aspect ouvert, sans battant qui claque.» Il a toujours mis en scène des comédies, sachant que le rire attire plus facilement du monde. «J'ai pris part en tant que chef de production d'un drame de Ramuz joué à Finhaut en 2007, qui a connu un vif succès. Les tragédies peuvent prendre aux tripes. Ce n'est toutefois pas évident de s'y lancer, le public n'étant pas garanti.» Et tenterait-il un Molière? «Il y a dix ans, j'aurais dit non. Aujourd'hui, je pense que oui. A condition de moderniser la pièce.»

De cour à jardin, les comédiens prennent possession de l'histoire. Léonard inscrit quelques notes, ne s'exprimant que si une phrase est avalée ou lorsque l'un d'eux hésite sur la suite de son texte. Il glisse parfois quelques indications. La vie de Blague à part prend forme.

Date:15.02.2018
Parution: 888

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