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Les piétons ne se sentent pas en sécurité

Savigny Le quartier des Miguettes réclame un trottoir depuis de nombreuses années. La Municipalité n'entreprenant aucun chantier, une pétition a récolté 52 signatures, soit presque l'entier des habitations concernées. Explication de la syndique: la Loi sur l'aménagement du territoire empêche la commune de réaliser le souhait des citoyens.

La route des Miguettes n'a pas de trottoir. De plus, elle n'est pas éclairée et la visibilité est mauvaise lorsque les herbes sont hautes. DR

Valérie Blom

Personne n'aurait cru que la construction d'un trottoir puisse prendre des années. Pourtant, la mission s'avère ardue au quartier des Miguettes, à Savigny. Dans le programme de sécurisation des cheminements piétonniers de 2009, le segment était classé comme «prioritaire» par les autorités communales. Mais les citoyens ont appris lors d'une séance du législatif de septembre 2016 que le chantier route d'Oron l'avait précédé et qu'aucun projet de construction piétonnier aux Miguettes n'était en préparation. Courant 2017, deux Savignolans, Carole et Yvan Mivelaz, ont alors lancé une pétition.

500 m jusqu'au village

«Nous avons emménagé en 2014, explique Carole Mivelaz. Nous avons observé que, malgré la distance réduite de 500 mètres jusqu'au village, il n'y a pas de trottoir. Pourtant, il y a pas mal de circulation aux heures de pointe.» Cette habitante a compris que le sujet était récurrent dans le quartier, puisque d'autres avaient tenté de mobiliser la commune. «Nous n'avons pas voulu baisser les bras, ajoute-t-elle. D'où la pétition.»

Pas d'accident

A leur connaissance, le secteur n'a pas connu d'accident. Mais il est limité à 50 km/h, n'est pas éclairé et les piétons n'y sont pas en sécurité. «En sus de l'aspect sécuritaire, les gens du quartier prennent le volant pour aller au village, alors qu'il y en aurait pour sept minutes à pied», déplore la Savignolane. Le couple ne cherche pas à tout prix à imposer la construction d'un trottoir. «Nous avons rencontré la syndique qui nous a expliqué la complexité du dossier, relève Yvan Mivelaz. Toute proposition est la bienvenue, du sentier en copeaux à la mise en sens unique de la route pour libérer de l'espace pour un trottoir ou une bande mixte piéton/cycliste.»

La faute au Canton

Chantal Weidmann Yenny, syndique, explique qu'elle n'est en rien opposée à la sécurisation de ce secteur: «Le problème vient de l'aménagement du territoire. Pour pouvoir construire un trottoir, il faudrait élargir la route existante. Malheureusement, elle est bordée de zones agricoles et elles sont comprises dans le calcul des surfaces d'assolement du canton. Et il n'a plus de réserve, assure l'édile. Nous sommes obligés d'attendre qu'il alimente ses provisions de surfaces d'assolement afin de pouvoir obtenir l'autorisation pour un trottoir.»

Cette pétition des Miguettes est au programme du prochain Conseil communal du 26 mars. Si le législatif délègue la compétence à la Municipalité, cette dernière pourra creuser le sujet en cherchant des solutions avec le service cantonal des routes.

Date:08.03.2018
Parution: 891

Autre secteur dangereux, le giratoire de La Claie-aux-Moines bloqué par la LAT

A Savigny, le rond-point de la Claie-aux-Moines est également connu pour être dangereux. Laurent Rebeaud, ancien journaliste de la Radio télévision suisse romande y a perdu la vie en décembre 2015. Toutefois, le giratoire provisoire, marqué de plots rouges et blancs, demeurera encore quelques années sous cette forme. Le secteur est bloqué par la loi sur l'aménagement du territoire. L'option initiale serait de construire un 4e axe, mais l'extension de la zone artisanale devra être validée par les instances supérieures. «Le Service de développement territorial du canton doit définir qui sera à même de juger l'agrandissement du secteur d'activité. Cela peut être très long», explique la syndique Chantal Weidmann Yenny. La commune réfléchit dès lors à d'autres solutions.

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