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L'air est-il vraiment pollué ?

Villeneuve Installée à la Tronchenaz par la Direction Générale de l'Environnement, une remorque équipée d'appareils de mesures analyse la qualité de l'air. Parmi les objectifs : obtenir des éléments concrets pour répondre à certains habitants se plaignant des poussières issues des carrières d'Arvel. Les résultats seront connus après une année.

Le Municipal Dominique Pythoud près de la remorque stationnée sur le parking de la Tronchenaz, un emplacement stratégique.

Textes et photo : Valérie Passello

Elle est discrète, la remorque parquée à la Tronchenaz à Villeneuve, mais elle sera à l'affût des polluants qui passent pendant toute l'année. Le canton de Vaud, par le biais de la DGE (Direction générale de l'environnement), offre la possibilité aux communes de bénéficier gratuitement de ce dispositif, afin de jauger la qualité de leur air. Ayant eu vent de cette opportunité, le municipal Dominique Pythoud a souhaité faire venir la remorque dans sa commune : « Ces mesures nous permettront de savoir globalement dans quelles conditions nous vivons à Villeneuve, car nous sommes soucieux du bien-être de nos citoyens. »

Même si ce n'est pas le but premier, l'un des objectifs est aussi d'obtenir des éléments concrets pour répondre à certains habitants se plaignant des poussières issues des carrières d'Arvel (voir encadré). Le directeur des carrières Xavier Pichon voit d'ailleurs la démarche d'un bon œil : « Cette initiative va dans le sens que nous souhaitons. Elle permettra de se baser sur des constatations qui devraient rassurer les riverains. »

Comment ça marche ?

Surmontée d'une grande antenne et de plusieurs capteurs de différentes hauteurs, la remorque a été placée dans un lieu stratégique. La zone des Belles Fourches est toute proche, de même que le lac, l'autoroute et le bourg. La halle de la Tronchenaz permet en outre d'alimenter les appareils en électricité. En pleine expansion, notamment avec la construction du futur Hôpital Riviera-Chablais dans la commune voisine de Rennaz, mais aussi avec les différents chantiers du secteur des Fourches, la commune de Villeneuve a des informations intéressantes à apporter.

En permanence, les prises d'air de la remorque mesurent les particules fines, l'oxyde d'azote et l'ozone, en analysant des paramètres en lien avec ces polluants. Un capteur supplémentaire a été placé à la gare pour obtenir un aperçu plus large de la qualité de l'air villeneuvois. Les données sont transmises et enregistrées en continu à la DGE. Une fois traitées, elles seront remises à la commune, d'ici au mois d'avril 2019. « Souvent, la qualité de l'air est plutôt bonne. Les communes en profitent alors pour communiquer sur leurs actions en lien avec la préservation de l'environnement, par exemple. », note Clive Muller, chef de la division air, climat et risques technologiques de la DGE. « Je ne sais pas encore comment nous allons traiter ces informations, mais elles seront communiquées à la population sous une forme ou une autre », promet quant à lui Dominique Pythoud.

Un outil complémentaire

Le canton possède 7 stations fixes de mesures de l'air, dont une à Montreux et une à Aigle. La station mobile permet de compléter les données cantonales, selon Clive Muller : « Nous plaçons cette remorque dans des lieux où il n'y a pas de station fixe ou lorsque nous voulons contrôler une situation particulière. Par exemple, elle nous a permis de déceler des émissions de polluants excessives en lien avec des industries à St-Prex et Lucens. Des mesures d'assainissement ont dû être mises en place par ces entreprises. »

Lorsque des communes sollicitent la venue de la remorque sur leur territoire, le canton procède à une priorisation : « À Villeneuve, cela tombait parfaitement bien. La station était disponible et les mesures nous permettront de dresser une sorte de « point zéro » de la situation avant les grands développements à venir », ajoute Clive Muller. Canton et communes bénéficient ainsi de la démarche.

Date:08.03.2018
Parution: 891

Arvel : halte à la poussière

En 2017, les carrières d'Arvel ont investi plus de 4 mios pour limiter les émissions de poussières liées à leur exploitation. Un puits de 300 mètres a été creusé dans la montagne afin d'y déverser les blocs de pierre, qui sont concassés à l'intérieur d'un tunnel. Comme les roches ne dévalent plus la pente à l'air libre après le minage, le taux de poussières s'échappant dans l'air devrait désormais être réduit d'environ 70%. Le directeur Xavier Pichon précise: « Tout est opérationnel aujourd'hui. Des travaux de sécurisation sont par contre encore en cours à l'extérieur et devraient être terminés avant l'été. Nous avons déjà constaté une nette amélioration depuis novembre. » Il est néanmoins encore trop tôt pour obtenir des données chiffrées.

Avant le percement du puits, des mesures de la qualité de l'air ont été effectuées par une entreprise indépendante spécialisée, sur mandat des carrières d'Arvel. Il en ressortait que 12% à 17% des poussières venaient des carrières, 25% émanaient du trafic routier et ferroviaire, le reste étant constitué de pollens et autres particules issues des cultures environnantes. Les capteurs avaient été placés sur la commune de Rennaz, plus concernée que celle de Villeneuve par l'arrivée de poussières issues des carrières, en raison de la direction des vents.

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