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C'est la fin du Club Med, pas la fin du monde

Ollon-Villars Le Club Méditerranée ne renouvellera pas son bail au Villars Palace au printemps 2019. Même s'ils déplorent le départ de ce partenaire important, les acteurs politiques, touristiques et économiques semblent confiants. Autorités et propriétaires du bâtiment s'activent pour trouver un locataire ou un acheteur.

Dès cet été et pour la prochaine saison d'hiver, le Club Med sous-louera le Villars Palace à un autre prestataire.

Textes et photo: Valérie Passello

La crainte était dans l'air depuis quelques mois (voir Le Régional 863), c'est désormais confirmé: le Club Méditerranée a choisi de quitter Villars, après un demi-siècle de présence dans la station. Avec lui, c'est tout une frange de clientèle qui pourrait disparaître. Les usagers issus du Club Med représentent par exemple 3% à 5% du chiffre d'affaires annuel des remontées mécaniques Télé-Villars-Gryon-Les Diablerets SA, soit entre 390'000 frs et 560'000 frs de recettes pour cette seule société. Mais son directeur Pierre Besson ne s'affole pas: «Ce n'est pas une perte sèche, il faut attendre de voir qui sera le prochain locataire du Villars Palace, car il pourrait drainer d'autres clients. Ce départ est évidemment une inquiétude pour la station, mais tout le monde est derrière ce dossier, à commencer par la commune.»

L'école Suisse de Ski de Villars (ESSV) a elle aussi des billes à perdre, puisque la société est l'un de ses partenaires privilégiés. «Sans les clients du Club Med, nous devrions nous passer, sur les 280 moniteurs que compte l'école, de 10 à 15 personnes pendant les périodes creuses et cela pourrait aller jusqu'à 30 moniteurs de moins lors des périodes les plus fortes de la saison», indique le directeur de l'ESSV Marc-Henri Duc. L'an dernier, la clientèle du Club a généré 786'000 frs de revenus pour l'école. Pourtant, lui aussi refuse de dramatiser: «C'est un sale coup, mais cela ne sert à rien de se lamenter. Villars s'est construite sans le Club Med et continuera sans lui, même si nous espérons le voir revenir un jour. Pour la saison d'été et l'hiver prochain, le Club Med sous-louera le Palace au groupe Tour Plus, avec qui nous allons collaborer, même s'il ne s'agit pas d'une clientèle «all inclusive». D'ici au mois de mars 2019, soit la fin du bail du club, nous ferons tout pour trouver un autre partenaire.»

Négociations en cours

Le syndic de la commune d'Ollon-Villars Patrick Turrian jette également un regard positif vers l'avenir: «Bien sûr, nous sommes déçus de la décision du Club Med, nous les avons rencontrés à plusieurs reprises pour essayer de les faire rester. Maintenant, nous travaillons en collaboration étroite avec les propriétaires du Villars Palace pour trouver une solution. Des contacts sont pris et nous avons des idées afin de trouver un locataire ou un acheteur qui pourrait bien donner un nouvel élan à la station», assure-t-il. Cependant, aucun nom ne filtre, discrétion des négociations oblige.

Quant au plan partiel d'affectation (PPA) qui visait à agrandir la zone constructible dans le périmètre du palace afin d'en augmenter la capacité d'accueil hôtelier, il est suspendu pour l'instant. Le syndic précise: «On ne peut pas défendre un PPA s'il n'y a pas une vision économique et un exploitant derrière.» Le cas échéant, le projet sera adapté en fonction des intentions de l'éventuel repreneur et remis à l'enquête ultérieurement.

« La station va bien ! »

À Villars comme ailleurs, la saison de ski 2017-2018 a été bonne, grâce à l'enneigement et aux conditions météo favorables. Pierre Besson souligne: «On ne peut pas dire que nous vivons un hiver exceptionnel, car nous avons eu des tempêtes. Mais d'ici à la mi-avril, le bilan sera bon. Les gens aiment venir skier chez nous. De plus, l'opération Magic Pass a été un véritable succès.» De quoi faire taire les mauvaises langues qui prétendent que Villars se meurt.

Sur ce point, Patrick Turrian est catégorique: «La station va bien! Les hôtels Royalp et du Golf ont été repris, une enquête est en cours pour l'hôtel Elite, les travaux de la Rue centrale ont démarré et des millions ont été investis, notamment pour la création des Bains. Il y a toujours des râleurs, mais Villars est bel et bien dynamique.» Reste le problème de la taxe de séjour, sachant que «le Club Med y contribue à hauteur de plus de 20% l'hiver et 10% l'été, précise de son côté Jean-Christophe Lack, municipal du tourisme. Mais la plus grosse perte, c'est en terme d'image et de visibilité internationales.»

Date:15.03.2018
Parution: 892

Trop cher, pas assez rentable

Malgré un taux d'occupation de 94% sur la saison, le Club Med s'en ira de Villars. «Ce chiffre n'est pas en baisse et nous n'avons jamais été déficitaires. La fermeture n'est pas due à un problème d'occupation», indique l'agence de communication du groupe en Suisse. Les raisons invoquées sont: «Les coûts d'exploitation trop élevés en Suisse et l'impossibilité de les répercuter sur les prix de vente des séjours ne permettant plus une rentabilité satisfaisante, l'érosion de l'intérêt pour le ski en Suisse depuis dix ans et l'impossibilité d'exploiter ce village en comparaison des nouveaux standards». Concernant le personnel, le Club Med Villars compte 106 GO (gentils organisateurs) et 6 GE (Gentils employés). «Il est prévu que quelques-uns d'entre eux soient engagés par le nouveau locataire. Le responsable maintenance restera en place et assurera la passation avant l'ouverture d'été. Tous les GO sont sous contrat saisonnier et l'honoreront jusqu'à échéance», ajoute l'agence de communication.

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