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La Tour-de-Peilz-Montreux : en avant la densification

urbanisme A quoi ressembleront ces deux communes dans 15 ou 20 ans? Verra-t-on pousser de grands immeubles à la place des villas ou maisons de maîtres ? Densification des parties urbanisées et redimensionnement des zones à bâtir sont annoncés.

Le quartier de la Condémine, avec ses maisons des années 20-30, dont le bâtiment abritant la garderie Croq'Lune (à droite), pourrait changer radicalement de visage dans les 20 prochaines années.

Textes et photo : Priska Hess

Entre l'avenue des Alpes et celle de Bel-Air, le quartier de la Condémine pourrait, dans les années à venir, faire le bonheur des promoteurs. Construit de villas des années 20-30, il englobe le vaste terrain communal où s'érige la maison de maître abritant la garderie Croq'Lune. Avec le nouveau plan général d'affectation (PGA) remplaçant celui de 1972, ces parcelles peu construites passeront en forte densité. Tout comme celles moyennement bâties dans ce même secteur. Une conséquence de la Loi sur l'aménagement du territoire. « Le principe a été de mettre en forte densité les enclaves de faible et de moyenne densité déjà entourées de zones de forte densité, afin de créer une homogénéité », résume le syndic de la Tour-de-Peilz Alain Grangier.

Pas de tours

Autre « enclave » concernée, les quelque 12 hectares entre la route de St-Maurice et l'avenue de Sully, ponctués de bâtisses de la fin du 19e et du début du 20e siècle, dont sept sont recensées en note 3 (d'importance locale) et six en note 4 (bien intégrées). Amenées à disparaître? Pas forcément, selon Alain Grangier, qui relève : « Ces maisons sont en bon état et les dimensions de chaque parcelle ne permettront pas de construire beaucoup plus, à moins qu'un promoteur ne rachète plusieurs parcelles contiguës. » Le règlement prévoit par ailleurs que les bâtiments en note 3 « doivent en principe être conservés ». Les défenseurs du patrimoine, eux, entendent veiller au grain.

Les Boélands ne verront cependant pas pousser des tours comme celles de Gilamont. Alors qu'il peut atteindre 3 à Vevey, l'indice d'utilisation du sol maximal à la Tour-de-Peilz sera de 1 en zone urbaine et de 0.8 en forte densité. « Cet indice définit le rapport entre un bâtiment et la surface constructible en fonction de la surface de plancher déterminante, c'est-à-dire tous les niveaux habitables », explique le syndic. Par exemple, sur un terrain de 1'000 m2 en forte densité, on pourra ériger un immeuble de quatre niveaux de 200 m2 habitables chacun, avec une hauteur maximale de 12.5 m à la corniche.

Loyers abordables en vue

Le nouveau PGA ne se limite pas aux zones à densifier, mais traite l'entier du territoire communal. Par rapport au plan de 1972, il intègre des thématiques nouvelles comme les dangers naturels ou l'espace réservé aux eaux, et crée de nouvelles zones – zone de camping à la Maladaire et zone ferroviaire notamment. Pour certains secteurs, il se borne à confirmer les plans spéciaux existants. Lors de la mise à l'enquête, 11 oppositions ont été formulées, dont une très circonstanciée de Pro Riviera. « Aucune ne concerne le zonage proprement dit et rien de bien méchant, mais il suffit qu'un seul opposant décide de faire recours au Tribunal cantonal et c'est un ou deux ans de retard », commente le syndic.

Le Conseil communal pourrait se prononcer le 2 mai. Si le PGA est accepté, la priorité de la Municipalité sera de valoriser la parcelle communale jouxtant le cimetière de Vassin, en octroyant un droit de superficie à une coopérative d'habitation pour y créer des logements à loyers abordables. Une suite de la motion déposée en 2013 par l'actuel syndic, alors conseiller communal.

Date:22.03.2018
Parution: 893

Zones à bâtir retranchées à Montreux

Débuté en 2005, le nouveau plan général d’affectation montreusien, qui fixe les grandes lignes du développement de la partie urbanisée de la ville à l’horizon 2030, pourrait entrer en vigueur partiellement ou totalement fin mai. A savoir trente jours après réception des considérants des jugements rendus par le Tribunal cantonal pour 11 des 12 recours. Ce délai doit permettre aux recourants non satisfaits de poursuivre éventuellement la procédure auprès du Tribunal fédéral. Quant au recours déposé par l’Office fédéral du développement territorial (ARE), désormais sans objet à la suite de la validation par le Conseil Fédéral de la quatrième adaptation du Plan directeur cantonal, il a été retiré, «le PGA de Montreux étant en effet en tous points conforme à cette quatrième adaptation», souligne le municipal Christian Neukomm.

Pour rappel, ce PGA était le premier, en juin 2015, à être approuvé par l’Etat de Vaud depuis l’entrée en vigueur de la LAT un an plus tôt. Afin de respecter le cadre fédéral, Montreux avait dû retrancher sept hectares de sa zone à bâtir. Mais l’Office fédéral du développement l’ARE avait fait recours au Tribunal cantonal contre la décision de l’Etat de Vaud, comme l’avait révélé le journal 24 heures, estimant que les dézonages prévus dans le nouveau PGA ne permettaient pas de compenser pas les nouvelles zones à bâtir créées. L’ARE et la Municipalité étaient finalement parvenues à trouver un terrain d’entente et cette dernière avait modifié son PGA en conséquence, tandis que l’ARE s’était engagé à retirer son recours.

 

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