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Ils brillent sur les tatamis et à l'université

KARATE Malgré quinze heures d'entrainement hebdomadaire et des compétitions plusieurs week-ends par mois, Jessica et Içvara ont tous deux réussi à terminer leurs études universitaires. Aujourd'hui titulaires d'un Master en Biologie et en Science Moléculaire, les deux karatékas lausannois – multiple championne vaudoise, championne suisse en équipe pour elle et médaillé dans de nombreux concours internationaux pour lui – sont actuellement occupés à la rédaction de leur thèse de doctorat à l'UNIL. Ils livrent le secret d'une telle réussite, parfaite symbiose entre sport et études universitaires.

Içvara (à gauche) jongle entre l'entrainement et un doctorat en Biologie Synthétique.Jean-Marc Schedel

Jonathan Corbillon

Si Jessica Lavier (11.03.1992, multiple championne vaudoise, championne suisse en équipe) s'est spécialisée en Kata, sorte de chorégraphie de combats contre un ennemi imaginaire, Içvara Barbier (14.05.1991, médaillé en combat dans de nombreux concours internationaux) lui, a fait du Kumité sa passion. En l'occurrence, des combats de Karaté à la touche qui permettent les frappes. Bien que engagés dans des disciplines distinctes, leurs entrainements et préparations se veulent exigeants, surtout lorsque l'on recherche l'excellence. Pour Le Régional, ces deux chercheurs de l'UNIL ont accepté de parler de leur passion.

En quoi la pratique du sport est essentielle pour vous?

> Jessica, actuellement doctorante en Sciences du Sport: «Étant donné que je travaille à l'ISSUL (Institut des Sciences du Sport) dans le cadre de ma thèse, le sport fait partie intégrante de ma vie. Pour moi, le travail n'est pas tout et c'est très important d'avoir une activité physique à côté qui me permette de m'épanouir pleinement et ne pas être coincée dans une routine.»

> Içvara, qui jongle lui avec un doctorat en Biologie Synthétique: «Je pense en effet qu'avoir une activité différente de ses études est bénéfique à chacun, car elle permet de relâcher la pression du travail et surtout de s'ouvrir à d'autres horizons.»

Pour être performants à ce point, combien de temps consacrez-vous au karaté?

> Içvara: «Dans l'idéal, je consacre une quinzaine d'heures au Karaté. Cela correspond à 4 entrainements de préparation physique, encadrés par le Centre Sport & Santé des Sports Universitaires de Lausanne et cinq entrainements de Karaté, dont quatre dans la région avec l'EKTS (voir encadré) et un à Neuchâtel avec le Karatedo. Ma semaine est rythmée par ces entrainements et je dois faire preuve de grande organisation.»

> Jessica, spécialiste en Kata, championne de l'Open d'Irlande en 2017: «De mon côté, il s'agit aussi de quatorze à quinze heures hebdomadaires, sans compter bien sûr les week-ends de compétition! Cela va bientôt faire dix-neuf ans que je pratique cet art martial, mais depuis que je suis aux études, il me faut beaucoup de rigueur et de régularité pour combiner les deux.»

Et pourquoi le Karaté?

> Jessica et Içvara: «Le Karaté n'est pas qu'un sport, c'est une école de vie. En effet, cette pratique est très complète et elle demande autant de compétences athlétiques qu'intellectuelles. Des notions que l'on retrouve fortement dans notre école et que notre coach Jean-Marc Schedel transmet de façon exemplaire. Le Karaté nous a apporté beaucoup de confiance en nous et cela nous est très utile dans notre vie professionnelle. Il ne faut jamais perdre de vue le fait que la pratique d'un sport doit être un plaisir avant tout et faire du Karaté nous fait du bien; cela nous aide à nous libérer du quotidien!»

Date:22.03.2018
Parution: 893

Championnat suisse à Lausanne, une première

Les 21 et 22 avril, la Salle Omnisport du Vieux-Moulin à Lausanne accueillera pour la première fois une manche du championnat de Suisse de karaté. Jessica et Içvara seront présents pour représenter leur club et surtout combattre, pour une fois, à domicile. Ce bel événement sera organisé par le club du Budokan Lausanne, en association avec l'EKTS VAUD (École vaudoise de karaté traditionnel et sportif).

Cette manche de la Swiss Karate League intervient à seulement deux ans de la première apparition prévue pour ce sport aux Jeux Olympiques d'été de Tokyo en 2020. Entre 800 et 1'000 athlètes s'affronteront durant tout le week-end dans deux catégories sportives distinctes: le programme technique-artistique - nommé Kata, spécialité de Jessica Lavier - et les matchs en combats réglementés, nommés Kumité, spécialité d'Içvara.

«La voie de la main vide»

Si cet art martial existe depuis la nuit des temps, il a été intégré à Jeunesse+Sport en 1995. Le karaté, qui signifie la «voie de la main vide» est un sport de combat qui conjugue harmonieusement le cœur et l'esprit, la technique et le savoir-faire, ainsi que le corps maintenu en bonne santé. Nos deux sportifs en sont un parfait exemple; il améliore l'endurance et la souplesse en augmentant la capacité de concentration et la force mentale. Autant de qualités et de compétences qui permettent chaque jour aux deux doctorants de poursuivre leur formation. Le karaté ne vise pas seulement à développer les aptitudes physiques, mais favorise également le développement et l'épanouissement de chacun pour aboutir à l'harmonie et à la santé sur tous les plans.

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