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Gérances : les élus déplorent un « gâchis »

Vevey Le retour à la case départ dans le dossier du logement à la suite de la prolongation des contrats des gérances actuellement en charge fait grincer les dents des conseillers communaux. Internalisation ou non, ils attendent de la Municipalité qu'elle présente sa vision politique et financière pour la suite. L'Exécutif ne commente pas. Pour rappel, le sujet est au cœur de la crise que traverse ce dernier depuis novembre.

Le dossier des gérances est de compétence municipale, selon plusieurs élus. Mais le Conseil communal pourrait par exemple avoir son mot à dire en cas d'engagement de personnel en vue d'une internalisation.DR

Amit Juillard

«Nous voilà de retour au point zéro, peste Nicolas Bonjour, nouveau président de Vevey Libre. Les municipaux de Vevey Libre ont essayé d'éviter ce gâchis à la Municipalité. Ils avaient démontré qu'un appel d'offres serait nécessaire. Et si le principe de l'internalisation avait été suivi, nous n'en serions pas là.» Résiliés dans un premier temps, les contrats des trois gérances actuellement en charge du parc locatif de la Ville ont été prolongés d'un an. C'est ce que confirme le 24 heures dans son édition du 31 mars. Quelques jours plus tôt, Le Régional (édition 894) avait révélé que la Ville ne confierait pas la gestion technique de ses 298 logements à la Société Coopérative d'Habitation Lausanne (SCHL) comme annoncé. En difficulté avec la loi sur les marchés publics (l'Exécutif n'avait pas procédé à un appel d'offres), la Ville lui avait proposé un mandat d'une année afin de ne pas dépasser les maximas légaux. Or, logiquement, la SCHL ne souhaite pas s'engager pour un an seulement. Résultat: retour à la case départ. Les élus déplorent le déroulement des événements et attendent des réponses.

«No comment» municipal

«C'est un gâchis de temps et d'énergie, grince Philippe Herminjard, président du PLR. Cela a sûrement généré des heures de travail pour l'administration. Et ça, c'est de l'impôt veveysan! Si la Municipalité était homogène et unie, il n'y aurait pas ce genre de problèmes. Je mets la faute sur l'obnubilation des municipaux de Vevey Libre qui souhaitent une étatisation des gérances». Pour mémoire, un différend était apparu en novembre au sein du collège. D'un côté, Michel Agnant – à qui sont promises les gérances depuis le début de la législature – et Jérôme Christen (Vevey Libre) souhaitaient une internalisation immédiate. De l'autre, la syndique verte Elina Leimgruber, le socialiste Lionel Girardin et le PLR Etienne Rivier – actuellement à la tête des gérances – préféraient engager, «dans un premier temps, une équipe déjà constituée pour gérer les logements de la Commune». Impossible de connaître la position actuelle de l'Exécutif. «Il s'agit d'un dossier toujours en cours, avertit Elina Leimgruber. La Municipalité communiquera à ce sujet en temps utile».

Réponses attendues

Reste que le Législatif ne se satisfera pas d'un «no comment». «Nous attendons une réelle politique du logement, martèle Bastien Schobinger, président de l'UDC locale. Avec un cap. Avec une analyse des coûts des différentes mesures possibles. Tant que nous n'avons pas les réponses au postulat d'Isabel Jerbia, nous ne pouvons pas nous prononcer.» Déposé le 6 octobre 2016, le texte de la présidente socialiste demande à la Commune d'étudier la possibilité de se réapproprier la gestion du patrimoine immobilier veveysan. «La situation actuelle leur permet de déposer un préavis à ce sujet, glisse Julien Rilliet, vice-président du parti à la rose. Reste à savoir si nous avons aujourd'hui les moyens financiers pour réinternaliser ». Du côté des Verts, le discours est similaire: «Nous soutenons l'idée d'un plus grand contrôle sur les dossiers de candidature, mais pas forcément une internalisation, confie Antoine Stübi, leur chef de groupe. Apparemment, il y a plusieurs solutions sur la table. J'attends depuis toujours une réponse du service de Michel Agnant.» Au centre, Jean-Marc Roduit, président du PDC, est prêt à se laisser persuader: «La situation actuelle ne me dérange pas, j'y suis plutôt favorable. Mais si on arrive à me convaincre que l'internalisation est meilleure, sur le plan financier notamment, pourquoi pas.»

De compétence du Conseil communal?

Militant pour une gestion communale du service, Alain Gonthier (Décroissance-Alternatives) espère lui aussi un débat de fond. «La discussion n'a jamais eu lieu. Et le sujet est toujours valable parce que la Municipalité dit dans sa communication que sa première intention était de remunicipaliser la gestion de notre parc immobilier.» Mais la décision finale est-elle de compétence du Conseil communal? «En l'occurrence, elle est de compétence municipale, concède-t-il. Sauf s'il y a besoin d'un crédit pour l'engagement d'un chef de service, par exemple...»

Date:12.04.2018
Parution: 896

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