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Le chanvre, une culture rentable

Ecoteaux Olivier Sonnay, municipal à Oron, complète les revenus de sa ferme avec la culture du chanvre, exclusivement destiné à la production d'huile essentielle. L'agriculteur a toujours refusé que ses plants servent à la fabrication de stupéfiant. Rencontre.

«Pour être inférieur à 1% de THC, j'ai dû adapter les variétés sélectionnées», précise Olivier Sonnay. DR

Valérie Blom

Sur les hauts d'Ecoteaux, juste à la frontière avec Palézieux, la ferme d'Olivier Sonnay domine. Le municipal oronais pourrait ressembler à n'importe quel agriculteur de la région. Mais il a choisi une culture hors du commun pour varier ses revenus. Depuis 1997, certains de ses champs font pousser du chanvre. Néanmoins, aucune de ses plantes n'engraisse le marché des stupéfiants. Il a pris cette décision à l'époque et la récente mode du CBD (cannabidiol ou cannabis légal) n'a pas ébranlé ses principes.

«J'ai souhaité dès le départ demeurer dans les huiles essentielles, détaille-t-il. Il s'agit de conviction. Je n'ai jamais voulu profiter de la fumette, même si parfois la tentation de l'argent facile était grande.» Le chanvre complète les récoltes de sa ferme, en sus du troupeau de vaches laitières qu'il possédait à l'époque. Aujourd'hui, le troupeau de Limousine lui a ôté la contrainte de la traite. Et laisse aux 25 têtes (et aux pattes) le plaisir de se promener en stabulation libre sur le domaine.

17 voleurs en une année

Avant l'arrivée du CBD, le taux de THC n'était pas spécifié dans la loi, tant que le chanvre cultivé n'était pas destiné à être fumé, comme à Ecoteaux. «Mes plants en possédaient une teneur élevée et mes champs ont été visités chaque année!» déplore-t-il. Son record est de 17 tentatives la même saison! Pourtant, les pousses sont protégées par des alarmes. Pas toujours suffisant pour décourager des voleurs venant parfois de très loin. «Je me souviens d'une équipe organisée, voyageant depuis Lyon, et même armée! Lorsque j'étais plus jeune, je leur courais après. Maintenant, nous sommes plutôt dans la dénonciation», confie l'Oronais de 50 ans.

Avec la modification de la loi sur le cannabis, Olivier Sonnay a dû adapter le taux de THC de ses cultures. «Pour être inférieur à 1%, j'ai dû adapter les variétés sélectionnées», explique-t-il. Ses récoltes ne conservent que les plants femelles, devant dès lors trier – à la main – en ôtant les mâles. Un important travail mais gage de qualité de son huile, contrairement à la concurrence étrangère où tout est mélangé. «J'aurais pu choisir de me lancer également dans le cannabis légal. Or, non seulement l'idée ne me plaisait pas, mais j'ai bien senti que le marché serait rapidement saturé.»

Surtout pour l'industrie alimentaire

Ses plants de chanvre servent à produire de l'huile essentielle. Cette dernière est principalement utilisée dans l'industrie alimentaire, par exemple pour fabriquer un thé froid au cannabis. Une bonne partie part à l'étranger. «Je suis régulièrement approché pour des projets, mais je ne réponds pas souvent favorablement. Sauf par exemple, depuis deux ans une boisson rafraichissante est fabriquée à partir de ce qu'on appelle du chanvre vert commercialisée entre autres par la Coop.»

Date:26.04.2018
Parution: 898

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