Télécharger
l’édition n°898
au format PDF
Région Lausanne Région Lavaux Région Riviera Région Chablais Région Oron
Dernière minute
La semaine prochaine
Bonus du net

400 élèves de plus au gymnase

La tour-de-peilz – Burier Une extension de l'établissement scolaire comprenant 17 classes doit voir le jour. Objectif: accueillir 2'000 étudiants, contre 1'600 actuellement. Le projet a suscité quatre oppositions, mais une seule porte sur le bâtiment lui-même. Autre grief: la mobilité douce serait négligée.

Priska Hess

Dès 2020, le site gymnasial de Burier pourra accueillir 2'000 étudiants, contre 1'600 actuellement. L'Etat de Vaud y prévoit la construction d'un nouveau bâtiment, entre le chemin du Vallon et la route de Chailly. Il comprendra, sur trois niveaux hors-sol, 17 salles de classes, cinq auditoires et trois laboratoires dévolus à l'informatique, la chimie, la biologie et la physique, une salle d'arts visuels, une salle des maîtres et une cafétéria. L'ensemble du site agrandi sera placé sous la direction actuelle de l'établissement. Coût global pour l'Etat de Vaud: environ 22 millions, y compris 700'000 frs de frais d'études.

Pas de trottoirs

L'enquête publique s'est soldée par quatre oppositions. La prise en compte de la mobilité douce, «paraît en grande partie oubliée», estiment les Verts section Riviera. En cause, l'absence de trottoirs le long du chemin du Vallon, ainsi que d'une piste cyclable continue sur la route de Chailly, jusqu'au parking à vélos du gymnase. Pour la section vaudoise de l'Association Transports et Environnement, «le réseau de mobilité douce est lacunaire, insuffisant et sous-dimensionné». Dans cette situation, «projeter l'accueil de 2'000 élèves constitue une grave violation de la planification en vigueur». De même, l'offre en stationnement serait sous-dotée pour les vélos, alors que surdimensionnée pour les véhicules motorisés – le projet prévoit 20 places de dépose-minute en plus des 100 places de parc existantes. Pro Riviera déplore pour sa part des lacunes du dossier quant à la revitalisation du ruisseau du Pré-Long et aux plantations.

Concernant le bâtiment scolaire lui-même, seul un particulier émet une série de critiques, touffues, comme l'absence de salle de gymnastique ou encore un concept de voies de fuites jugé problématique. «Ce projet est une extension qui s'appuie sur les infrastructures existantes, dont les installations sportives. Et il est absolument conforme», balaie Philippe Pont, chef du Service vaudois Immeubles, Patrimoine et Logistique.

Date:26.04.2018
Parution: 898

Comment le Canton planifie ses gymnases

C’est en 2012 que le Conseil d’Etat, face au constant accroissement des effectifs au sein des trois voies gymnasiales, a mis en place sa politique de planification à l’horizon 2030. Cette démarche fait suite à un postulat du député Jean-Pierre Yersin demandant un rapport en matière de constructions scolaires de l’enseignement postobligatoire. En une cinquantaine d’années, constatait alors le Conseil d’Etat, le canton de Vaud est passé de trois établissements secondaires supérieurs à dix, le nombre total d’élèves d’un peu moins de 2’000 à plus de 10'000, et le nombre de classes d’environ 80 dans les années 1960 à 464 en 2011.

Pour élaborer cette planification, qui prévoit la construction de trois nouveaux gymnases d’ici 2030 (à Echallens, puis à Aigle et enfin sur la Côte), le Canton s’est basé sur deux données : d’une part l’évolution démographique globale du canton, d’autre part l’hypothèse d’un statu quo en termes de choix d’orientation des élèves à l’issue de l’école obligatoire. Selon les données de Statistiques Vaud 2015, 44% des jeunes optent alors pour le gymnase (école de maturité, école de culture générale ou école de commerce), 20% pour un apprentissage, 20% suivent des mesures de transition, 9% des solutions d’attente (redoublement, cours préparatoire, stages), 7% un raccordement et 1% des formations privées ou un travail sans formation. L’âge moyen d’entrée en apprentissage est 19 ans, ce qui reflète la réorientation vers une formation professionnelle de nombreux jeunes en échec au gymnase. Lors de la désignation, en janvier dernier, du nouveau chef de l’enseignement postobligatoire Lionel Eperon, la cheffe du DFJC Cesla Amarelle s’inquiétait d’ailleurs des taux d’échec importants au gymnase et de la nécessité de revaloriser la formation professionnelle. Mais même à supposer que la politique de revalorisation de la formation professionnelle se traduise ces prochaines années par davantage de jeunes optant pour un apprentissage, «cela n’aura pas pour effet de modifier la planification des trois nouveaux gymnases. Les besoins démographiques justifient largement leur construction», explique-t-on au DFJC (Département de la formation, de la jeunesse et de la culture).

Trois autres gymnases d'ici à 2030

Cette extension s'inscrit dans la planification cantonale en réponse au dynamisme démographique. D'ici à 2030, l'Etat de Vaud devrait construire trois établissements de 40 salles de classes et d'une capacité de 1'000 élèves chacun, d'abord à Echallens, puis à Aigle et enfin sur la Côte. Ils s'ajouteront aux 11 gymnases vaudois et au gymnase intercantonal de la Broye déjà existants. Coût estimé: de 40 à 60 millions chacun. Actuellement, à l'issue de la scolarité obligatoire, 44% des élèves optent pour l'une des trois voies gymnasiales, soit l'école de maturité, l'école de commerce ou l'école de culture générale. De moins de 10'000 en 2006, le nombre total d'élèves en voie gymnasiale est passé à près de 12'500 à la rentrée scolaire 2017-2018.

Dans ce dossier

Documents

En images

Vidéo
Documents audio