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« Le Régional » lève le voile sur les premiers costumes

Exclusif Les mensurations des futurs acteurs-figurants sont toutes enregistrées, 6'000 personnes au total. En primeur, Etourneaux, Insectes, Cent Suisses ou Couleurs apparaissent.

 Les «Cent Suisses» auront pour la première fois leur version féminine.

«Au moment de leur mesurer la taille, les dames affirment systématiquement qu'elles feront un régime d'ici à la Fête. Quant aux hommes, ils promettent d'arrêter de boire de la bière!», s'amuse Fernande Simecek. Elle est l'une des 50 couturières chargées de prendre les mesures des futurs acteurs-figurants. Depuis fin 2017, près de 6'000 personnes ont passé l'étape du mètre-ruban.

Les joies de l'informatique

Présidente de la commission des costumes, Monique Pugin remarque: «Pour la Fête de 1999, nous convoquions les gens par courrier. Ils arrivaient tous à la même heure et devaient attendre. Aujourd'hui, grâce à l'informatique, tout va plus vite.» Des scribes notent les mensurations sur des tablettes et tout est enregistré dans une banque de données. La confection des costumes peut commencer. Valérie Passello

Date:08.05.2018
Parution: 900

"Le prix d'un costume est d'environ 1500 frs"

 

Costumes Monique Pugin est responsable de la commission des costumes de la Fête des Vignerons. Elle décrit le déroulement des opérations jusqu’à ce que les tant attendus atours des acteurs-figurants soient confectionnés. Interview.

D’abord dans les locaux de la Guinguette à Vevey puis dans une halle industrielle de Saint-Légier, les prises de mesures des futurs acteurs-figurants viennent de s’achever. Les premières ont eu lieu à l’automne 2017. C’est le résultat d’un travail de longue haleine, pas toujours simple, même si l’informatique facilite la tâche des organisateurs. Trois questions à Monique Pugin, responsable de la commission des costumes.

Qui fait partie de la commission des costumes?

Au début j’étais seule, puis l’équipe a progressivement grandi. Aujourd’hui, il y a une cinquantaine de couturières, environ 70 scribes chargés de noter les mesures, des personnes pour l’accueil des acteurs-figurants et une équipe qui gère l’informatique. Bien sûr, nous faisons des tournus. Depuis décembre, nous voyons défiler environ 250 personnes par soir et nous avons aussi organisé des prises de mesures durant les week-ends. Aujourd’hui, la quasi-totalité des données est enregistrée, mais d’autres groupes, comme les bannerets des communes qui ne sont pas encore connus à ce jour, feront des séances de rattrapage.

Comme vous étiez déjà à ce poste en 1999, qu’est-ce qui a changé?

À l’époque, nous convoquions les gens par courrier. Ils arrivaient tous à la même heure et devaient attendre. Aujourd’hui, grâce à l’informatique, tout va plus vite. Nos informaticiens ont mis en place un système efficace, où toutes les données sont stockées, y compris les mensurations des personnes à l’issue des prises de mesures. Je constate aussi d’assez importants changements de mœurs dans les vœux exprimés par les gens. Les couples et familles veulent se retrouver ensemble, par exemple. Il est plus difficile pour les parents, aujourd’hui, de confier leurs enfants à un groupe, même s’ils sont encadrés de personnes compétentes. Et comme tout le monde est très occupé, les demandes sont assez exigeantes, il faut que le lieu de répétition soit proche, que les familles puissent s’organiser facilement sans que cela empiète sur leurs autres activités… ce n’est pas simple à gérer!

Y aura-t-il des désistements, à votre avis?

Probablement un petit 10%, c’est d’ailleurs normal. Au final, il devrait y avoir 5'500 participants environ. Mais être acteur-figurant est un vrai engagement. Les gens signent pour être présents aux répétitions comme aux représentations. Ce n’est pas une fête à la carte. Nous leur demandons d’ailleurs de payer un acompte sur leur costume, à raison de 400 frs pour les adultes et 250 frs pour les enfants de moins de 16 ans. En cas de bénéfice, cette somme leur sera remboursée. Mais si par malheur, la vente des billets ne marchait pas aussi bien qu’escompté, les acteurs-figurants s’engagent à payer la totalité de leur costume, soit en moyenne 1'500 frs pour une pièce.

 

«Je vais vivre ma quatrième Fête des Vignerons»

Témoignage Fernande Simecek est couturière de profession et participe bénévolement aux prises de mesures des acteurs-figurants pour l’édition 2019. Elle prendra elle-même part à l’événement, qu’elle ne raterait pour rien au monde, puisqu’elle est de chaque édition depuis 1955. Rencontre.

 
Ce ne sont pas moins de trois générations de la famille de Fernande Simecek qui participeront à la cuvée 2019 de la Fête des Vignerons, un fait dont la couturière est plutôt fière. Cette pétillante habitante de la Tour-de-Peilz s’attèle depuis fin 2017 à prendre les mensurations des futurs acteurs-figurants, dont elle fera aussi partie le moment venu. Tout comme en 1955, en 1977 et en 1999.

Pouvez-vous nous raconter des anecdotes sur la Fête?

J’en ai des tas! Adolescente, j’ai participé à la Fête de 1955. Pour moi, c’était la plus belle. Nous sortions des restrictions de la guerre et je faisais partie du groupe des Arbres de Mai. C’était magnifique. Nos robes étaient en soie. Nous devions danser en couple, autour d’un arbre tenu par un figurant. Au sommet de cet arbre, une grande couronne trônait et il en descendait des rubans que nous tenions en dansant. À l’époque, j’étais dans le groupe des «prim-sup» de la Tour de Peilz et, tous réunis dans une salle, nous devions choisir nos partenaires au sein des «prim-sup» de Vevey. Un beau garçon a traversé la salle et m’a invitée dans son groupe. Même s’il est parti travailler à l’étranger par la suite, nous ne nous sommes pas perdus de vue. J'ai par ailleurs gardé une fidèle amitié avec l'une de mes camarades du même groupe, jusqu'à aujourd'hui. Nous nous voyons encore régulièrement. Malgré notre jeune âge, nous avions le droit de rentrer à minuit-une heure à vélo après les répétitions: c’était la liberté!

Quel souvenir gardez-vous de l’édition de 1977?

Nous y avons pris part en famille. Je faisais partie des Vigneronnes de l’Été et mon mari était le porte-bannière du Roi de la Fête. Nos enfants Karina et Laurent, de 8 et 10 ans, étaient dans la troupe du Printemps. À la fin de la danse, ils sortaient de la scène en poussant les moutons.Comme nous tenions un caveau en plus de participer au spectacle, nous avons vécu à Vevey pendant tout le temps de la Fête. Mais c’est aussi l’édition où j’ai vraiment découvert ce qu’était le travail de la vigne. Mon partenaire de danse était vigneron et m’a parlé de son beau métier. Jusque-là, je ne connaissais que les vendanges.

Quel a été votre rôle au sein de la Fête en 1999?

Cette fois-ci, j’étais l’une des écuyères des artistes professionnels. En gros, cela signifie que nous étions leurs nounous. Nous devions résoudre mille problèmes d’intendance et organiser les relations avec la presse pour leurs  prestations. Nous étions recrutées en fonction des langues que nous connaissions. Comme je parle italien, je me suis occupée de M.Luisi qui était italophone et directeur de l’orchestre de la Suisse Romande pour la Fête.  L’ambiance était différente des Fêtes précédentes, car les artistes professionnels avaient leurs loges au Théâtre de Vevey. Après le spectacle, c’est là que nous nous retrouvions. Une cuisinière avait même été engagée pour les repas “spaghetti” de fin de soirée, qui s’accompagnaient souvent de chants. J’étais également écuyère Dame d’honneurs de la musique la Landwehr de Fribourg. Je les appelais gentiment mes quatre-vingt “chasseurs” et des liens très chaleureux se sont tissés avec les musiciens, ainsi qu'avec mon groupe d'écuyers et écuyères.

Comment se passent les prises de mesures pour les costumes de 2019?

Au moment de leur mesurer la taille, les dames affirment systématiquement qu’elles feront un régime d’ici la Fête. Quant aux hommes, ils promettent d’arrêter de boire de la bière! Sinon, l’ambiance est excellente et souvent drôle. Moi qui mesure 1m60, il a fallu que je prenne les mensurations d’un vigneron de 1m98! J’ai dû monter sur une table à un moment, ce qui a bien fait rire mes collègues et les copains du vigneron, qui assistaient à la scène.

De la Scala à la Fête des Vignerons, création à l'italienne

Voilà plus de 40 ans que Giovanna Buzzi dessine des costumes avec «passion et amour». Des opéras de la Scala de Milan aux Jeux Olympiques, cette italienne de caractère a fait le tour du monde des mythes et des traditions. Difficile pour une Lombarde de se mettre dans la peau des Vaudois? «Passionnant», retorque-t-elle avec conviction. «C'est notre rôle que de s'imprégner d'une culture, d'un thème. Pour la Fête des Vignerons, le travail a commencé il y a deux ans. J'ai visité les vignes, je suis allée au pays des armaillis. J'ai puisé avec bonheur dans les archives de la Confrérie depuis 1700.» Le défi? «Ce n'est pas du tout le même travail que pour un événement qui dure quelques heures. Ici, il ne s'agit pas de costumes, mais de vrais vêtements qui doivent être solides, légers et confortables pendant toute la durée des répétitions et de la Fête.» M. Mavilia