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Pluie de critiques pour le surcoût de Châtonneyre

Corseaux Afin de pouvoir conserver sa licence d'exploitation, la réfection de l'emblématique auberge a coûté 352'000 plus cher que prévu. Cette facture salée – pour un total de près de 2 mios – reste en travers de la gorge des élus.

L'hôtellerie de Châtonneyre a été remise à niveau pour répondre aux normes sécuritaires et hygiéniques.

Texte et photo: Xavier Crépon

«Le café-restaurant de Châtonneyre est, et doit rester, un lieu de vie incontournable de notre commune. Sa rénovation était inévitable pour pouvoir le maintenir aux normes.» Le syndic Antoine Lambert souligne l'importance d'un tel établissement en préambule du Conseil communal du 30 avril. Au vote, un crédit d'apurement rétroactif de 350'000 frs. Une somme destinée à couvrir les coûts non prévus initialement par la Municipalité, à la suite de travaux supplémentaires (voir détail ci-contre). Peu enchantés par cet excédent douloureux, les élus l'ont finalement accepté à la majorité, tant l'hôtellerie s'inscrit dans les gènes corsalins.

«Rien n'a été caché»

«Nous sommes toujours scrupuleux sur les dépenses. Il est très rare d'avoir des dépassements. Pour Châtonneyre c'est un cas exceptionnel. Rien n'a été caché, nous ne pouvions pas échapper à ces changements». se défend le syndic. L'hôtellerie a pu rouvrir en juin dernier après un chantier de plusieurs mois, mais elle a subi des modifications pour pouvoir répondre aux exigences sécuritaires et hygiéniques imposées par les services cantonaux. «Pour pouvoir conserver la licence d'exploitation, nous avons dû procéder à toute une série de travaux qui n'étaient pas prévus au départ. En matière de transformation, nous sommes allés de surprise en surprise», rajoute Jean-Pierre Allegra, municipal de l'urbanisme. Reconnaissant que ce bâtiment avait besoin d'être dépoussiéré, le législatif grince toutefois face aux coûts excédentaires.

«Pas normal»

Les reproches se sont enchaînés pour dénoncer le surcoût important. Au banc des accusé: un architecte considéré comme peu à son affaire et une Municipalité peut-être trop laxiste. «Je ne sais pas si cet architecte était frais moulu de l'école, mais il savait que c'était un ancien bâtiment. Normalement les artisans ne dépassent pas les 10% au niveau des dépenses. Je m'étonne de voir des factures qui vont au-delà de cette marge», s'écrie l'élu Alain Debétaz. Son camarade Vitor da Costa Silva renchérit: «Il n'est pas normal que nous devions prendre des décisions sur un montant si élevé. Il aurait fallu quelqu'un pour contrôler ou épauler le responsable du chantier. S'il y avait eu d'autres personnes dans la direction des travaux, cela ce serait probablement passé autrement.» Cet élu travaillant également dans le milieu du chantier estime qu'il y a eu trop de fautes commises par l'architecte et que la commune n'a pas tout fait pour éviter les imprévus potentiels.

Bâtiment poussiéreux

L'exécutif ne partage pas cet avis. «Nous ne pensons pas que l'architecte ait fait énormément de fautes comme vous le prétendez. Au départ, la rénovation de la cuisine et des locaux annexes n'était pas envisagée. L'ancien tenancier nous avait affirmé que le bâtiment était fonctionnel et nous nous sommes appuyés là-dessus pour établir le cahier des charges. Or c'était loin d'être le cas.» La commande ayant changé en cours de route, l'architecte semble être hors de cause. Jean-Pierre Allegra reconnaît toutefois que la Municipalité aurait dû doubler, voire tripler le crédit attribué aux imprévus pour une telle rénovation. D'autres élus ont tenu à défendre leur exécutif qui a su résoudre les problèmes en très peu de temps. «Que nous ne soyons pas contents d'un crédit d'apurement, cela est compréhensible. Mais que l'on critique la Municipalité, ce n'est pas correct. Châtonneyre est un gros chantier et tous les standards ont étés respectés.» Reconnaissant mettre le Conseil devant le fait accompli, le syndic ne regrette nullement les décisions prises. «Ce bâtiment vieux de 47 ans était poussiéreux. Les dépenses présentées sont élevées, mais il ne faut pas oublier que cet établissement est aussi une réelle plus-value pour notre commune».

Date:17.05.2018
Parution: 901

Les travaux en détail

Suite au contrôle des services cantonaux, la Municipalité s’est vue dans l’obligation de commander des modifications conséquentes. S’agissant de travaux à effectuer dans l’urgence pour pouvoir respecter les délais d’ouverture de l’hôtellerie, elle a décidé de changer plusieurs éléments non couverts par le crédit initial. Les portes des chambres froides ont ainsi été remplacées pour permettre une ouverture depuis l’intérieur et la cuisine a été remise à niveau pour satisfaire aux normes en vigueur. Profitant des travaux en cours, l’exécutif a également accepté plusieurs investissements complémentaires qu’il estimait indispensables comme le remplacement de l’installation de téléphonie analogique pour la technologie IP, l’installation d’un réseau wifi, ou encore la séparation des eaux chaudes et froides.

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